Interview Dagoba - Hellfest 2014

Par Finnlord | le 24/12/2014 | Les autres articles sur le Métal

C'est toujours avec plaisir que l'on prend des nouvelles de l'une des plus grosses réussites Metal en France. Hormis une qualité d'écriture indéniable Dagoba fédère notamment grâce à l'énergie exprimé sur scène, difficile d'ailleurs d'y rester insensible. Il n'y avait donc pas meilleur endroit pour prendre la température juste avant un set incendiaire !
Interview Dagoba - Hellfest 2014 Pouvez-vous vous présenter et introduire votre place dans le groupe ?
Werther-Werther, bassiste du groupe.
Shawter-Et moi, toujours chanteur de Dagoba !

Le dernier album, Post mortem nihil est, a l’air de plutôt bien se porter… Qu’a pu apporter la tournée Américaine ?
S - Pour nous, beaucoup de bonheur déjà, et puis une bonne dose d’expérience car quand on tourne en première partie de gros groupes, on est toujours plus ou moins livrés à nous-mêmes et on doit faire nos preuves chaque soir auprès d’un public qui n’est pas forcément acquis à notre cause. C’est une place que l’on aime particulièrement : ça nous renforce, ça nous endurcit, et ça élargit aussi beaucoup notre public. Après c’est vrai que le regard des fans français change également quand tu reviens des Etats-Unis ; pour eux, tu as un peu représenté les produits français ! Bref, c’est bien pour tout le monde, c’est assez fédérateur.
W - C’est aussi une progression pour le groupe. C’est un point de vue extérieur à la scène française qui apporte beaucoup de choses. Mais le plus important est ce que cela peut apporter au groupe d’un point de vue expérience, concerts, et nouveaux fans du fait de propager sa musique dans des énormes salles comme ça, avec des groupes étrangers et autant de monde. Bref, que des bonnes choses, et idem pour l’avenir.


Quels sont les projets maintenant ? Il y a déjà pas mal de dates en fin d’année ?
S - Là on est sur un an et demi d’exploitation de Post mortem nihil est. Aujourd’hui on est sur la préparation d’une bonne tournée européenne avec Epica, on va essayer de faire un maximum de festivals cet été, de bien finir la tournée en France, et bien entendu se tourner vers l’enregistrement du prochain album.

Un prochain album ?...
S - Bien sûr ! C’était loin d’être le dernier ! On va reprendre un rythme que l’on a toujours eu : un nouvel album tous les deux ans, comme ça fait un an et demi, le compte à rebours est lancé… dans pas longtemps normalement.


Ce sera donc pour 2015 environ ?
S - Oui, le temps pour nous de l’enregistrer, de le mixer, de le sortir.

Par rapport au dernier album avec Logan Mader derrière, ça va être le même principe ? Vous allez travailler avec des gros…
S - Oui, ça va être ce principe là.

Au niveau visuel, il y a eu la pochette de Seth sur le dernier album. Vous comptez collaborer de nouveau avec lui ? Vous avez déjà des idées de cover ? de visuel ?
S - Oui, on était déjà assez proche au niveau artistique avant même cette collaboration ; aujourd’hui, on est en plus proche humainement. Là je viens d’apprendre par le patron de leur label qu’il ferait la prochaine pochette de Dagoba sans que l’on n’ait rien demandé, donc… oui c’est peut-être possible qu’il la fasse effectivement.

Shawter, tu n’as pas envie de sauter le pas, comme tu as toi aussi lancé ta marque il n’y a pas longtemps ?
S - Non non, je ne mélange pas tout. Dagoba, c’est Dagoba, et le reste ne concerne que moi. Tout ce qui touche à Dagoba, pour moi ça touche plus ou moins au sacré ; c’est une entité que je respecte trop pour foutre ma patte dedans.

Justement les marques que vous avez créées : quels sont vos projets ? Comment allez-vous développer les choses ?
S–Les gars avaient leurs marques bien longtemps avant de faire Dagoba, Franky mène sa barque aussi… Moi pour être honnête, c’est plus pour ma compagne qu’on a monté cette marque ensemble, pour lui permettre d’avoir une source de revenu et éviter de vivre au jour le jour ; c’était l’occasion pour moi de mettre un peu la main dans tout ce qui est Photoshop et créations visuelles car ce sont des choses qui me plaisent, et c’est vrai qu’aujourd’hui il arrive que l’on en tire des bénéfices. Par exemple, j’ai créé des modèles pour le merch’ de Dagoba. Mais bon, c’est plus pour elle que vraiment pour moi.

Vous comptez développer le truc à l’Extrem market ? Vous avez un stand ?
S - Le seul truc que je développe ça se passe sur la Main stage à 17h50, et ça s’appelle Dagoba, c’est tout.

Question sur le HellFest, comment vous allez réussir à foutre encore plus de bordel que les années précédentes ?
W - Je ne sais pas, à chaque fois tout le monde nous le demande… Honnêtement c’est un grand honneur. Car c’est vrai qu’on nous disait toujours « vous jouez tôt » et c’est vrai qu’on en était un peu frustré, mais on arrivait à foutre le bordel quand même. J’espère que ça va être juste un cataclysme ; on va essayer de tout dévaster de toute façon.
S - Je viens de croiser une équipe de caméraman qui vient uniquement pour filmer le circlepit de Dagoba quoi. Les mecs ne viennent que pour ça… C’est vrai qu’on est devenu assez spécialistes. Là, le facteur clef qui fait que ce sera encore pire que l’an dernier, et qu’il y a plus de monde. On a un petit plan derrière la tête, et c’est vrai qu’il va se passer quelque chose…
W - On a faim ! Donc on est prêts !!! Les gens savent qu’avec Dagoba… nous on a envie de faire ça.
S - Après, artistiquement, je pense que cela a pu nous jouer des tours quand on a commencé notre carrière. Car c’était la grande mode du neometal tout ça… Les labels ne voulaient pas trop signer ce type de son que l’on a toujours eu, avec au début des années 90, des gros groupes type Pantera, des gros groupes de thrash et le Metallica de ces années-là. Et puis fin des années 90/début des années 2000, là on a vraiment eu le vent en poupe. Après, il y a eu des vagues successives de groupes à la mode : emocore, deathcore, death technique, des mecs avec des mèches et tout le bordel… tous ces genres ont eu leur époque. Mais nous, ce son qu’on essaie de faire, la méthode des gros riffs et de nos idoles très fédératrices des Pantera, des Machine Head de la grande époque… ça, ça restera toujours encré dans le cœur des metalleux qui arrivent dans la scène, et qui sont encore là aujourd’hui pour applaudir Iron Maiden et Deep Purple. Bref, ça je pense qu’en festival, c’est un peu notre atout majeur. Les gens savent que quand Dagoba arrive sur scène, il faut sortir le protège dents ! C’est un peu notre marque de fabrique, et on veut résister à ça ; on ne veut pas succomber à telle ou telle mode, on n’est pas comme ça.

C’est finalement un peu ça le succès du groupe : ça n’a pas changé, sauf musicalement où ça a quand même progressé. Même sur scène, ça a progressé aussi, mais rien n’a changé au niveau de l’état d’esprit du groupe.
S - C’est ça : toujours donner le meilleur de soi-même.
W - Le but c’est qu’on est fidèle à nos valeurs, à notre état d’esprit, pour avancer. On est arrivé comme un tank, et ça a toujours été ça l’esprit du groupe tant scéniquement que sur disque. C’est donc ce que l’on va de nouveau proposer sur un Hellfest 2014 encore plus massif ! De toute façon, ils ont déjà l’air bien révoltés, bien survoltés, donc ça va le faire !

Cela fait deux ans bientôt que Z [Yves] est arrivé ? C’est bon, tout se passe bien, les mecs l’ont bien identifié ? L’accueil est bon ?
S - Oh oui ! Honnêtement c’est fantastique. Moi j’ai tendance à lui dire sous forme de boutade que depuis qu’il est dans le groupe, il ne lui arrive que des merdes. Il est vraiment passé du bon côté de la scène. Il est très heureux, nous aussi ; on est un groupe qui a vraiment le sourire, et c’est vraiment super.

La bonne humeur qui transparait d’ailleurs toujours entre les quatre membres du groupe sur scène, n’est-ce pas ce qui fait la clef de la réussite de Dagoba sur la longévité ?
S- Sur la longévité oui. Après ça crée pas mal d’envieux, de jalousies à droite et à gauche, mais comme à chaque fois qu’il y a un soupçon ou l’ombre d’une réussite finalement. Mais c’est sûr que c’est ce côté communicatif, la proximité avec nos fans qui fait beaucoup. Si on le respecte, les gens s’identifient à ça, nous ça nous fait plaisir, et c’est de l’énergie en plus pour tout le monde.

Question sur la tournée avec Epica : moi j’ai trouvé ça génial, mais je me suis dit aussi que le public allait… comment dire ? Vous avez des appréhensions ?
S- Moi j’ai une réponse toute faite pour ça vraiment. D’une part, on revient des Etats-Unis où l’on a joué avec Dir in Grey et ça s’est très bien passé. Du point de vue des promoteurs, je ne vois vraiment pas l’intérêt de programmer que des groupes qui soient dans le même créneau, puisque l’intérêt n’est pas d’avoir une masse de public confondu, mais bien de faire rentrer le plus de gens dans une salle. Et autre raison qui est d’autant plus valable : nous, on est entre metalleux et on se dit qu’il y a des différences. Mais un mec lambda dans la rue qui regarde Motus le matin et qui écoute Patrick Sébastien, si tu lui mets entre les oreilles Dagoba ou Epica, il s’arrache les cheveux de la même manière, pour lui c’est la même folie. Au final on est donc à la fois différent, mais tellement proche, que pour moi ce sera juste du bon.
W - Sur le style du groupe, on a toujours réussi à coller plein d’univers différents dans notre métal : du très puissant, de l’indus’,… on arrive vraiment à s’adapter avec plein de choses. Et puis honnêtement, on se fait chier à jouer avec des groupes qui ne sont que dans le même truc, ce n’est pas intéressant. La tournée avec Apocalyptica nous a appris énormément de choses sur ce style là : les gens étaient prêts, et ce n’est vraiment qu’un truc de metalleux que de se dire que tel style ne va pas avec tel style. Regarde le Hellfest, plein de choses vont ensemble, mais tant mieux !
S - Je pose une question toute bête, car je n’ai pas une culture hallucinante, mais quel groupe aujourd’hui collerait parfaitement avec nous ?

…c’est bien diversifié, au contraire.
S - Les gens auront toujours un truc à dire. Nous on est content de partager la scène avec le plus de groupes possible, aussi loin qu’on peut, et c’est bien pour nous.

Question à la con, comme tu mets des vidéos en lignes où tu chantes en voix claire, oseras-tu un jour dans Dagoba ?
S - Mais il y en a toujours eu de la voix claire dans Dagoba ! Sur des titres come The world in between il y avait déjà cette touche là. On verra, on verra… Le prochain album sera plein de surprises !

Pour finir, que peut-on vous souhaiter pour la suite ? Une autre tournée américaine ? Un bon album ?
W - Que l’on continue à tout défoncer. Que de plus en plus de monde se ralie à tout ça, et que l’on continue, qu’il n’y ait jamais de stagnation. Il faut continuer à progresser, à évoluer, voilà, je pense que c’est ce qu’il y a de mieux.


Interview par Finnlord et Black Troll
Retranscription par Camille S.
En partenariat avec Throne of Thanatos

Photo
© P.Cremin - www.blackstage-photography.com

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