In Flames - "Sounds of a playground fading"

Par Scred | le 15/06/2011 | Les autres articles sur le Métal

Chaud Bouillant
Je ne sais pas s’il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark, par contre ce qui est sûr c’est qu’il y a quelque chose de brûlant dans celui de Suède ! Et pas un feu de broussaille… En effet, In Flames nous propose aujourd’hui pas moins que son dixième album en dix-sept ans de carrière, une belle preuve de longévité. Et pour fêter dignement cet anniversaire, les remuants scandinaves n’ont pas lésiné sur les décibels…
In Flames - "Sounds of a playground fading" L’affaire partait pourtant mal, puisque le groupe avait commencé l’enregistrement de ce « Sounds of a playground fading » privé de son guitariste historique et membre fondateur Jesper Strömblad, seul rescapé de la formation originale d’In Flames, provisoirement déclaré inapte pour raisons médicales, le bonhomme étant de son propre aveu un peu trop accro à la bouteille… Heureusement, si Strömblad est bien l’âme d’In Flames, le chanteur Anders Fridén en reste le cœur et c’est avec une rage intacte que le groupe s’est attelé à la tâche de sortir de leurs tripes un album digne de leur légende.

Et quel album ! « Sounds of a playground fading », malgré son titre funeste, marque à la fois un léger changement d’orientation musicale et un retour aux fondamentaux du groupe, un métal mélodique traversé d’influences plus heavy que death et pétri de riffs impitoyables, augmenté pour l’occasion de nombreux éléments électroniques du meilleur effet ainsi que d’une grande variété de styles vocaux, poursuivant en ce sens l’évolution entamée par le groupe dans les années 2000.

Dès le titre d’ouverture qui donne son nom à l’album, le ton est donné. Une intro à la basse envoûtante cède brutalement la place à une explosion de guitares afin de paver la route à la voix de Fridén, puissante, qui force le passage entre hardcore et death metal pour trouver une couleur intermédiaire, moins sombre, plus accessible. « Deliver Us », le premier single extrait de l’album, enfonce le clou avec un refrain accrocheur sans être pour autant calibré pour les passages radio… ou alors c’est que les radios ont bien changé, ce qui ne serait pas plus mal !

Tout l’album navigue dans ces eaux là, parfois heavy (« Fear is the weakness », « A New Dawn »), parfois franchement bourrin (« The Puzzle », « Enter Tragedy », « Darker Times »), souvent épique (« Where the dead ships dwell », « Ropes »), privilégiant toujours la subtilité à l’agression frontale, laissant même la porte ouverte à quelques accalmies assez surprenantes au milieu de ce torrent de décibels…

En effet, que dire de « The Attic », morceau rythmé par un battement de cœur solitaire et assourdissant, sur lequel viennent se poser des guitares aussi légères que mélancoliques, le tout sublimé par une voix torturée évoquant le Nine Inch Nails des grandes années ? Oui, que dire… Ben ça le fait, voilà tout ! Un peu plus que « Liberation » en tous cas, le titre carrément pop qui clôt l’album et qui aurait plus eu sa place sur un disque de Bon Jovi…

Mais enfin, sortie de son contexte, la chanson a quelque chose de sympathique qui ne gâche pas le reste de ce « Songs of a playground fading », et puis comme c’est la dernière de l’album, on peut toujours arrêter avant la fin ! Car pour le reste, tout l’album est une réussite incontestable alors ne faisons pas la fine bouche. Souhaitons donc un prompt rétablissement à Jesper Strömblad qui retrouvera son groupe fort d’un album de grande qualité à son retour, de quoi hâter sa remise sur pied n’en doutons pas !
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