Interview Véhixe (Punish Yourself) - Zombie Rockerz Party - 11/10/2013

Par Cynthia K | le 25/11/2013 | Les autres articles sur le Métal

Le 11 octobre 2013 avait lieu la Zombie Rockerz Party à la Cigale avec Sidilarsen, Punish Yourself et le Catcheur, la Pute et le Dealer. Pour cette occasion, j’ai eu l’opportunité d’interviewer deux des trois groupes présents.
Interview Véhixe (Punish Yourself) - Zombie Rockerz Party - 11/10/2013 Pour commencer, j’ai pu m’entretenir avec Véhixe, le chanteur de Punish Yourself.

Bonjour, ma première question concerne l’organisation de la Zombie Rockerz Party. L’affiche ne nous a pas permis de déterminer la tête d’affiche. Pouvez-vous nous éclairer?

Si on regarde l’ordre de passage, c’est le Catcheur, la Pute et le Dealer qui est la tête d’affiche mais dans les faits, nous jouons tous les trois 45 minutes. Donc personne n’est en plus gros sur l’affiche.

Ça ne nous intéresse pas surtout quand on joue avec les Sidilarsen.

Vous avez donc l’habitude de tourner avec les Sidilarsen ?

Oui, je crois que c’est un des groupes avec lesquels on tourne le plus. On habite à peu près les mêmes quartiers et l’affiche avec eux marche bien. Ce sont des bons potes et nous avons le même tourneur depuis quelques années donc on se retrouve régulièrement avec eux. Quand c’est avec les Sidi’, on sait à quoi s’attendre. Ça donne une affiche assez harmonieuse, les styles collent bien.
Quand on joue avec des groupes qu’on aime mais qui ont des styles plus éloignés de nous, le public peut être perdu. Je m’imagine à leur place, pourquoi avoir mis ces groupes ensemble ? Par exemple quand on a joué avec Caravan Palace, ça a donné un mélange qui n’a pas forcément plu. Il y avait deux publics différents qui se sont intervertis selon le groupe. Un problème d’harmonisation peut donner une salle qui se vide après la première partie. De plus jouer avec des groupes du même style et de talent nous force à donner le meilleur de nous-mêmes.

Est-ce que jouer avec des groupes aussi éclectiques peut vous apporter un nouveau public ?

Oui, notre chance c’est que certaines personnes aiment l’aspect visuel de ce qu’on fait même si elles ne sont pas fans de la musique. Du coup, quand on joue dans des endroits inattendus ou avec des groupes inattendus, on a un nouveau public qui apparaît. Je préfère jouer pour faire plaisir aux fans. C’est pourquoi, on aime jouer avec des groupes complémentaires

C’est vrai que comme eux vous êtes difficilement catégorisables, peut-être plus électro qu’eux ; qu’en pensez-vous ?

Oui et non, je me faisais d’ailleurs la réflexion tout à l’heure. A la base, il y avait plus d’électro chez les Sidi’ avec leur batterie, mais c’est vrai que nous sommes sur une base plus techno qu’eux mais pas de beaucoup. Bon eux, ils ont de la basse alors que la nôtre est électronique ce qui nous donne une avance sur ce coté.

Ce qui marque c’est le visuel de votre groupe, le fait que vous soyez peinturlurés ce qui donne des images et des photos impressionnantes, d’où est venue l’idée ?

On a toujours voulu faire des trucs visuels, on voulait faire du spectacle. On n’avait pas forcément d’idée au départ et on a essayé le fluo avec les lumières noires. On s’est aperçu que c’était exactement ce qu’on voulait et on l’a gardé.

Changez-vous de maquillage régulièrement ou gardez-vous chacun un thème ?

On reste toujours dans le même style, maquillage fluo et lumière noire. Là, on profite du thème de notre album (Holiday in Guadalajara) pour faire un truc plus mexicain ; c’est une sorte de Mexique, notre Mexique. Mais sinon, ça peut changer d’un soir sur l’autre avec plus ou moins de bonheur car parfois, on n’a pas de bonnes idées ou ça ne donne pas comme on voudrait en changeant la lumière.

Est-ce qu’on peut parler pour vos concerts de mise en scène et de préparations ?

Je ne sais pas et pour ma part je ne pense pas, à part pour Claudia, notre danseuse, qui sait à l’avance où et quand elle va intervenir ainsi que les accessoires qu’elle va utiliser. Mais pour nous, les musiciens, c’est la totale impro’, chacun fait son truc.

Votre album est sorti lundi (le 7 octobre 2013), le titre est mexicain, Holiday in Guadalajara.
Tout d’abord pourquoi choisir un mot aussi imprononçable ?

C’est une des raisons de notre choix. J’ai réfléchi et je me suis dit qu’il fallait rappeler que nous sommes des enfants de la génération de la coupe du monde au Mexique, enfin certains, pas tous. Je me souviens très bien de tous ces commentateurs sportifs qui tentaient vainement de prononcer en massacrant, Guadalajara, ça a marqué mon enfance presque autant que Goldorak. Et sinon pourquoi le Mexique ? Ben, j’ai envie de répondre, et pourquoi pas ?

Quels thèmes en rapport avec le Mexique avez-vous abordé sur cet album ?

On ne travaille pas à partir de thèmes. On ne fait pas partie de ces groupes qui écrivent des paroles qui ont un sens. On se rapproche dans l’esprit de William S. BURROUGHS, qui a d’ailleurs longtemps séjourné au Mexique. C’est là-bas qu’il a tué sa femme en jouant à Guillaume TELL. On ne peut pas parler de sens chez BURROUGHS. On ne fonctionne pas en se disant que telle chanson va parler de telle chose. On prend des groupes de mots, on les met ensemble. J’écris les choses pour obtenir une sonorité et le sens vient à travers l’ensemble du morceau ou de l’album. C’est un puzzle de mots, de thèmes et pour tout résumer, il me faudrait des heures. C’est à chacun de remettre de l’ordre dans tout ça, peut être pas dans le bon ordre mais dans un ordre propre à chacun.

On sentira les influences mexicaines dans cet album, via des sons ou des thèmes de chanson ?

Il faut dans un premier temps se rappeler que le Mexique c’est vaste et que ce n’est pas que les mariachis. Mexico city est en passe de devenir une des plus grandes villes du monde et je pense que si on demandait aux mexicains leur vision du Mexique leur réponse serait bien loin des clichés. La musique au Mexique, c’est avant tout du hip hop et de la musique électronique. Les mariachis, c’est réservé aux touristes. Si ta question est, «est ce qu’on a mis des mariachis ?» La réponse est non. Par contre on a mis un petit peu d’espagnol, pas de morceau intégralement en espagnol mais quelques mots. On trouve aussi des références à la culture. On a fait beaucoup de recherche mais à la fin, on n’a pas pu tout exploiter.

Est-ce que vous connaissez le Mexique pour y avoir séjourné ?

Non, ça coûte quand même assez cher. Partir jouer au Mexique, c’est jouable mais c’est un gros investissement que nous ne pouvons pas faire aujourd’hui. Sinon, pour faire du tourisme, c’est assez difficile : en tant qu’intermittent du spectacle la situation financière n’est pas toujours glorieuse. L’Etat français ne nous donne pas assez d’argent pour nous permettre de voyager comme on en aurait envie.

Les idées dans cet album, c’est surtout toi ?

Oui, j’ai fait beaucoup de choses. Je fais les travaux de recherche. En fait, le travail ingrat c’est moi, répétez-le partout ! (rires).

Vous commencez une tournée pour présenter cet album, ce sera uniquement en France ou vous avez prévu des dates à l’étranger ?

On a des trucs en Belgique, mais est-ce que la Belgique est vraiment un pays étranger ? Je fais partie des gens qui demandent le rattachement de la France à la Belgique (rires). Jouer là-bas, c’est un pur bonheur, tu es super bien accueilli. C’est loin car on est du Sud. On ne bouge pas trop car on est 9 personnes et ça fait énormément de frais. En France, on fait venir suffisamment de monde pour qu’on ne perde pas d’argent. On a souvent des offres pour jouer à l’étranger que l’on ne peut pas assurer car on ne rentrerait pas dans nos frais. Les groupes qui tournent souvent à l’étranger sont des groupes plus réduits, ou qui tournent sans technicien ou qui ne sont pas des intermittents du spectacle avec des heures à la fin du mois à déclarer.

Merci pour cette interview et au plaisir de vous voir sur scène dans quelques heures.

Le show a été comme toujours un bonheur visuel en plus d’un délire sur scène comme dans la salle. Pour moi, il a été écourté car j’ai dû au beau milieu faire l’interview de David, chanteur de Sidilarsen.

Remerciements à Julien de Mathpromo

Propos recueillis par Cynthia K.
Avec la complicité de Lucas T.

Photo par Cynthia K.


    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.