Interview Mars Red Sky - Hellfest 2014

Par Actumusic | le 23/12/2014 | Les autres articles sur le Métal

Lors de ce cru Hellfest 2014, Mars Red Sky a eu l'honneur d'ouvrir les festivités de trois jours de Stoner et autres sonorités désertiques sur la scène de la Valley.
Une interview plus que relax avec des gars tout aussi joyeusement timbrés que créatifs qui comptent parmi les groupes français les plus talentueux du genre. Une bouffée d'air frais sous un soleil de plomb, le tout dans un décors de Far West!
Interview Mars Red Sky - Hellfest 2014 Pouvez-vous vous présenter et nous dire quelle est votre place dans le groupe ?

Jimmy - Je suis Jimmy, le bassiste de Mars Red Sky, et à-côté de moi c’est Mat Gaz qui va vous dire bonjour…
Mat Gaz- Bonjouuuur !!!
J- et puis là-bas, nous avons notre leader charismatique, qui est actuellement en train d’envoyer un texto. Il s’appelle Julien, il joue de la guitare et il chante.
M- Regardez quand il fait des textos il est content, et puis il sourit bêtement en avançant. Parce que, quand il n’est pas content, il n’avance pas ! En revanche il courbe les épaules, et ça c’est mauvais signe… après ça veut dire qu’il va « cabrer » comme on dit chez les chevaux, refus total… il est bloqué ! On fera sans lui…


Parlez-nous de votre dernière production ?

M- Alors nouvel album, qui s’appelle Stranded in Arcadia, sorti il y a deux mois chez Listenable. C’est notre deuxième album, mais le premier chez eux ; avant nous étions sur notre propre structure qu’on avait finement intitulée Mrs Red Sound.
[quelqu’un tend un flyer au groupe]
Tiens, on nous donne un flyer avec un groupe qui s’appelle Inarkadia… « modern melodeath ». C’est bon, on n’est pas concerné ! Cela ne nous regarde pas…
J- Pourquoi ? C’est le fait que ce soit « moderne », ou « melodeath » qui fait que l’on n’est pas concerné ?
M- En premier lieu, je pense que le « melodeath » ne nous concerne pas. En ce qui concerne le « moderne », étant donné que nous sommes de l’école dite ‘à l’ancienne’, cela ne fait pas partie de notre vocabulaire.
J- Permettez-moi une petite contradiction Mat Gaz, dans « melodeath », il y a melo… et cela nous concerne pour deux raisons : déjà, pour le côté mélodique, et puis ensuite, quand notre chanteur n’envoie pas de texto d’un air hébété et content, il est quand même plutôt assez mélo…
M - Tout à fait… Bref, voilà pour ce nouvel album, je t’ai tout dit.


Où avez vous mis en boite ce dernier opus et comment l'enregistrement s'est il passé?

M - Tu veux vraiment qu’on te raconte ? Parce que c’est hyper long… et c’est encore un accident ! Ce qu’on va faire est que je vais te synthétiser ça de la façon la plus extrême et totale qui soit ; attention… TOP c’est parti ! Nous étions… non je déconne. En fait, on l’a enregistré au Brésil sans faire exprès car nous étions en tournée là-bas, et il nous est arrivé un problème : après notre tournée Brésilienne, on devait enregistrer notre disque aux Etats-Unis, mais on a eu un souci avec l’immigration américaine, et on est resté bloqué à Rio. Avec une chance incroyable, on a fini par trouver un studio là-bas et enregistrer notre disque de manière très rapide, en quatre jours. Au départ, on ne savait même pas qu’on enregistrait notre disque en fait ; on était là, on enregistrait car on avait que ça à faire de toute façon étant bloqués, et voilà, c’est un peu bizarre, mais c’est comme ça finalement.


Qu’en est-il de la composition de l’album ? Combien de temps cela a-t-il pris ?

M - Pour la composition, on profite généralement des temps de balance pour faire tourner des riffs et faire sortir des trucs, et puis ensuite, on cale également des sessions de répet’ où l’on fait tourner et où l’on structure un peu plus les morceaux. Je ne saurai pas dire combien de temps cela a pris en tout ; on va dire que ça s’étale sur une période d’un an. Comme à chaque fois, on joue les nouveaux morceaux quand ils sortent du local, direct, tout de suite en live, pour voir s’ils fonctionnent, comment les gens les reçoivent. La tournée Brésilienne était d’ailleurs en partie faite pour ça : pour roder les nouveaux morceaux, en vue d’enregistrer le nouvel album ensuite.
J - On peut expliquer ce qu’il s’est passé par la suite aussi : on a donc fait notre tournée Brésilienne, puis une date en Argentine aussi, j’aime bien être précis ! On a donc rodé les nouveaux morceaux et on a voulu avoir le ressenti des gens dessus : on leur a donné pour ça des formulaires. Mais malheureusement, ces formulaires n’étaient pas en espagnol ni en portugais, ce qu’il fait qu’ils n’ont pas pu nous répondre, car dans ces pays là, ils ont encore une maîtrise de la langue assez… on les a fait en anglais, mais comme on parle anglais comme des vaches espagnoles… on n’a pas eu les retours suffisants qui auraient pu nous permettre de juger si ces morceaux étaient bien ou pas pour les enregistrer. Du coup, on s’est auto-décidé/proclamé bloqué dans le processus d’enregistrement, on a vouté nos épaules, comme ça, en se disant proclamé à l’échec. On a donc attendu comme ça, jusqu’à ce que notre producteur Brésilien, Felipe Toscano, nous tape sur l’épaule et nous dise « dévoutez-vous ! ». Il nous a présenté un mec, mais on a dit que non, on voulait enregistrer aux Etats-Unis… et puis finalement on a enregistré avec lui. Ce n’était pas du tout prévu, on a enregistré l’album en quatre jours, et bon, même sans les formulaires, on a finalement validé les morceaux entre nous, et ça s’est bien passé. Voilà.


En réalité vous êtes donc des gars spontanés, que ce soit dans le process d’écriture ou d’enregistrement, c’est vraiment au feeling ?

J - Surtout dans les interviews en fait ! Mais sinon oui.


Et donc, Listenable vous a signé juste après ?

M - Oui, ça a presque découlé de ça. En fait au départ, on discutait avec un autre label, un label américain qui s’appelle Postetik. Mais finalement, cet espèce d’accident qui a fait que l’on n’a pas pu aller aux Etats-Unis, nous a fait remettre pas mal de choses en question, notamment le fait de signer avec un label américain ; on s’est demandé si c’était ou non une bonne chose. Et puis Listenable nous ont fait une proposition peu de temps après que l’on soit rentré du Brésil, et on s’est dit que ça tombait plutôt pas mal. Donc au final, on s’est dit que c’était mieux de travailler avec eux pour plein de raisons : la proximité déjà, et puis le fait de voir que c’est un label vraiment sérieux, qui a fait ses preuves, et voilà, qui bosse super. Je ne sais pas si j’ai répondu à la question, mais voilà, comment ça s’est fait ? Ben comme ça !


Le Hellfest comme date : ça fait quoi ?

M - Qu’est-ce que ça fait ?...
J - Ça fait chaud au cœur vraiment, car il y avait du monde. En fait, comme on est un petit groupe, on était un peu anxieux, et on se demandait s’il y aurait du monde ou pas. Mais les gens sont venus, et c’était plein au bout du deuxième ou troisième morceau, et ils avaient l’air vraiment super content, donc moi ça m’a rendu content.
M - Du coup on s’est bien amusé, et on a vraiment passé un très très bon moment, avec le sourire, le café dans l’estomac, et pas grand-chose de plus.


Du coup, c’est le premier HellFest sur scène, mais combien pour chacun d’entre vous, en termes d’expériences ?

J - A nous trois, je pense qu’on a un Hellfest ou deux…
M - Oui, moi j’y suis allé qu’une seule fois en tant que spectateur en 2011 ou 2012 je ne sais plus. Et comme si je te dis qu’il y avait Slayer, c’est con car c’est tous les ans… il y avait les Melvins, et Down ! Mais Down aussi c’est pareil, c’est tous les ans !!! Oui donc ça devait être en 2011 je crois bien…


Quelles sont vos influences justement ? Qu’est-ce qui vous inspire ?

M - On écoute tous des choses différentes dans le groupe, mais aussi plein de choses en commun… Je préfère que ce soit Julien qui réponde sur les influences du groupe s’il te plait.
J - Plusieurs années avant, c’est Jimmy et moi qui avions lancé l’idée de faire un groupe. On écoutait alors des trucs du style Dead meadow, Bardo pond, Sleep, Witch, le label TP records, le groupe Kiss étant fan de dinosaures… Quand on a commencé le groupe, on ne savait pas vraiment où aller, mais on a fini par trouver un son en accordage, une sorte d’open un peu grave, différent… Bref, donc les influences de base sont vraiment Sleep, Electric wizard. Mais à côté de ça, on écoute aussi bien Neil Young que Pink Floyd pour citer d’autres grands noms. Donc tout ça mis dans la besace donne au final un mélange d’influences, qui fait ce que l’on fait. Désolé si ce n’est pas très clair.


Vous êtes là pour trois jours ? Quel est le programme ?

M - Répondre à vos questions ! Et puis voir quelques groupes que l’on a cochés… Perso j’ai très envie de voir Behemoth dans deux jours, et puis ce soir Septicflesh qui va me faire du bien, Iron Maiden aussi, on va regarder ça de près…Electric Wizard, Kylesa aussi, mais je crois qu’on est en train de les rater…Soundgarden aussi ça me ferait plaisir de les voir car je ne les ai jamais vus. Watain aussi sur lequel on va jeter une oreille, et qui risque aussi de nous jeter quelque chose au passage, il y a vraiment un échange, des odeurs, des fluides corporels, comment on appelle ça déjà, il y a un mot pour ça ?...
J - Dégueulasse !
M - C’est ça ! Nan mais j’aimerai bien le dire, c’est un mot important…
J - Non mais il faut que ça reste mystérieux… C’est quoi la signification de ton mot ?
M - Je ne me souviens même pas de la signification, je ne me souviens de rien en fait. Je ne peux plus avancer…
J - Faut lui donner des pilules!


Pour finir, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

J - J’aimerai bien que quand on nous pose une question en interview, on sache à chaque fois quoi répondre, ça vraiment j’aimerai bien. Et c’est ce qu’on peut nous souhaiter pour les deux jours à venir, car on va avoir pas mal de gens comme vous.
M - Si aussi, qu’on puisse faire un album black metal, pour qu’on puisse jouer sur la scène temple, sinon après on s’emmerde quoi…
J - Sinon on a un projet dans la vie : réussir à jouer sur toutes les scènes de ce festival. Or comme on a mis plus de trente ans, voire quarante pour certains, pour jouer sur une scène tout court, va falloir changer son sang en Suisse, comme les Rolling Stones.




Interview par Finnlord et Blackstage
Retranscription par Camille S.
En partenariat avec Throne of Thanatos

Photo
© P.Cremin - www.blackstage-photography.com
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