Hinder - "All American Nightmare"

Par Scred | le 17/12/2010 | Les autres articles sur le Rock

Fin du cauchemar
Lorsque l’on regarde dans le petit dictionnaire du rock la signification du terme « dude rock », on ne peut pas s’empêcher de se marrer… En gros, il s’agit d’un rock n’ roll formaté pour plaire aux adolescents en manque de sensations fortes joué par des mecs se prenant pour des mauvais garçons, portant des fringues destinées à choquer le bourgeois et usant de textes outranciers en croyant que ça fait rebelle. Waouh, dur ! Les groupes phares de cette tendance « Spring break » du rock sont Nickelback et celui qui nous intéresse aujourd’hui, Hinder.
Hinder - "All American Nightmare" Vous vous demandez sûrement pourquoi je prends la peine de chroniquer cet « All American nightmare » après une pareille introduction ! Auteurs du pitoyable « Extreme Behaviour » il y a quelques années, un album considéré par la critique comme l’un des pires albums jamais enregistré, Hinder avait en effet toutes les qualités requises pour finir à la poubelle, et pourtant…

Pourtant, au risque de passer pour un blaireau, je dois avouer qu’après plusieurs écoutes je le trouve pas mal du tout ce « All American nightmare » ! Après tout, pourquoi encenser des groupes comme Guns n’ Roses et Mötley Crüe et cracher sur Hinder ? Ce n’est pas parce que les premiers ont failli y passer plusieurs fois pour cause d’excès divers que leur musique est de meilleure qualité ! Bon, elle l’est, mais ça n’a rien à voir avec leur attitude, soyons clair.

Une autre chose est claire, c’est l’influence majeure des gangs de Los Angeles cités précédemment sur le son de Hinder. L’album s’ouvre avec « 2 sides of me », un titre qui renifle les effluves de « Dr Feelgood » à des kilomètres, tout comme « All American nightmare » qui lui fait suite, délicieusement introduit par une guitare acoustique évoquant le générique de « Sons of Anarchy », ce qui n’est pas pour me déplaire. Et oui, on est dans le cliché, dans la série TV mais quelle importance à partir du moment où on tape du pied ?

La production est efficace et explose dans les enceintes, ça sonne comme il faut qu’il s’agisse de rock couillu (« Striptease ») ou des nombreuses ballades qui émaillent l’album, comme sur « What ya gonna do » par exemple, un titre au texte pas si stupide que cela sur les conséquence de l’addiction, ou encore « The Life » ou « Everybody’s wrong ». Les refrains sont bien accrocheurs comme il faut, les mélodies aussi digestes qu’une rasade de Coca-Cola frais en terrasse un jour d’été ensoleillé bref, on retrouve tous les ingrédients de ce rock édulcoré mais toujours agréable à l’oreille qio s’écoute toujours mieux que n’importe quel titre de R’N B (ça faisait longtemps que je l’avais pas replacée celle-là !).

La bonne surprise de l’album intervient au tout dernier moment avec « Put that record on », un morceau mid-tempo où Hinder rend un hommage naïf et charmant aux chansons qui ont bercé leur propre adolescence, de « Walk this Way » à « Back in Black » en passant par « The song remains the same ». C’est mignon tout plein, ça donne envie d’allumer un briquet et de pas se prendre la tête, ce qui est quand même la moindre des choses quand on prend du plaisir à écoute de la musique ! « All American nightmare » s’écoutera donc avec le même état d’esprit, sans y chercher le renouveau du rock américain mais juste un petit plaisir furtif et sans lendemain et c’est déjà pas mal…
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