Hellfest 2013 : Sortez vos déambulateurs, les vieux reviennent en force ;-)

Par Manu Le Barbu | le 25/07/2013 | Les autres articles sur le Métal

Tour d'horizon v.3
Def Leppard, Whitesnake, Kiss, Helloween, Saxon, Twisted Sister, Testament, Accept, Europe... L'affiche d'un Monsters of Rock de la fin des années 80 ? Raté, c'est l'affiche du Hellfest 2013 ! Et si on ajoute Kreator, Candlemass, Voivod, Krokus ou Attentat Rock, on peut conclure que les vieux reviennent en force. Mais est-ce vraiment dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe ?


Ce petit Hellfest 2013 a une saveur très 80's qui n'est pas pour me déplaire. Je suis aussi excité que pour mon premier concert :-)

Après un petit échauffement avec Tyr, des natifs des Iles Féroes qui évoluent dans un style que les 80 's n'ont pas connu, la séquence « revival » débute avec Saxon sur la mainstage 1 vendredi 21 à 15h00. C'est bien bon. Les anglais déroulent leurs classiques. Un bonnee petite Madeleine de Proust. Même si le gâteau n'est pas exceptionnel, les souvenirs provoquent du plaisir...

Et puis, Biff Byford sur scène, c'est toujours sympa. Il a visiblement un message à faire passer : les vieux pêtent la forme. D'ailleurs, il touche ostensiblement ses testicules comme pour montrer que les géants des 80's sont encore fertiles ;-)

Une petite heure plus tard, Europe, icône des radios des 80's, nous livre un excellent set, beaucoup plus Metal que leur style initial. Les vieux classiques ravissent la foule : Superstitious, Rock the Night et The Final Countdown repris par tout le public, y compris des petits métalleux en herbe qui n'ont pas du connaître le millénaire dernier... Europe, c'est « transgénérationnel ». Et surtout, Europe a évolué et distille ses standards FM avec des gros éclats de Metal dedans. Mieux vaut tard que jamais...

On enchaîne quasiment sans transition avec les Thrashers de Testament, une demi déception. Chuck et ses potes ont la pèche et font preuve de motivation, mais le son est moyen et les morceaux s’enchaînent sans grande émotion. Quelques vieux titres tentent de raviver la flamme sans succès. Sniff. Pour ce qui est du Thrash 80's, il va maintenant falloir s'en remettre à l'école Teutonne !

Petite news à la fin de Testament : les sets de Twisted Sister et Whitesnake sont intervertis, ça sent le problème...

Les New Yorkais de Twisted Sister arrivent sur scène à la place du Serpent Blanc avec un Dee Snider au top, vêtu d'un grand manteau blanc (hommage au Serpent?) vite abandonné. Il se donne à fond. Jay Jay French y va de sa blague douteuse “on m'a demandé si j'étais content de venir en France et j'ai répondu : je m'appelle Jay Jay French... Lol”. Bref... Ne jamais laisser un micro à un guitariste... Le combo est au top, avec des musiciens heureux d'être là, pas déçus de jouer plus tôt dans l'après midi et chaleureusement remerciés par le public pour leur excellente prestation. Les classiques se succédent jusqu'à un “It's Only Rock 'n' Roll (But I Like It)” sur lequel Dee Snider fait chanter le public jusqu'à satiété. Un grand moment de ce vendredi.

On pardonne tout à Dee Snider. On lui pardonnera donc ce mauvais mot à un public qu'il juge un peu mou : “Vous êtes des handicapés ou quoi ?”. Avec une tribune de Personnes à Mobilité Réduite en chaise roulante devant lui, c'est moyen :-(

Après Twisted Sisters, on enchaine sans transition sur du Thrash 80's école Allemand avec Kreator. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça déboîte fort. Si le groupe fait la part belle aux titres récents, les medleys de vieux morceaux sont particulièrement savoureux. « Mille » Mercis !

Après Kreator et le sandwich de rigueur, Whitesnake débarque sur la Mainstage 1 et on sent vite que ça va pas déchirer grâve, comme disent les djeuns... David Coverdale est visiblement moyennement heureux d'être là et le fait savoir. Au final, un set creux, marqué par plusieurs exercices solos, bien exécutés mais plus à réserver pour un concert en salle de 2 heures... A moins qu'ils ne soient destinés à épargner la voix de la Diva Coverdale. Pas d'excuse de sono, de météo ou de public. Whitesnake, c'est la déception du jour. Enfin, tout le monde s'en doutait.

Pour faire passer la pilule, voici venir le Happy Metal des Teutons d'Helloween, qui livrent un show bien supérieur à celui de l'Olympia. La voix d'Andi Deris est nettement plus aiguisée qu'à Paris et les allemands sont heureux d'être là. Marcus Grosskopf se livre à son exercice favori de récupération de médiator avec la bouche (et il est bon le bougre !), Andi sort quelques bonnes blagues. Un set très bien exécuté et conclu par les grands classiques : Dr Stein et I want out, repris par un public aux anges.

Dommage qu'ils n'aient pas invité leur ancien chanteur Michael Kiske, présent ce soir-là à Clisson pour une apparition plus tard dans la soirée, à monter sur scène avec eux, par exemple, pour un petit I Want Out en famille...

Vient alors la tête d'affiche : Def Leppard... Les anglais ne sont pas venus en France depuis 17 ans. Pour ceux qui ne le savaient pas en arrivant au concert, la seule excuse de ne pas le savoir à la sortie, c'est de ne pas savoir compter jusqu'à 17 en anglais... Même au rappel, Joe Elliott commence par « ça fait 17 ans qu'on n'est pas venu, faut bien qu'on fasse un rappel ». On a connu meilleure motivation...

Les anglais délivrent leur show. Propre et carré mais avec un manque d'émotion. Le set dure longtemps, longtemps, longtemps. A tel point que Tobias Sammett qui joue après dira : “Je suis le plus grand fan de Def Leppard mais ils jouent trop longtemps !”. Le groupe égraine 21 morceaux. Les fans en ont quantitativement pour leur argent mais ce show reste plat. On est loin de l'entrain et de la bonne humeur d'un Dee Snider, d'un Wolf Hoffmann ou d'un Andi Deris.

Néanmoins, le groupe joue la plupart de ses grands classiques et le public semble en avoir pour son argent. Pour ma part, j'ai enfin vu Def Leppard, mais j'ai plus l'impression de cocher une liste de courses, façon “ça, c'est fait”, que d'avoir éprouvé un réel plaisir à voir sur scène un des groupes préférés de mon adolescence...

Bouquet final de ce vendredi, un set a priori pas très 80's, quoique... Voici Tobias Sammett's Avantasia (c'est le nom officiel), qui nous sert un concert de plus d'une heure et demi initialement annoncé pour une heure pile. L'ami Tobias a du se faire souffler dans les bronche par les organisateurs mais conserver une foule dense à près de 3h00 du matin sous une pluie intermittente est une belle réussite qui traduit la qualité du show.

Au passage, Tobias, comme pour confirmer qu'il est bien le King of Fools, a taillé un short à quelques groupes, comme il en a le secret. Un peu comme il avait shooté Axl l'année dernière, il a singé Paul Stanley « Youuuuu knoooow whaat's comiiing next ? Detroit Rock City !  Ok, just kidding.». Il a expliqué que ZZ Top n'avait rien à faire là et critiqué gentiment la durée du set de Def Leppard alors qu'il a lui-même exploser tous les timings de l'organisation. Mais il s'est montré plein de respects pour ses pairs.

En effet, le « Roi des Bouffons » avait réuni quelques légendes en guest stars, à commencer par le grand Michael Kiske (Unisonic, ex-Helloween), toujours aussi excellent et toujours aussi facétieux. Vivement une nouvelle visite du divin chauve dans nos contrées.

Autre invité de Tobias : Paul Christensen aka Ronnie Atkins, chanteur de Pretty Maids, groupe incontournable pour les fans de heavy nordique classique estampillé 80's. Pour compléter la Dream Team, l'américain Eric Martins (Mr. Big et impliqué sur de nombreux projets) et l'anglais Bob Catley (Magnum).

Un petit regret : que Biff Byford, présent avec Saxon dans l'après midi n'ait pas rejoint Avantasia. Dommage car il a collaboré à 3 titres du dernier album et sa présence aurait encore magnifié ce final grandiose.

Le set varié de cette Dream Team, qui comptait également Amanda Somerville et Miro Rodenberg dans ses rangs, nous agratifié d'une petite quinzaine de titres tous plus mélodiques les uns que les autres et, bien sur, faisant la part belle aux superbes voix présentes sur scène. Un grand moment !

Bref, Avantasia a largement contribué à ma journée « Revival 80's ». Faire monter 4 pointures des années 80 sur scène mérite un grand merci. Danke sehr Tobias ;-)


Après la claque Avantasia, on se retrouve le lendemain pour Accept. Et oui, j'ai fait l'impasse sur Krokus et Attentat Rock. Les vieux, ça dort ;-)

Le set d'Accept est excellent. Le groupe déroule ses classiques (Princess of the Dawn, Restless and Wild, Metal Heart, Balls to the Wall, Fast as a Shark...) tout en ajoutant des titres récents comme Teutonic Terror, Stalingrad, Hung, Drawn and Quartered ou Pandemic. Un bon mariage de l'ancien et du moderne. Mark Tornillo est à son avantage avec un style pas très éloigné d'Udo tout en gardant sa personnalité propre. Le reste du groupe est au top. Wolf Hoffmann est excellent et toujours aussi expressif, ce type semble avoir plaisir à jouer et son plaisir est communicatif. C'est aussi le cas de Stefan Schwarzmann, batteur-monument du Metal germanique qui fait aujourd'hui les beaux jours d'Accept.

Cerise sur le gateau, une petite visite de Phil Anselmo, qui headbangait en backstage à se déboiter la nuque, pour un Fast as a Shark qui cloture parfaitement le set des allemands. Un grand set et puis, jouer Balls to the Wall (chanson sur l'esclavage) à Nantes (capitale du commerce triangulaire), chapeau bas ; -)


Après Accept, petit break et cruel dilemme : Kiss ou Candlemass. Les pionniers du Doom sont mon groupe fétiche depuis Solitude, j'opte donc pour le minimalisme suédois et non la grandiloquence ricaine...

Hélas, Candlemass est bien décevant. Mats Leven, le globe-trotter du Metal suédois, est clairement un ton en dessous du « Moine » Messiah Marcolin ou de Robert Lowe. Il fait de son mieux mais il manque quelque chose. Le « Solitude » final est une grosse déception. Un concert bien en deça de celui donné au Hellfest 2010.

Et pour finir mon samedi soir, un petit peu de Death école Floridienne ne fera pas de mal. Je m'oriente donc vers l'Autel pour assister au set de Morbid Angel. Malgré la fatigue, Dieu que c'est bon. Le set fait la part belle aux titres des premiers albums, notamment Altars of Madness (4 titres sur 12). Heureux, je vais me coucher:-)


Et vient ensuite le dimanche. Repas diététique pour moi avec seulement 3 groupes à me mettre sous la dent : Newsted, Voivod et Napalm Death. Ca commence avec Jason et son groupe. Sympa, pas mythique mais je suis content d'avoir revu le bassiste qui officiait sur 2 de mes albums préférés de Metallica. Rien de plus...

On passe à Voivod. Les Québécois assurent et distillent des vieux titres qu'on aime. Hormis quelques titres du derniers album, tout le reste est estampillé « Pur Années 80 ». Cerise sur le gateau, la visite de l'omniprésent Phil Anselmo pour Astronomy Domine (reprise de Pink Floyd). Et pour finir, le classique de 1984 : Voivod, avec en guest Jason N. qui fut pendant 7 ans le bassiste de Voivod. Un bon set avec des morceaux de bonne humeur dedans:-)

Avant Napalm Death, petit avant goût. Assistant nonchalamment au concert de Volbeat, pas ma tasse de thé, mais pas désagréable, je vois monter sur scène au bout de 4 titres, un certain Mark "Barney" Greenway, ci-devant chanteur/brailleur de Napalm Death, pour un titre. Ce passage ravive très temporairement mon intérêt pour les danois...

Malheureusement pour les anglais (et cette chronique), avant de me rendre à la scène Altar pour voir Napalm, je croise la route de Ghost et je reste scotché. C'est pas 80's mais c'est parfait pour la fin du fest à pépé. On se fait vieux et un peu de Metal aux accents très « poppy » avec des refrains que les radios des années 80 auraient passés en boucle, c'est bien agréable pour finir 3 jours de Marathon. Au revoir Clisson et à l'année prochaine !


En résumé :

C'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe : Accept, Kreator, Voivod, Twisted Sister, Helloween, Saxon, Europe, Kiss, Mobid Angel.


A revoir dans de meilleures conditions : Testament.


Bons pour la Maison de Retraite : Whitesnake, Candlemass et Def Leppard (pour leur côté « blazé / rien à foutre ».


Mention Spéciale : Kreator, Accept, Helloween, Avantasia... Comme on dit chez nous, dans le Teuton, tout est bon !


Photos
© C.Alles - https://www.facebook.com/harknoia
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