Indochine - "Putain de Stade"

Par Scred | le 28/01/2011 | Les autres articles sur le Rock

Putain de groupe
Comme elle est belle, l’histoire… C’est celle d’un retour en grâce en forme de raz de marée, un truc qui n’arrive jamais. Nous sommes en 2011 et trente ans après la naissance du groupe, Indochine nous assène l’album live que le rock français n’attendait plus, sans équivalent, j’ai beau chercher je trouve pas. L’objet s’appelle « Putain de Stade » comme une évidence, car on est en présence d’un putain de disque, enregistré par un putain de groupe.
Indochine - "Putain de Stade" Qui se souvient d’Indochine dans les années 90 ? Asphyxié par l’évolution des modes, ringardisé par l’arrivée conjuguée du rap, du grunge et de la techno, le groupe faisait l’objet d’une gentille curiosité de la part des nostalgiques des années 80 qui passaient « L’aventurier » en soirée aux côtés de Partenaire Particulier, commettant la même erreur d’analyse que les Inconnus avec leur « Isabelle a les yeux bleus ». Traduction, les mecs étaient morts et enterrés.

Sauf que voilà, Nicola Sirkis n’est pas le genre de gars à baisser les bras. Voilà un musicien qui aura attendu vingt ans de carrière pour être reconnu comme tel, pour passer du cliché du mec qui chante faux des paroles stupides à celui du rocker intègre qui remplit le Stade de France. Mais bon, soyons honnêtes, il n’y a que les journalistes pour être surpris car l’intéressé n’a jamais douté de son destin, pas même au fond du trou médiatique.

Qu’est-ce qui fait de « Putain de Stade » un album à part ? Le son, pour commencer. La foule de Bercy qui reprend en chœur un refrain sur n’importe quel enregistrement, c’est un murmure à côté de l’ampleur du son que l’on obtient au Stade de France lorsque le public se met à donner de la voix. Parfaitement restitué, il vous scotche au mur, vous transporte, peut même vous tirer des larmes.

Ensuite, il y a les chansons. En trente ans de carrière, Indochine a de quoi faire et en profite, se permettant de braquer le projecteur sur quelques titres obscurs datant de leur traversée du désert, manière de dire que hé, c’était pas si mal quand même (« Drugstar », « She night »). On trouve ensuite beaucoup de morceaux tirés de leurs trois derniers albums, notamment de « Paradize » qui a signé la résurrection du groupe (« J’ai demandé à la lune », « Marilyn », « Punker ») , des chansons résolument modernes qui explosent en live et qui justifient pleinement la seconde naissance d’Indochine.

Et puis il y a les classiques du groupe, revisités, réarrangés, sublimés à la fois par l’intensité du direct et par la qualité monstrueuse de l’interprétation. Prenez « Le baiser » par exemple, qui évoque l’« Heroin » du Velvet Underground avec sa guitare crue et métallique, ou encore « 3 nuits par semaine » qui récupère une ligne de basse infernale sans parler de « 3ème sexe » et « Tes yeux noirs » qui s’offrent une cure de jouvence en acoustique tout simplement bluffante.

Enfin, il y a Nicola Sirkis, sorte de Robert Smith croisé avec un Peter Pan sous ecstasy qui emballe l’affaire comme si il avait fait ça toute sa vie… Attendez, il A fait ça toute sa vie ! Présence de scène indéniable, énergie à revendre, charisme évident, et une voix étonnante pour un mec censé chanter mal, tout y est. Pas une baisse de régime pendant les trente titres que dure ce live d’anthologie, un pour chaque année d’existence d’Indochine, qui dit mieux ? Putain de groupe, ouais…
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