Interview Arcania - "Dreams are Dead"

Par Finnlord | le 10/01/2015 | Les autres articles sur le Métal

Un album magnifique transmis avec rêves et passion. Mais pourquoi donc Dreams are Dead ? La réponse avec l’interview de Guillaume, bassiste du groupe.
Interview Arcania - "Dreams are Dead" Peux-tu te présenter, et nous dire quelle est ta place dans le groupe ?

Je suis Guillaume, le bassiste d’Arcania. Ma place ? Co-fondateur avec Cyril et Gabriel à l’époque, et actuellement je chapote un peu le groupe, ou du moins je suis un membre très actif de celui-ci.


Peux-tu nous faire un bref historique du groupe, en repréciser les fondements, éventuellement les changements de line-up, nous dire comment vous en êtes arrivés aujourd’hui à ce que vous êtes ?

Alors les changements de line-up, on va en passer pas mal car il y en a eu un sacré paquet, une dizaine environ, dont certains dont on n’est pas obligé de préciser… bref !
Le groupe a été créé en 1999, soit il y a 15 ans cette année. A la base, on était 3 potes d’enfance à écouter le même type de musique, et on a eu envie de faire comme ce que l’on voyait dans les vidéos de live que l’on matait à la télé ; alors on s’est dit « toi, tu vas faire tel instrument, toi tel autre » en fonction des préférences, et puis on a commencé à bosser ensemble. On a commencé par enregistrer deux démos… puis on a perdu notre batteur dans un accident. Cela nous a énormément marqué, mais nous avons décidé de continuer le groupe, et de se motiver pour lui, car tout autant que pour nous, pour lui, ce groupe était toute sa vie. On a donc retrouvé un batteur et enregistré un maxi en 2004 : on est descendu sur Bordeaux avec les mecs de Gorod pour enregistrer à l’époque. Puis on a alors fait pas mal de concerts et changé plusieurs fois de line-up à ce moment là. Ensuite, on a enregistré une pré-prod avant le premier album qui lui a été enregistré en 2009 et est sorti en 2010 ; d’ailleurs on a fait pas mal de live pour celui-ci.
Olivier, le nouveau batteur, a intégré le groupe en 2006/2007 pour être bien rodé pour l’enregistrement de ce premier album, Sweet angel dust. Nico Alberti a quant à lui intégré le groupe juste avant Sweet angel dust, mais a également intégré Gorod quelques mois plus tard, pour être dans les deux groupes en parallèle pendant quelques temps, environ six mois/un an. Mais Gorod prenant beaucoup trop d’ampleur, il a dû arrêter Arcania faute de temps pour les tournées.
Ensuite, pour la tournée de Sweet angel dust, nous avions tourné avec un groupe de Quimper qui s’appelait Pictured, dont les deux gratteux (frangins en plus !) étaient vraiment très bons. On a alors proposé à l’un d’eux d’intégrer le groupe, mais il a refusé faute de temps ; en revanche son frère gratteux/chanteur était lui intéressé et disponible. Il est donc venu en cession un petit moment, pour au final intégrer pleinement le groupe : c’est Nicolas, le gratteux soliste actuel.Voilà pour l’historique !
Sinon, nous avons enregistré Dreams are dead, le nouvel album, en 2013… qui sort ce mois-ci.


Raconte-nous un peu l’enregistrement de l’album.

Alors l’enregistrement de l’album, on l’a fait chez nous à Angers au Dome Studio, tout comme le premier, avec les frangins Potvin, David et Franck de Lyzanxia, One-way mirror, Phaze I…
Par rapport au premier album, on avait cette fois déjà des directives de ce que l’on voulait au niveau du son. En fait, avec l’expérience, on a énormément bossé entre les deux albums et on était cette fois capable de dire « on veut ça, ça on ne veut pas » et il a été capable de cibler exactement ce que l’on voulait. En tout cas ça s’est fait dans la joie et la très très bonne humeur ! Comme d’hab’ !!!


Et c’est là qu’on te demande s’il y a eu de l’humour potache pendant la semaine d’enregistrement…

Mais vous pouvez le demander ! Et je vais répondre oui. Beaucoup de litres de vins ont été descendus. Pour dire, pendant les cessions d’enregistrements de batterie, Olivier se foutait une race, dormait deux heures, et partait le lendemain matin VLAN ! ça a duré trois ou quatre jours, je ne sais plus. Mais super bonne expérience, très bien ; David c’est un mec qui est vachement pro, qui sait ce qu’il veut, et comme nous on savait aussi ce que l’on voulait, ça a été très vite.Et puis, se connaissant, c’est encore plus facile de déconner et de dire n’importe quoi.


Au niveau de ce nouvel album, Dreams are dead, la thématique générale tourne donc autour du rêve, de la mort… Peux-tu nous en dire un peu plus ?

C’est à peu près la même thématique que l’on avait utilisé pour "Sweet angel dust" : cet espèce de fossé, d’imagerie que tu as quand tu es enfant, qui est finalement complètement tronquée et changeante quand tu arrives à l’âge adulte. On parle donc de ces illusions qui tombent complètement à l’eau, en découvrant les choses de la vie petit à petit. J’imagine que la mort de Gaby n’y est pas pour rien. Après il y a peut-être aussi la désillusion du monde amateur musical : quand tu commences à passer certaines étapes, tu as tout le côté business qui rentre en compte que tu n’imaginais pas quand tu avais 15-16 ans, quand tu étais à des milliers de lieues de tout ça…


Justement la pochette de l’album est assez enfantine, poétique, cela rejoint cette idée ?

Oui, avec cette symbolique de la lune qui est le rêve, avec le Pierrot qui est dessus, essayant de l’attraper, mais qui n’arrive pas à l’atteindre sur cette immensité de cosmos et de voie lactée… Ce sont des choses que l’on voit, mais qui finalement ne sont pas palpables.


Qui est l’auteur de cette pochette, comment ça s’est fait ?

Comme pour la musique, on avait déjà une idée de base de là où on voulait aller pour le visuel. La pochette a été faite par deux personnes : la première partie par le frère de Cyril, qui a fait la lune et le personnage en peinture, et la seconde partie par Nico, notre nouveau guitariste soliste, qui est infographiste et a créé tout cet univers autour, de voie lactée et de cosmos.


Quant au dernier clip en date, des records de vues ont été battus par rapport à ce qui avait été fait avant ; comment vous avez fait avec ce « Rise and never fall » ?

Très bonne question ! On l’a mis en ligne via notre petite page en novembre quand on l’a tourné. Et puis on a ensuite contacté une page YouTube qui s’appelle MetalMonk, faisant la promotion de groupes et de clips qu’ils aiment… et c’est là que ça a complètement explosé… 69 000 ou 70 000 vues maintenant je ne sais pas…


Y a-t-il d’autres clips de prévus ?

Oui, on en a un autre en tête… mais ça ne se fera pas tout de suite, pour des questions financières. Peut-être pour la fin d’année, je ne sais pas !


Justement, question sur l’aspect scénique : qu’est-ce qui va changer sur scène avec ce nouvel album pour Arcania ?

Alors là on bosse avec une équipe : on a un lighteux avec nous, un ingé son qui ne nous suit pas tout le temps, mais on en a un dans tous les cas.
Sinon scéniquement, pas grand-chose ; on va jouer les nouveaux morceaux qui sont plus rapides, plus brutaux, plus mélodiques. Au niveau de l’ambiance, le côté light apporte beaucoup aussi. On voulait vraiment proposer un show global, un truc pro.


Donc ça tape plus… mais il y a plus de mélodie, tu as été cherché ça où ?!?!

Ah ah… t’as qu’à trouver tout seul !!! Non, quand les parties sont brutales, elles sont plus brutales qu’avant, elles sont largement plus techniques ; par contre, quand on a des parties plus ambiantes, elles le sont aussi carrément plus qu’avant. On essaie d’aller le plus loin possible, bien qu’il y ait encore des possibilités, mais voilà, on a essayé de bien pousser les choses.


Il y a donc pas mal d’instrumental ?

Oui, deux morceaux instrumentaux. Mais c’est marrant car on en a toujours fait depuis le départ, sur toutes les démos, partout, même sur Sweet angel dust. On souhaitait donc revenir un peu aux sources, puisque l’on a toujours bossé la musique en priorité. Le chant, c’est Cyril qui le ramène, et des fois on l’entend parfois juste simplement en studio au moment où il l’enregistre ; il l’a en tête, il sait ce qu’il veut faire, mais quand on répète, soit ça le fait chier, soit c’est pas les conditions idéales, donc voilà. La priorité c’est bosser la musique, la musique, la musique : la rigueur, la propreté, etc. Donc finalement, par habitude de travailler sans chant, on a toujours voulu mettre cette musique en avant, et ne pas se baser que sur le chant.


Est-ce que vous avez des références, des influences qui vous ont aiguillés ?

Bien sûr, on en a plein des références ; après le problème, c’est de trouver des références communes, des choses que l’on écoute tous. Car on écoute plein de trucs, et des trucs complètement différents, sur lesquels on n’est pas d’accord. Le noyau d’influences qui est commun c’est vraiment le vieux trash de Testament, à la Exodus, à la Metallica… ce vieux côté trash américain. Après pour le reste, chacun met sa patte et écoute plein de trucs complètements différents.


Une question sur les deux chansons Dreams end all days et Days end all dreams : c’est quoi ce jeu de mots ?

Un petit délire sur le fait qu’on a deux instrumentaux qui les encadrent, et on inverse les termes. Ça fait un jeu de mots sur deux courants musicaux qui sont comme « inversés ».


Et tes projets perso ? Qu’en est-il du projet cinéma/musique ? (Groupe : Food 4 Worms)

Strictement rien à voir avec du trash mélodique. C’est un projet plus dans le délire à la Necrophagia, du death black très très crade, et [pas essentiellement] mais quasi que basé sur les films d’horreur. Les fans de films d’horreurs vont donc être ravis, ça c’est clair et net.
C’est un projet avec KK le chanteur de Trepalium, qui officie guitare et chant, avec Luis le chanteur d’Hacride qui officie également à la guitare et au chant, et avec boîte à rythmes, pas besoin de plus. En un mot : ça envoie ! C’est crade, c’est malsain, ça pue le sang, la torture… ça pue réellement.


Vous vous êtes donc tous retrouvés autour de vos vieux films des années 1980/90 ?

Ah oui bien sûr ! Mais pas que… On est tout les trois des gros fans de films d’horreur et on arrive tous à choper des petites perles par-ci par-là. Quand on se voit, on se fait des week-ends de ouf avec pour mots d’ordre sky, musique et films d’horreur, peut-être dix ou quinze par week-end, que ça, que ça, que ça… et la musique s’en ressent donc réellement. Avis aux fans de films d’horreur ! Donc on a enregistré un album là, il va partir en mix, et on espère qu’il sortira pour la fin de l’année.


Pour les dates de tournée, il y a des choses qui se profilent ?

Pas mal de dates sont déjà tombées, d’autres restent à confirmer. Mais en « belles dates », on joue à un festival en Suisse, on a une date avec Dagoba à Nantes, et pour le reste, on va jouer dans nos points habituels, avec les assos qui nous font jouer depuis le départ, qui croient en nous, à Brest, à Lille, en Belgique… et pas mal d’autres qui sont en train de tomber.

Gojira et Dagoba, pour la sortie, c’est quand même déjà pas mal !
Oui c’est pas mal en effet je trouve ! Ça pourrait être pire !





Interview par Finnlord et Blackstage
Retranscription par Camille S.
En partenariat avec Throne of Thanatos

Photo
© P.Cremin - www.blackstage-photography.com
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