Incubus - "If not now, when?"

Par Scred | le 07/08/2011 | Les autres articles sur le Rock

Maintenant ou jamais
Bien malin qui pourrait définir le style musical d’un groupe comme Incubus… Après s’être fait connaître du grand public par des compositions hargneuses ayant justifié des participations aux bruyants festivals que sont le Ozzfest ou le Family Values Tour emmené à l’époque par Korn, le groupe n’a cessé d’explorer de nouvelles directions musicales au fil des albums, sans trop se préoccuper de l’accueil des fans, pour aboutir aujourd’hui à ce « If not now, when ? » assez déroutant.
Incubus - "If not now, when?" Déroutant mais loin d’être désagréable ! « If not now, when ? » choisit de nous prendre par les sentiments avec une collection de titres lents, harmonieux et romantiques, à commencer par le morceau titre qui nous emmène sur un rythme à la limite de l’électro dans une mélodie immédiatement accrocheuse, à la fois lyrique et héroïque. On pense à U2, Simple Minds, toute une tradition de pop rock un peu surannée qui, remise au goût du jour, fait du bien au oreilles sans qu’on y prenne garde.

C’est d’ailleurs l’une des caractéristiques de cet album, nous prendre par surprise, que ce soit en évoquant l’élégance d’un Elton John (!) sur « Promises, promises », la douce mélancolie de Coldplay sur « In the company of wolves » ou le classicisme d’une power pop typiquement américaine sur des titres comme « Isadore » ou « Adolescents », le premier single extrait de l’album.

Seul petit lâchage de rampe, « Switchblade » renoue le temps d’une chanson avec le funk métal pratiqué pendant une période par Incubus, tout en conservant la couleur organique du reste de l’album, une couleur superbement mise en valeur par le génial Brendan O’Brien, producteur infatigable de tout ce qui se fait de mieux dans le rock ces dernières années (AC/DC, Pearl Jam, Bruce Springsteen).

En conclusion, « If not now, when ? » ne correspond en rien à ce que l’on pouvait attendre d’un nouvel album d’Incubus, et c’est pour cette raison qu’il est si intéressant à découvrir, qu’il vous prend au dépourvu et vous donne ce petit goût de revenez-y qui fait la différence. En cela, la pochette de l’album est particulièrement bien trouvée, ce gamin en équilibre sur un fil au dessus du vide… Incubus prend en effet un énorme risque en choisissant d’offrir à son public un pareil disque, mais force est de constater que cela en valait la peine.
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