Interview The Four Horsemen (François) au Hellfest - 17/06/11

Par Scred | le 11/07/2011 | Les autres articles sur le Métal

Metallifans
Le Hellfest, c’est une superbe occasion de rencontrer des musiciens dans un cadre plus relax que les traditionnels pools de promotion, ça fuse dans tous les sens, les journalistes échangent leurs questions, on se rend des services et à part les attachés de presse qui s’arrachent les cheveux pour tenir leurs plannings, tout ce petit monde baigne dans une ambiance bon enfant. C’est dans cet état d’esprit que je m’installe au bar des invités avec François, chanteur et bassiste du groupe The Four Horsemen, le fameux Tribute Band dévoué à Metallica qui avait fait forte impression au public parisien il y a quelques semaines. Le garçon n’a rien à vendre, juste beaucoup de plaisir de jouer à revendre à son public qui pourra applaudir le groupe en clôture du festival sur la scène du Metal Corner. Rencontre entre un fan et un autre fan…
Interview The Four Horsemen (François) au Hellfest - 17/06/11 Actumusic : Alors François, ça commence comment l’histoire de The Four Horsemen ?

François Horsemen : The Four Horsemen, ça a démarré en 2003, sous l’impulsion du guitariste Ludovic à partir d’une envie de faire des fêtes de la musique et de reprendre dans la cave des morceaux de Metallica parce qu’on aimait ça. Aucune ambition à la base, à part celle de se marrer entre potes et éventuellement de faire un concert par an à la fête de la musique parce que c’est gratos ! Ludovic a proposé ça à Guillaume, l’autre guitariste, mon meilleur pote qui savait que je faisais de la basse et du chant et qui du coup m’a proposé de rejoindre le groupe. Notre premier batteur, Boris, est resté quelques mois avec nous et a assuré les premiers concerts avant d’être remplacé par Eric quand le truc est devenu plus sérieux, puis finalement Yves Marie.

A : Comment mettez-vous au point la setlist et pour info, comment on gère les histoires de droits d’auteur quand on est un groupe de reprises ?

F.H : Dans un premier temps on s’attaquait aux standards, « Master of Puppets » ou « Seek and Destroy » évidemment, et puis on s’est vite attachés à reprendre des morceaux moins connus, que Metallica jouait moins sur scène à l’époque parce qu’en tant que fan, c’est surtout ces chansons là que j’aime entendre en concert même s’ils commencent à le faire un peu plus sur les dernières tournées. The Four Horsemen existe depuis bientôt huit ans et on a un répertoire qui compte environ 70 titres, ce qui peut paraître beaucoup mais bon, on les fait pas tous sur commande ! Pour les droits d’auteur, c’est très simple, c’est l’organisateur ou la salle où l’on joue qui déclare les titres à la SACEM afin que les droits d’auteurs reviennent à qui de droit…

A : Est-ce que les mecs de Metallica ont entendu parler de vous ?

F.H : Oui et non ! En tous cas, pas par les droits d’auteurs, il faut avoir conscience que des groupes de reprises, il y en a énormément dans le monde, en France il y en a un ou deux en plus de nous qui sommes très actifs, en Europe il y en a plein et aux Etats-Unis, c’est minimum un par état ! C’est vraiment un phénomène global… Donc je ne suis pas sûr qu’ils y prêtent vraiment attention. Par contre, de mon côté je les ai rencontrés plusieurs fois, notamment en 2006 où j’ai gagné un « meet & greet » par le biais du fan-club, et d’ailleurs, à cette occasion, je leur avais donné un DVD de l’un de nos concerts mais c’était vraiment pour le geste, pour le fun, car je suis persuadé qu’ils ne l’ont pas regardé et c’est normal je vais te dire ! Ils ont autre chose à foutre que de regarder une vidéo d’un cover band ! Quand j’y repense, j’espère même qu’ils ne l’ont pas regardé car à l’époque, on n’était pas terribles !

A : Je suis persuadé que comme tous les métalleux, tu aimes beaucoup d’autres groupes… Pourquoi avoir choisi Metallica en particulier pour fonder un cover-band ?

F.H : Metallica, ça a toujours été mon groupe phare, comme pour les autres membres de notre groupe… Au moment de créer The Four Horsemen, ils avaient pris une vraie importance dans notre parcours de musiciens et en fait, on ne s’est pas posé de question, c’est venu de manière naturelle. D’ailleurs, on ignorait complètement ce qu’était un tribute-band , on était vraiment naïfs là-dessus ! On l’a fait parce qu’on était fans, tout simplement. Voilà une réponse basique de fan ! (rires)

A : En tant que fan, comment as-tu vécu l’évolution musicale du groupe ces dix dernières années, les débats suscités par « St Anger » ou « Load » ?

F.H : Contrairement à beaucoup, je l’ai assez bien vécue ! J’aime beaucoup « Load » et « Reload », la production est mortelle et les arrangements sur ces albums sont démentiels ! Mais bon, j’ai pas connu Metallica à l’époque de la sortie de « Ride the Lightning » tu vois, donc j’avais moins de chances d’être « déçu » par l’évolution du groupe.

A : C’était quoi le premier album de Metallica qui t’as marqué ?

F.H : Le Black ! Mais il faut dire aussi que je n’ai pas découvert cet album au moment de sa sortie, c’était quelques années plus tard… Le premier que j’ai acheté au moment de sa sortie, c’était « Reload », que j’ai adoré ! Je t’avoue avoir été un peu désorienté par « St Anger », par la prod, l’absence de solos, on sent que c’était une période charnière pour eux, que les morceaux ne sont pas vraiment aboutis même si sur cet album, on trouve des titres comme « Sweet Amber » ou « My World » qui sont énormes ! Quant à « Death Magnetic », ben évidemment je le trouve excellent, malgré quelques petites rallonges sur certaines chansons…

A : Ce que tu me dis en fait, c’est que tu fais partie de la seconde génération de fans de Metallica…

F.H : Oui ! En même temps, quand on me demande quel est mon album préféré, je réponds « Ride the Lightning » ! Il y a la hargne de « Kill ‘em all » et les premières mélodies qui prendront tout leur sens sur « Master of Puppets » un peu plus tard. Mais en tous cas, je ne rejette pas la période « Load »/ « Reload » comme certains, aussi peut-être parce que j’aime d’autres musiques que le thrash, j’aime le blues, le rock…

A : En parlant de fans, es-tu conscient du fait que VOUS avez beaucoup de fans ?

F.H : Nous ? Ben oui, il ya des gens qui nous suivent et ça me fait juste halluciner je ne te le cache pas parce qu’on est juste un groupe de reprises, on a rien d’exceptionnel quoi ! Au concerts de Paris par exemple, il y a des mecs qui viennent de Bretagne juste pour nous voir, ils font des centaines de bornes et ça nous touche énormément. C’est d’autant plus étonnant que je ne sais pas si nous, on irait voir des groupes de reprises de notre propre chef…

A : Le public vient dans l’idée de passer une bonne soirée en écoutant la musique qu’il aime en fait, surtout lorsqu’il s’agit de groupes qui ne passent pas très souvent en France…

F.H : Ben ouais, de toutes façons, le phénomène « tribute », c’est vraiment festif. Les gens payent 5 ou 10€ pour venir s’éclater, chanter, même si on ne propose pas le même show pyrotechnique, et nous c’est tout ce qu’on veut, faire prendre du plaisir aux gens.

A : En tous cas, vous êtes de vrais musiciens, ça se voit sur scène parce qu’outre le plaisir de jouer, vous avez une technique parfaite. Cela ne vous démange pas de jouer votre propre musique ?

F.H : Celle là on nous la pose souvent ! Il n’y a pas de frustration parce qu’on a tous des projets solos, des groupes de compos qui permettent de s’épanouir par ailleurs. Enfin je dis tous, sauf moi parce que je m’occupe de tout le côté booking, promo, management pour The Four Horsemen avec mon association donc j’ai pas trop le temps. Mais Guillaume a un groupe qui s’appelle Far Plain, de grunge/rock alternatif, Ludovic est compositeur de musique classique et Yves Marie notre batteur a d’autres groupes de compos. Maintenant, pourquoi ne pas faire un groupe de compos entre nous ? Le truc c’est que de toutes les formations, c’est The Four Horsemen qui tourne le plus et on s’éclate tellement qu’on n’a pas envie de mettre ça de côté pour dépenser de l’énergie dans autre chose.

A : C’est quoi ton association ?

F.H : « A Jeter Prom » (www.myspace.com/ajeterprom), on s’occupe de faire la promotion de concerts sur Paris, là sur le Hellfest je m’occupe de faire un reportage avec ma femme sur les coulisses du festival, l’organisation, la technique, le backline, la lumière, comment ça se passe en loges, le travail des bénévoles, etc. Ma femme est aussi très active dans l’association, elle a un blog qui s’appelle « Oror404 » (www.oror404.com). On est tous les deux à fond dans la musique, d’ailleurs à notre mariage, on a donné un petit concert à base de reprise de Pink Floyd, Mark Knopfler et Eric Clapton, qui sont mes références ultimes, avant que les Horsemen débarquent en fin de soirée pour faire une reprise acoustique de « Seek and Destroy » !

A : Merci beaucoup François, longue vie aux Four Horsemen !
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