Interview Black Box Revelation

Par Actumusic | le 29/11/2015 | Les autres articles sur le Rock


Que dire du duo Black Box Revelation, composé par Jan Paternosteret Dries Van Dijck ? Digne représentant du rock belge, ils se sont imposés sur le paysage musical très naturellement et c’est avec impatience que les aficionados ont attendu leur nouvel album « Highway Cruiser » qui est sorti le 16 octobre 2015 après 4 ans de silence. On a eu la chance de les rencontrer dans les loges avant leur showcaseau festival Sonic Visions le vendredi 13 novembre 2015 à Esch/Belvalavant les atroces attaques à Paris. C’est donc dans une ambiance décontractée qu’ils nous ont parlé de cet album et des conditions dans lesquelles il a été produit.



Bonjour Jan et bonjour Dries ! Parlons de ce nouvel album et de cette couverture. Tout d’abord est-ce un vrai modèle de voiture ?

Jan : Bonjour Nathalie ! Oui, c’est une Maserati Khamsin. L’artiste qui a fait cette couverture est un artiste américain, qui s’appelle Luc Pelletier il me semble. On a découvert son travail sur instagram où j’ai commencé à le suivre. J’ai tout de suite aimé ce qu’il faisait. Je lui ai envoyé un message et il a bien voulu faire la couverture de cet album. On lui a juste donné le titre « Highway Cruiser » et on lui a dit qu’on voulait une voiture ou tout type d’autre véhicule. On avait pensé à des motos aussi au départ mais finalement c’est l’idée de la voiture qui est restée. Il nous a demandé qu’elle était ma voiture préférée et j’ai pris la Maserati, même si j’ai énormément de voitures préférées.

Vous êtes tous les deux de grands fans de voitures ?

Jan : Oui, on adore les voitures. Si j’avais la place, j’aurais un énorme garage et je m’y baladerais tous les jours !

L’artiste avait-il accès à la musique du nouvel album lors de la création de son œuvre ?

Jan : Non, il n’y avait pas accès et on l’a fait exprès en fait. Il avait accès à ce que nous avions fait avant cet album mais on voulait voir si ce qu’il allait faire, correspondrait à la musique du nouvel album sans qu’il l’entende. C’est un peu comme pour le clip du single « Gloria ». Le danseur du clip n’avait jamais entendu la musique du morceau avant sa prestation. Il a eu accès aux paroles et sa performance s’est basée là-dessus. On voulait qu’il fasse sa propre interprétation de la chanson et ça a plutôt bien réussi.

Si on parlait de « Gloria » comme vous venez de le mentionner. D’où vient cette idée de gospel dans ce morceau ?

Dries : On voulait faire quelque chose de spécial concernant le chant. On a choisi Thomas Brenneck pour son travail avec Charles Bradley ou Sharon Jones. Il a fait des chœurs incroyables sur les albums de Bradley notamment. On voulait l’avoir comme producteur car on savait qu’il connaissait les femmes qu’il fallait pour notre gospel. Il nous a demandé si on voulait des voix « brutes » ou des voix « professionnelles ». Pour nous, c’était clair que nous voulions les voix « brutes ». Il nous a tout de suite mis en garde : il nous a prévenus que ces femmes étaient des personnages très exubérants, mais qu’elles travaillaient vite et bien. Il les a comparées à un ouragan en somme. On a rapidement essayé sur le morceau « Gloria » et ça a tout de suite fonctionné. Sur la démo originelle, c’est nous qui chantions les chœurs très clairs et c’était nettement moins bien. (rires !)

Jan : On voulait de la soul sur cet album rock. On a constaté que la soul figurait souvent sur des albums funks, mais rarement sur du rock ou du blues. Notre démarche était d’expérimenter avec des sons différents sans pour autant devoir ajouter un nouvel instrument et ainsi garder notre originalité.

La dénomination de Highway Cruiser » a toujours été une évidence pour l’album ?

Jan : Quand tu commences à travailler sur les morceaux, que tu bosses dessus des mois et des mois et qu’ensuite tu vas en studio et que tout doit être fini en 6 jours, c’est seulement à ce moment-là que finalement les pièces du puzzle trouvent leurs places et que la musique prend tout son sens. C’est en studio que tu vois comment le son évolue et comment l’album va sonner dans son entièreté. Quand on a enregistré le morceau « Highway Cruiser », on a trouvé que ce morceau représentait bien la « vibe » de tout l’album. C’est un album solitaire, où tu vois de grands paysages défiler. C’était parfait.

Est-ce que c’est pour vous le meilleur moyen de découvrir votre album : en voiture, voyant le paysage défiler derrière sa vitre ?

Dries : C’est un album parfait pour conduire, oui. Tu peux aussi l’écouter très fort dans ton salon, surtout si tu as la version vinyle. J’ai l’impression que sur le vinyle tu entends chaque détail. Tu as l’impression d’être dans le studio d’enregistrement avec nous.

Jan : Personnellement je pense que quand un album est sympa à écouter en voiture, il est sympa à écouter partout. Tu peux l’écouter entre potes ou sur la plage ou encore dans ton jardin par exemple. La voiture a pour avantage que quand tu es dans ta maison sur roues, tu ne le laisses pas distraire par les tâches ménagères.



Tu parlais de cette « vibe » si particulière. Cette inspiration vous vient de la route justement ? Cet album est-il né en tournée ?

Jan : Oui en partie. On a beaucoup roulé aux Etats-Unis et on a été sur la route beaucoup de temps. On a vu des paysages incroyables et forcément cela a dû déteindre sur certains morceaux. Je trouverais ça sympa si les gens écoutaient cet album de la même façon qu’on l’a créé. La boucle serait bouclée en somme.

Vous devriez mettre un mode d’emploi sur le prochain album, à savoir, comment doit-on l’écouter pour en avoir la meilleure expérience possible par exemple ?

Jan : C’est une très bonne idée ! On va y réfléchir pour le prochain ! (rires)

Vous parliez du temps passé en studio, 6 jours donc. Combien de temps avez-vous passé en pré-production ?

Dries : Enormément de temps. On a bossé sur toutes les structures des morceaux. Pour cet album on a dû bosser un an dans la salle de répèt avant de pouvoir enregistrer les démos pour voir ce que ça donnait à l’écoute. Ainsi, nous étions fin prêts en studio pour pouvoir enregistrer le tout en analogique avec très peu de micros. J’avais notamment deux micros seulement sur ma batterie.

Jan : On se devait d’être bien préparé pour ce genre de production, car sur l’enregistrement on entend tout. Chaque détail. Il n’y a pas moyen de cacher quoi que ce soit. C’était comme dans les années 1960 ou 1970 et c’est cette pureté dans le son qu’on recherchait. On ressent chaque vibration de la guitare et le son pur de la batterie dans son entièreté. Depuis que nous faisons de la musique, nous avons voulu garder cette « naïveté » (ndlr : en français lors de l’interview). Nous voulons reproduire le même son que nous avons entendu dans notre enfance. Aussi je trouve que c’est important de garder cette innocence toute sa vie.

Peut-on parler du morceau « PoundingHeart » ? Pourquoi avoir décidé de mettre la version acoustique sur l’album original et non la version amplifiée qui est en bonus ?

Dries : Parce que c’est la meilleure version tout simplement !

Jan : On l’a composé en acoustique et je trouve qu’en amplifiée elle perd de sa pureté et de sa simplicité. En règle générale on essaie de garder la version originelle des morceaux. Certains titres on les commence en version électrique et d’autre en acoustique. C’est rare qu’on les modifie par la suite. La version que l’on a conservée pour l’album et celle qui est la plus proche de notre démo de départ.

Enfin notre question rituelle : Beatles ou Rolling Stones ? Et pourquoi ?

Tous les deux : les Stones !

Jan : Les Stones représentent la musique rock. Les Beatles c’est de la pop. Les Beatles c’est pour les filles.



Artiste : Black Box Revelation
Album : Highway Cruiser
Label/Distribution : Universal Music
Date de sortie : 16/10/2015




Propos recueillis et photos de l'interview par : Nathalie Barbosa


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