Hellfest 2012 : la conférence de presse - 29/03/12

Par Scred | le 03/04/2012 | Les autres articles sur le Métal

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Le printemps est de retour, les oiseaux chantent, le pollen fait des ravages et comme chaque année, les métalleux de tous poils astiquent leurs clous et lustrent leurs cuirs en prévision du Hellfest qui s’approche irrésistiblement, perspective autrement plus enthousiasmante que les érections pestilentielles il faut bien l’avouer… Coup d’envoi des festivités le 15 juin prochain et en attendant, Ben Barbaud, entouré de ses plus fidèles lieutenants, avait réuni au Gibus la crème de la presse spécialisée pour faire le point. Nous y étions.
Hellfest 2012 : la conférence de presse - 29/03/12 Après un préambule succinct en forme de présentation générale (nouveau site, nouvelle organisation pour accueillir un public 30% plus nombreux que lors des précédentes éditions), nous rentrons dans le vif du sujet avec les premières questions des journalistes portant, timidité oblige, sur l’aspect pratique du festival. On apprend avec soulagement (c’est le cas de le dire) que les lieux d’aisance et les douches du camping connaitront une nette amélioration, ceci grâce aux nouvelles subventions dont a bénéficié le festival.

La nouvelle peut paraître triviale mais elle en dit long sur l’implantation du Hellfest dans les mentalités… Clisson aime son festival et entend lui faciliter la vie, et celle des festivaliers par la même occasion. De là où je me trouve, j’appelle ça une belle victoire sur les obscurantistes divers et variés qui n’avaient pas ménagé leurs cercles d’influence pour tenter de mettre un frein à l’événement ! Elle est belle non ?

Ceci posé, parlons un peu musique car c’est bien de cela qu’il s’agit avant tout. Ben Barbaud persiste et signe sans le moindre signe d’animosité envers la concurrence, le Hellfest est un festival organisé par des fans pour des fans et non un événement mis en place par des producteurs pour des clients… Différence subtile brandie comme un étendard sans le moindre jugement de valeur et qui sert de ligne éditoriale au Hellfest depuis le début.

Si le festival compte 170 groupes à l’affiche répartis sur six scènes, ce n’est pas pour compartimenter les amateurs de telle ou telle musique mais bien pour que chacun puisse avoir une lecture claire de l’affiche. Après, si les fans de Lynyrd Skynyrd et de Blue Oyster Cult ont envie d’aller s’encanailler sous la tente dédiée au Black Metal, ce sera tant mieux ! A propos de tentes, les anciennes Rock Hard et Terrorizer resteront en place sous d’autres noms, alors que les deux nouvelles scènes qui rejoignent la famille cette année seront disposées dans une nouvelle tente afin de proposer des concerts en alternance.

Concernant la programmation, si l’organisation est bien consciente des risques de retard dus à la présence de Guns n’ Roses en tête d’affiche le samedi soir, ils ne semblent pas plus inquiets que cela ! Vu l’heure tardive du concert, les dégâts devraient être limités… En ce qui concerne l’annulation de Black Sabbath et son remplacement par Ozzy & Friends, le débat a semble-t-il été cornélien pour les programmateurs, ceux-ci voulant à tout prix éviter une redite par rapport à l’édition 2011 mais puisque le Prince des Ténèbres se propose d’offrir au public un show calqué sur celui qu’aurait dû assurer Black Sabbath, point d’inquiétude.

Arrive la question fatidique des « grosses » têtes d’affiche, les Van Halen, Metallica, AC/DC et autres Iron Maiden… Fidèle à sa philosophie, Ben Barbaud exclue d’emblée la présence de Metallica ou AC/DC pour des raisons de budget, mais laisse la porte ouverte à la Vierge de Fer et à Van Halen en nous confiant que l’augmentation de la capacité d’accueil du Hellfest aura une incidence directe sur sa programmation future. Plus de gens, plus de moyens, plus de monstres sacrés à l’affiche, question de logique ! Ceci sans annihiler l’aspect convivial et presque familial du Hellfest qui comptera toujours deux fois moins de spectateurs que les Sonisphères et autres Wacken.

Pour terminer, balayant d’une main la polémique naissante sur l’affiche considérée par certains comme légèrement fascisante (il faut vraiment avoir l’esprit mal tourné), et nous expliquant qu’un effort sera fait autour du merchandising qui comptera deux points de vente au lieu d’un seul, l’équipe nous touche un mot de la compilation « Hellfest 2012 » parue chez Sony cette semaine, regroupant 34 titres d’artistes aussi variés que Megadeth, Dimmu Borgir, Amon Amarth ou encore Koritni…

Réalisé à l’initiative de la maison de disque, cet album présente beaucoup d’avantages, dont celui de présenter un tour d’horizon assez exhaustif de ce qui attend le festivalier mais aussi d’offrir à l’acheteur un patch du festival pour ajouter à sa collection et, s’il a beaucoup de chance, un « ticket d’or » pour passer trois jours aux frais de la princesse au cœur du festival ! Riche idée s’il en est.

Au final, c’est avec le sourire que l’on sort de cette conférence de presse, presque fiers de faire partie de l’entourage d’un festival qui, malgré son évolution inévitable vers un barnum du métal au détriment de l’aspect plus intimiste qui le caractérisait à l’origine, reste un événement à taille humaine qui continue à offrir du bonheur à ses participants comme, et c’est beaucoup plus rare, à ses organisateurs. Et c’est peut-être là le secret de son succès.
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