Interview Slash - 31/01/11

Par Scred | le 01/02/2011 | Les autres articles sur le Hard Rock

Un (guitar) Hero très discret
Il y a des moments qu’on n’oublie pas, jamais. Le premier baiser, la première bière entre potes, le premier émoi rock n’ roll… Pour ma part, c’était dans un grand grenier vide, mon paternel venait de me ramener quatre cassettes audio de son voyage aux USA, et je m’étais assis confortablement dans un fauteuil afin de profiter de ma moisson. Nous étions en 1987 et j’avais devant moi INXS, Kiss, Def Leppard et un album frappé d’une croix ornée de têtes de mort, « Appetite for Destruction » de Guns n’ Roses. Et là, stupeur !
Interview Slash - 31/01/11 J’ai dû me repasser l’intro de « Welcome to the Jungle » une bonne dizaine de fois avant de consentir à passer au second morceau, mais pendant ce court laps de temps, quelque chose avait changé, j’avais changé. Pour toujours. Comme un tatouage invisible, j’avais été marqué à vie par le rock n’ roll, ce qui m’amène à vous causer aujourd’hui de mon obsession favorite, jour après jour. Tout ça à cause de ce fucking album !

Et en cet instant, moi qui vous parle, j’attends que le téléphone sonne, avec un certain Slash au bout du fil… Le mot « fébrile » a été inventé pour ce que je vis en ce moment ! Comme vous allez le constater, l’homme est charmant mais très avare de mots… En avant !

Actumusic : Sur la nouvelle version de votre dernier album solo qui vient de paraître, on peut trouver des versions acoustiques de certaines chansons, d’autres en live, et parmi tous ces titres, certains sont familiers comme « Sweet Child O’ Mine », « Nightrain », « Paradise City » et même « Rocket Queen » sur l’album iTunes Sessions. Vous projetez de réenregistrer « Appetite for Destruction » ?

Slash : Non, pas du tout.

(Gros moment de solitude du journaliste)

A :Heuuu… Ok ! Toutes ces chansons ont un point commun, Myles Kennedy. Pouvons-nous espérer un album entier chanté par le leader d’Alter Bridge ?

S : En fait, je suis en train de travailler dessus en ce moment même ! Nous sommes en tournée mais je trimballe avec moi un studio mobile et on enregistre pas mal de choses… On verra si on peut sortir ça d’ici la fin de l’année.

A : A propos de nouveauté, que pouvez-vous me dire sur le nouvel album de Velvet Revolver et de son nouveau chanteur ?

S : En réalité, je ne peux rien dire pour l’instant. Il y a encore beaucoup de discussions en cours et rien n’est gravé dans le marbre.

A : Sur Twitter, vous déclariez récemment votre admiration pour le guitariste de blues Joe Bonamassa. Etant un grand guitariste de blues vous-même, n’êtes-vous pas tenté de ressusciter le Slash’s Blues Ball, votre groupe de blues ?

S : Je n’y pense pas vraiment non, mais à côté de ça je continue à jammer énormément, ce qui fait que l’idée de remonter un groupe de blues et de partir en tournée avec ne me semble pas très excitante pour le moment. Jammer me suffit. Quant à enregistrer un album complet, non, trop de gens font ça. Peut-être un morceau ou deux, de temps en temps, avec une couleur blues mais pas un disque.

A : Vous aviez déjà commencé avec un titre comme « Back from Cali »...


S : Ouais, mais « Back from Cali », malgré ses influences blues, ne correspond pas à ce que l’on peut appeler du blues traditionnel, douze mesures, etc. Ça, c’est pas mon truc !

A : Sur la couverture de votre autobiographie, on peut lire cette phrase, « cela peut sembler excessif, mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas arrivé ». Qu’est ce qui vous semble excessif dans votre vie aujourd’hui ?

S : (rires) (Enfin ! ndlr) Excessif ? Je dirais le nombre de putain de jours que mon groupe passe en tournée ! Parfois c’est six jours par semaine et à côté de ça, tout mon travail me semble parfois excessif également. Je fais tellement de choses différentes, souvent plusieurs en même temps…

A : Parlons guitares maintenant… Il y a un livre que j’adore, « The Beauty of the Burst », qui regroupe des photos de Gibson Les Paul datant de 1958 à 1960 et parmi cette collection, on trouve trois guitares vous ayant appartenu, deux 59 (dont celle que vous avez achetée à Joe Perry et rendue quelques années plus tard) et une superbe 58. Utilisez-vous encore ces guitares sur scène ou en studio ?

S : J’ai toujours cette 58 et l’autre 59… Pour être honnête, je ne m’en sers quasiment jamais. Elles sont bien rangées ! Je peux parfois avoir envie de les sortir quand je suis en studio mais aujourd’hui, les guitares que l’on trouve sur place sont excellentes donc je ne ressens pas vraiment le besoin d’utiliser les vintages.

A : Où aviez-vous récupéré cette 58 ? Elles sont quasiment introuvables aujourd’hui !

S : Je l’avais achetée dans les années 90, pendant la période « Use your Illusion », comme la plupart de mes guitares vintage d’ailleurs…

A : Je sais que vous avez eu envie de vous mettre à la guitare après avoir découvert l’album « Rocks » d’Aerosmith… Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez eu l’opportunité d’offrir à Joe Perry sa propre guitare ?

S : Au départ, l’histoire commence lorsque nous faisions la première partie d’Aerosmith avec Guns n’ Roses dans les années 80, dans les premiers temps du groupe. Nous commencions à percer et c’est à ce moment là que je suis tombé sur cette guitare. C’était un trip ! Je connaissais cette guitare au travers des posters d’Aerosmith, des photos de la pochette de l’album « Live Bootleg », et donc c’était surréaliste de l’avoir ! Mais les années ont passé et je ne l’ai utilisée qu’une seule fois en studio et pour le clip de « November Rain », le reste du temps elle restait au garage… Du coup, lorsque l’anniversaire de Joe est arrivé, je me suis dit que ce serait bien de la lui rendre, sachant que cette guitare signifiait beaucoup pour lui.

A : Vous avez travaillé avec Gibson et Epiphone sur plusieurs modèles signature Slash, lequel vous rend le plus fier ?

S : Je les aime toutes, tu t’en doutes, c’est vraiment cool d’avoir son nom sur une guitare, mais j’ai une légère préférence pour la petite dernière (le modèle AFD « Appetite For Destruction » ndlr) avec sa table zébrée, qui reprend les caractéristiques de la guitare avec laquelle j’enregistre.

A : L’an prochain, vous serez éligibles avec Guns n’ Roses au Rock n’ Roll Hall of Fame. Vous y pensez ? Vous avez parlé avec Axl ou Izzy d’une réunion d’un soir ?

S : En fait, je n’ai pas parlé à Izzy depuis un an et avec Axl depuis… forever ! Pour le reste, j’attends de savoir si on sera nommés au Rock n’ Roll Hall of Fame pour m’en soucier véritablement.

A : Vous êtes l’un guitariste très recherché, vous avez joué avec quasiment tout le monde, y a-t-il encore quelqu’un avec qui vous n’avez pas encore travaillé et qui manque à votre palmarès ?

S : Le truc, c’est que je ne cherche pas vraiment à travailler avec quelqu’un en particulier, cela sa fait toujours par rencontres, ou bien je croise quelqu’un qui est en train d’enregistrer et il me propose de venir faire un tour en studio avec lui, c’est toujours très spontané !

A : Dernière question, quand pourrons-nous vous revoir en France ?

S : On est en train de préparer une tournée en Europe pour cet été, et avec un peu de chance nous passerons par la France mais ce sera une tournée assez courte car nous devons nous caler sur les disponibilités de Myles Kennedy qui tourne aussi avec Alter Bridge.

A : On espère donc vous voir très bientôt, merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions !

S : Merci à toi.
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.