Interview David Roads (Airbourne)

Par Scred | le 24/06/2010 | Les autres articles sur le Hard Rock

Bourne to rock
Pour ma première interview du festival, j’ai le plaisir de rencontrer David Roads, le guitariste d’Airbourne, rien moins que l’avenir du rock n’ roll tel qu’il devrait toujours être joué, à savoir avec des tripes.
Interview David Roads (Airbourne) Le groupe ne s’y est pas trompé d’ailleurs, puisqu’il a choisi pour son dernier album un titre sans équivoque, « No Guts No Glory » (« Sans tripes, pas de gloire ») C’est un guitariste comblé par le succès de son groupe que je retrouve dans un box aménagé pour la circonstance par l’organisation du festival. Souriant et détendu, il semble avoir encore du mal à réaliser ce qui lui arrive, à des kilomètres de la grosse tête que beaucoup d’autres à sa place auraient pu attraper en considérant la popularité grandissante d’Airbourne. C’est ce qu’il nous explique avec son accent australien inimitable…

Actumusic : Votre premier album, « Running Wild » est sorti il y a à peine trois ans et depuis lors, vous êtes considérés comme l’un des groupes les plus prometteurs de la planète rock… Ce n’est pas un peu « Too much, too young too fast » (« Trop, trop jeune, trop vite ») pour vous ?

David Roads : (rires) Non, pas du tout ! Tu sais, cela fait neuf ans que nous jouons ensemble dans Airbourne même si cela ne fait que trois ans que nous pouvons emmener notre groupe en tournée autour du monde… C’est vrai que les choses se sont accélérées ces derniers temps mais tout cela va dans le bon sens ! Nous gardons la tête froide pendant les tournées, on fait nos concerts comme avant et on profite des voyages. On adore comment ça se passe donc tout va bien pour nous !

A :Votre premier E.P s’appelait « Ready to Rock » et est maintenant introuvable alors que beaucoup de fans aimeraient se le procurer… Comptez-vous remédier à cela ?

D.R :En fait, on a déjà évoqué le fait de ressortir ces chansons, peut être même les réenregistrer pour les inclure dans un prochain album afin qu’elles ne tombent pas dans l’oubli. On n’avait sorti que 2000 exemplaires de « Ready to rock » et c’est vraiment dommage que nos nouveaux fans ne puissent pas se le procurer…

A :C’est la seconde fois que vous vous produisez au Hellfest, qu’aimez-vous dans ce festival ?

D.R :Personnellement, j’adore la France ! De plus, c’est un très bon marché pour nous, il y a beaucoup de fans qui viennent nous voir à chaque fois, au Hellfest et ailleurs. Et puis vous aimez vraiment le rock n’ roll ici et cela se sent pendant les spectacles ! Le concert que nous avions donné l’an dernier au Hellfest était l’un des plus mémorables de toute la tournée des festivals que nous avons faite ! On était arrivés un peu en retard, on avait filé directement du bus à la scène et la ferveur du public était tout simplement démente, ça nous a tout de suite mis dans le bain. C’est toujours génial de jouer pour le public français…

A :Vous présentez comme un groupe de mecs normaux qui jouent du rock n’ roll sans se poser de question et vous savez ce que c’est qu’être des fans car vous l’êtes vous mêmes d’autres groupes… Quel effet cela vous fait lorsque vos fans viennent vous dire toutes les choses que vous rêvez de dire à un groupe comme, au hasard, AC/DC ?

D.R :C’est vraiment gratifiant… Les fans sont toujours la chose la plus importante dans le succès d’un groupe, cela paraît évident mais beaucoup semblent l’oublier. Quand nous avons commencé avec Airbourne, notre but était de vivre de notre musique et de vivre le rock n’ roll. C’est l’amour d’autres groupes qui nous a donné l’envie d’en faire un à notre tour et quand des gens viennent nous dire que nous avons joué le même rôle pour eux, que notre musique a changé leur vie, c’est tout simplement incroyable ! La musique est une chose très puissante en général…

A :En l’occurrence, cela va même plus loin pour vous puisque Mike Frasier, l’architecte du son d’AC/DC en personne, a insisté pour s’occuper du mixage de « No Guts No Glory » votre dernier album, cela a dû être une sacrée surprise pour vous ! Comment est-ce arrivé ?

D.R :On l’a rencontré pendant la tournée « Running Wild » au Canada, à Vancouver, il est venu en backstage, s’est présenté et on a bien sympathisé. Il nous a proposé de travailler sur notre prochain album et bien sûr on a accepté ! Ce qu’il a fait pour nous est vraiment génial, sa patte se ressent sur l’album et pendant l’enregistrement, il est carrément devenu le cinquième membre du groupe ! Du coup maintenant on ne le lâche plus et il sera toujours là pour le prochain album, on ne pourra pas trouver mieux de toutes façons !

A :Pendant vos concerts, Joel (Joel O’Keeffe, chanteur et guitariste ndlr) s’amuse souvent à exploser des canettes de bière sur sa tête, se lance dans le public avec sa guitare ou escalade toutes les structures qu’il peut trouver… Tu n’as jamais peur qu’il se blesse ?

D.R :(rires) Oh si ! J’essaye de ne pas y penser parce qu’il prend souvent des risques et si il tombe, il pourrait très bien se tuer ou se casser le cou ! En même temps je lui fait confiance, il le fait très souvent et il est toujours très concentré donc tout devrait bien se passer aujourd’hui ! Mais c’est vrai que je redoute le jour où il y aura un accident… On est jamais trop prudent !

A :Et la bière sur les guitares, cela n’a pas trop de conséquences sur leur fonctionnement ?

D.R :Sur celles de Joel, si ! C’est pour cela qu’il en a plusieurs, il les ruine assez régulièrement ! Mais si l’on malmène les guitares sur scène, c’est aussi parce que c’est une des choses qu’on adore dans un concert de rock n’roll, et puis cela leur donne plus de personnalité… Personne n’aime jouer sur une guitare neuve, il faut qu’elle ait un peu vécu !

A :Vous ne cachez pas votre passion pour des groupes comme AC/DC ou Motörhead, vous arrive-t-il d’en faire des reprises sur scène ?

D.R :Oui, cela nous arrive de reprendre « Whole lotta Rosie » en concert. Il y a quelques temps, on tournait avec Stone Gods, le groupe de Dan Hawkins qui était avec The Darkness auparavant, et Dan est monté sur scène avec nous pour jouer cette chanson, pareil pour Phil (Demmel) de Machine Head, c’est un truc que l’on aime bien faire avec ce morceau… D’ailleurs, cela fait longtemps que cela n’est pas arrivé ! Avec notre nouvel album, on a beaucoup plus de titres dans notre setlist et cela devient plus compliqué de caser des reprises. On s’était amusés à reprendre « Fortunate Son » aussi de Creedence Clearwater Revival à une époque, super chanson…

A :Comment avez-vous convaincu Lemmy de Motörhead de venir jouer dans votre clip « Running Wild » ?

D.R :Et bien on lui a juste demandé et il a accepté tout de suite ! Il avait entendu parler de nous et il aimait notre musique donc cela s’est fait très facilement. On a tourné à Los Angeles, là où il vit, ce qui a encore simplifié les choses… Il n’a même pas eu besoin de jouer la comédie, il EST le visage du rock n’ roll et le concept du clip tournait autour d’un poids lourd du rock fonçant à toute allure sur une route, c’était lui tout craché !

A :Tu utilises toujours une Gibson SG sur scène, est-ce qu’il y a d’autres guitares que tu aimes jouer?

D.R :Toujours Gibson et Marshall, c’est la combinaison idéale pour jouer du rock n’ roll ! Quand je casse une corde, j’emprunte une des Explorer de Joel mais c’est vraiment tout… J’aime bien les guitares Gretsch cependant, elles sonnent pas mal, mais en règle générale je reste fidèle à ma bonne vieille Gibson et à mon ampli Marshall !

A :Merci beaucoup David !
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