Interview Royal Republic - 30/11/10

Par Scred | le 23/01/2011 | Les autres articles sur le Rock

Discours Royal
Décidément, j’aime bien le Mama Shelter, cet hôtel entièrement repensé par Philipe Stark au cœur du XXème arrondissement de P aris. On a plus l’impression d’être en France lorsqu’on tue le temps dans son restaurant, tant il y flotte un parfum situé quelque part entre New-York et Tokyo avec escale à Londres… ou pourquoi pas Stockholm ? Car en effet, c’est un groupe suédois que j’attends de pied ferme et qui semble avoir prit du retard dans sa balance à la Flèche d’Or de l’autre côté de la rue. Royal Republic nous vient du froid et pourtant leur musique a plutôt tendance à souffler le chaud, un punk rock bouillonnant qui sent bon la fougue de la jeunesse. On en cause donc avec Jonas Almén et Per Andreasson, respectivement bassiste et batteur du groupe…
Interview Royal Republic - 30/11/10 Actumusic : Pour commencer, comment avez-vous trouvé votre nom ?

Royal Republic : En fait, la date de notre premier concert approchait et on s’est dit qu’il était temps de trouver un nom ! On voulait un nom assez raffiné car notre musique n’a rien de crade ou de rebelle et on avait eu l’idée d’arriver sur scène sur un tapis rouge… Du coup, nous hésitions entre « King’s Average », « Club Majesties » et enfin « Royal Republic » et on a choisi le dernier.

A : Comment avez-vous démarré le groupe et depuis combien de temps jouez-vous ensemble ?

RR : Je connaissais vaguement Adam (Grahn), notre chanteur et je savais qu’il avait envie de monter un groupe. On a donc choisi le reste des membres dans le petit milieu musical de Malmö en Suède là où nous habitions et une fois que nous nous sommes retrouvés pour la première fois en répétition, on a compris que nous tenions quelque chose de spécial. C’était un mélange très bizarre de gens qui n’auraient jamais traîné ensemble normalement et l’alchimie fonctionnait parfaitement dès le départ. Depuis, nous avons noué des liens d’amitié très forts…

A : « We are the Royals » est votre premier album et à ce titre, il regorge d’influences, depuis les Dead Kennedys pour les vocaux jusqu’au punk rock californien en passant par le rock plus contemporain de The Hives par exemple… Vous aimez quand cela part dans tous les sens où allez-vous vous concentrer sur un style en particulier sur votre prochain album ?

RR : Je pense qu’un bon disque doit avoir une sorte de fil rouge… Nous avons commencé à discuter du prochain album, à balancer quelques idées à droite et à gauche et au final, cela sonnera comme du Royal Republic ! Mais la couleur générale sera sûrement un peu plus dynamique et nous allons essayer de prendre plus de risques, d’écrire des chansons plus complexes, l’idée est que nous allons essayer de vous surprendre. En tous cas, cela ne sonnera pas comme un album de U2, c’est promis ! (rires)

A : Tout semble arriver très vite pour vous, comment gérez-vous ce succès immédiat sans prendre la grosse tête ?

RR : Cette année, on a dû donner quelque chose comme 130 concerts alors même si tout arrive en même temps, on a pas vraiment le temps de s’en rendre compte, de réaliser qu’on a déjà eu trois singles classés numéro un en Suède parce qu’on est en tournée tout le temps en fait ! Quand on rentre à la maison, on lave nos chaussettes et on repart ! Du coup, le succès de nous a pas encore rattrapé ! On ne se prend pas encore pour des rock stars… Et puis on n’a plus vingt ans non plus ! On ne passe pas notre temps dans des fêtes démesurées et ça aide.

A : L’une de vos chansons s’appelle « Tommy Gun », comme le titre légendaire des Clash, était-ce une sorte d’hommage ?

RR : Non, en fait on ne connaissait même pas cette chanson à la base ! C’est en voulant regarder notre premier clip sur Youtube qu’on s’est rendu compte qu’il y avait une autre chanson qui portait le même nom ! C’est d’ailleurs un plus pour nous, ce titre étant très particulier, plein de gens ont pu nous découvrir en recherchant celle de The Clash !

A : La musique punk était traditionnellement très politisée, très revendicative et depuis les années 90, elle semble prendre une orientation plus fun, de quel côté de la barrière êtes-vous ?

RR : Du fun, sans hésitation ! On considère que l’on fait du rock actuel, « Actual Rock », de la musique pour laisser ses soucis derrière soi, sans se prendre la tête. Il y a tellement de groupes qui mettent le doigt là où ça fait mal et qui le font d’une façon géniale que cela ne servait à rien d’en rajouter. Avec nous, l’idée est de faire la fête et d’être bien, au moins pendant les 36 minutes de dure l’album !

A : En France, à part The Hives, on ne connaît pas bien la scène rock suédoise, est-ce que nous devons nous attendre à voir déferler une nouvelle vague de groupes en provenance de votre pays ?

RR : Oh oui, il y a un paquet de bons groupes chez nous ! Le problème c’est qu’aujourd’hui encore plus qu’hier, il faut une bonne dose de chance pour arriver à se faire un nom, le talent ne suffit plus, d’autant plus si on a l’ambition de se faire connaître à l’extérieur de son pays d’origine. Mais le potentiel est là, il y a des dizaines de groupes qui ont la passion, les bonnes chansons et le reste…

A : Cela a dû être une décision difficile à prendre de se lancer dans cette vie, connaissant toutes ces difficultés, la crise du disque…

RR : Cela n’a pas été une décision, cela n’a même jamais été un choix, on devait le faire ! Tous les quatre, on fait de la musique depuis toujours, il n’y avait pas de question à se poser…

A : A propos du téléchargement illégal, qui est un handicap notamment pour les jeunes groupes qui débutent, préférez-vous que le public télécharge votre album illégalement puis viennent vous voir en concert s’ils l’ont aimé, ou bien n’écoutent pas du tout votre musique ?

RR : On préfère qu’ils écoutent le disque bien sûr ! C’est vraiment dommage que les maisons de disques et les labels n’aient pas compris ça tout de suite, c’est une évolution naturelle, on ne va pas revenir au temps de la cassette audio ! Et pourtant on en souffre, on en souffre même beaucoup plus que des mecs comme Bono ou Lars Ulrich qui en parlent souvent ! Le problème vient toujours des labels qui refusent d’investir dans de nouveaux groupes sans avoir d’énormes garanties… Mais bon, on préfère quand même que les gens écoutent notre album même illégalement. On ne fait pas ça pour l’argent même si l’argent rend les choses plus faciles, notamment quand il faut payer le loyer !

A : Tant qu’on en parle, vous avez déjà téléchargé des albums gratuitement sur internet ?

RR : Oui, on vit avec notre époque ! Mais on utilise surtout des logiciels comme Spotify, ce qui techniquement n’est pas illégal…

A : Dernière question, à quoi ressemble Royal Republic en concert ?

RR : À un groupe uni, c’est notre force. On interagit énormément avec notre public et on essaye de partager le plaisir que l’on ressent à être sur scène avec eux. On essaye de se moquer du rock n’ roll circus en général, on ne se prend pas au sérieux et le message passe assez bien !



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