Interview Rob Halford - 16/11/09

Par Scred | le 18/11/2009 | Les autres articles sur le Métal

Gospel
Actumusic : Bonjour Rob ! Pour commencer, je suis obligé de vous poser une question pas très originale... Comment vous est venue l’idée de faire un disque de Noël ?
Interview Rob Halford - 16/11/09 Rob Halford : D’une manière très simple ! J’ai toujours adoré cette période de l’année, j’aime son atmosphère, tous les sentiments positifs qui sont liés à Noël de manière universelle... J’aime également la musique associée à Noël, la nourriture, tout quoi ! J’ai toujours voulu savoir ce qui se passerait si je mélangeais un peu de mon metal à cette ambiance... Maintenant c’est fait, j’ai pu le partager avec le monde entier et j’attends de voir les réactions ! Mais quelles qu’elles soient, en tant que musicien qui vient de finir un enregistrement, je considère cela comme un succès personnel.

A : Quel était votre but en faisant cet album ? Cela a-t-il quelque chose à voir avec la religion ou était-ce simplement en rapport avec l’esprit de Noël ?

R.H : Lorsque l’on interprête des chansons comme « We three Kings » ou « What child is this ? », on se doit de croire un minimum au message qu’elles véhiculent, sinon ça sonne faux. Malgré tout, je ne mets pas trop en avant cette partie de ma vie, même si elle est pour moi très importante. En fin de compte, ce qu’il y a c’est que j’adore ces chansons !

A : Aimiez-vous écouter les grands albums de Noël d’Elvis Presley ou de Frank Sinatra quand vous étiez jeune ?

R.H : Oui absolument ! La musique est une part très importante de Noël pour moi et j’ai toujours beaucoup aimé ça, les sensations que cela procure...

A : L’année dernière sortait « We wish you a metal xmas », une compilation de chants de Noël interprêtés par Ronnie James Dio, Lemmy Kilmister, Kiss ou Anthrax... L’avez-vous écoutée ?

R.H : Il se trouve que je l’ai sous les yeux au moment où nous parlons, quelqu’un me l’a donnée à New York il y a deux jours ! Je ne l’ai pas encore écoutée mais je vais m’y mettre...

A : Je vous recommande la version de « Santa Claus is coming to town » par Alice Cooper, qui est absolument géniale !

R.H : C’est amusant que tu parles de lui, je l’ai eu au téléphone la semaine dernière... Il trouvait cela très cool que The Metal God ait eu envie de faire ce genre de disque !

A : Ce genre d’album est clairement un cadeau pour vos fans alors je me demandais, quel est le meilleur cadeau qu’on vous ait jamais offert pour Noël ?

R.H : D’abord, je voudrais te remercier pour cette remarque ! Il y a peu de journalistes qui ont compris cela, la majorité d’entre eux a prit le truc beaucoup trop au sérieux alors que ça n’a rien de sérieux ! Ce disque a été fait pour apporter du plaisir, rien d’autre ! Mais cela est sans doute dû au bagage que je trimballe en tant que Metal God... Pour répondre à ta question, j’ai reçu tellement de cadeaux que j’aurai du mal à en citer un en particulier. Ah si peut être, un marrant... Il y a quelques années, un ami m’a offert une chaussette géante de Noël en cuir cloûté ! Je la suspends à la cheminée tous les ans depuis ! Complètement naturel pour un métalleux ! (rires)

A : Parlons musique maintenant... La moitié de votre album est composée de morceaux originaux, comment avez-vous appréhendé le fait d’écrire des chants de Noël à la sauce heavy metal ?

R.H : J’ai trouvé l’inspiration grâce aux autres titres de l’album... Quand on travaille sur des reprises, cela stimule la créativité et peut vous donner des idées pour écrire des chansons à partir de zéro. C’est ce qui est arrivé ! « Get into the spirit » a été écrite en groupe mais les trois autres sont venues d’elles-mêmes alors que j’étais en studio avec Roy Z, occupé à enregistrer mes parties vocales... Je suis vraiment rentré dans l’esprit ! Mais je suis comme ça ! Si tu me fait écouter n’importe quel style de musique, ça me stimule, c’est mon truc !

A : Ce titre « Get into the spirit » est l’un des morceaux les plus heavy que vous ayez enregistré depuis un bon moment, et votre voix n’a pas bougé d’un pouce ! Vous ne vieillissez jamais ?

R.H : Je te remercie ! Mais je dois dire que ma performance est liée au travail fantastique de mon groupe... Ce qu’on fait Roy, Metal Mike, Mike Davis et Bobby est tout simplement extraordinaire ! J’adore ce genre de son, cette puissance... Je suis toujours très enthousiaste quand je travaille avec ces gars, je les écoute jouer et je m’inspire de leur force et des émotions qu’ils dégagent pour leur offrir le meilleur chant possible.

A : L’une des reprises de votre album est la chanson titre « Winter Songs », écrite par Sarah Barreilles, une jeune chanteuse américaine découverte grâce à internet il y a quelques années à peine... Comment avez-vous entendu parler d’elle ?

R.H : En fait , j’ai découvert cette chanson grâce au destin ! J’ai rentré le mot « Winter » dans le moteur de recherche d’iTunes et un certain nombre de titres sont sortis. J’ai vu le nom de cette fille, Sarah Barreilles, et il a dû réveiller quelque chose dans mon subconscient, peut être l’avais-je déjà entendu quelque part... J’ai écouté l’extrait de 30 secondes de la chanson et j’ai failli tomber de ma chaise ! J’ai donc téléchargé légalement le morceau et après l’avoir écouté cinq ou six fois, j’ai appellé Roy Z et lui ai fait écouter également. Nous nous sommes immédiatement mis d’accord pour enregistrer notre propre version avec Halford.

A : Vous avez une approche très moderne du travail avec internet on dirait...

R.H : Et bien, ça dépend ! Beaucoup de musiciens de ma génération ne s’y intéressent pas du tout... Pour ma part, j’ai toujours été très curieux de toutes les manières dont nous pouvions utiliser notre musique pour se connecter avec d’autres gens... Dès que le web est arrivé, j’ai compris combien il allait devenir puissant ! Il a pu détruire une partie de la musique mais dans le même temps, il en a fait croitre une autre partie d’une manière inimaginable ! Du coup, on ne peut pas se permettre de l’ignorer... C’est surtout très utile pour les groupes débutants.

A : Une question un peu vache... Préférez-vous que les gens écoutent votre musique illégalement ou ne l’écoute pas du tout ?

R.H : C’est une très bonne question ! Pour moi, le problème est simple... Nous avons tous besoin de la musique pour vivre, surtout moi qui en fait. Sans musique, je mourrais. Et nous avons aussi tous besoin de nourriture pour manger afin de survivre. Si jamais tu te pointes dans un supermarché et que tu pars sans payer la nourriture qui est dans ton caddie, c’est du vol ! Pour la musique, c’est la même chose... C’est comme quand tu veux aller applaudir ton équipe de foot préférée, tu dois payer ton billet sinon l’équipe n’existe plus !

A : En parlant de football, il y a cette chanson sur votre album, « Come all be faithful », qui ferait un hymne génial pour une équipe car c’est un titre calibré pour les stades... Vous y avez pensé ?

R.H : Ah non mais c’est une bonne idée ! Je tâcherai de la proposer aux supporters anglais !

A : Vous avez récemment participé au jeu vidéo « Brutal Legend » où vous incarnez l’un des personnages principaux aux côtés de Lemmy et Ozzy Osbourne, certains des autres héros du jeu portent même votre nom... Comment avez-vous été impliqué dans ce projet ?

R.H : D’abord, c’est un jeu vidéo génial car c’est un jeu complètement heavy metal ! C’est très drôle, accrocheur, explosif et cela véhicule des valeurs humaines très fortes. Tim Schaffer, le créateur du jeu, est un fan de métal absolu... Il a donc fait appel aux gens qu’il apprécie plus que tout, car c’est un grand fan de Judas Priest, Ozzy et Motörhead. Nous sommes tous des personnalités très représentatives du métal... Au départ, je devais juste faire la voix du général Lionwhite mais on s’est tellement bien entendu que j’ai fini par jouer mon propre rôle, le Baron sur sa moto crachant des flammes ! Je suis très fier de cette expérience car les jeux vidéos sont comme la musique, ils laissent une trace indélébile...

A : Vous avez quand même conscience que beaucoup de jeunes vont découvrir votre musique et vous même pour la première fois en tant que personnage de jeu vidéo ?

R.H : (rires) Oui c’est assez génial comme système car cela les amène à la musique, comme Rock Band ou Guitar Hero. Beaucoup de nouveaux fans de métal se révèlent de cette manière !

A : J’ai une petite question d’un lecteur d’Actumusic, Arnaud, qui vous demande si une tournée avec Judas Priest est prévue l’an prochain à l’occasion des trente ans de l’album « British Steel » ?

R.H : Comme tu le sais certainement, nous venons de terminer une tournée autour de « British Steel » aux Etats-Unis et au Japon afin de réunir du matériel pour le coffret qui sortira au printemps prochain et qui sera la manière officielle de célébrer les trente ans de cet album en 2010. Cela nous a fait énormément plaisir de faire tourner un peu ces anciens morceaux... « British Steel » est un album très important pour le heavy metal en général et la possibilité de pouvoir le rejouer en live était comme un rêve redevenu réalité ! Le métal est comme une machine à remonter le temps, quand on joue ces chansons qui ont dix, vingt, trente ans, c’est très évocatif, c’est comme revenir dans le passé, rajeunir... Et puis les fans adorent ça ! De toutes façons, je pense qu’on aura encore l’occasion de le faire l’année prochaine avec l’anniversaire et tout ça.

A : A Paris ?

R.H : Je pense que le monde entier a envie de voir ce show ! C’est un concert vraiment spécial et un super moment pour nous à chaque fois donc je pense que nous ferons ce qu’il faut pour qu’un maximum de gens puisse y assister. Nous avons une petite réunion de travail autour de Noël avec toute l’équipe, et nous ferons savoir aux fans la suite des évènements sur le site officiel de Judas Priest.

A : Merci beaucoup Rob... Un dernier mot ?

R.H : Le futur du métal est ouvert à de nombreuses possibilités !

Interview et traduction: scRed
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