« Hard Times » par Pierre Terrasson et Jean-Pierre Sabouret

Par Scred | le 25/01/2010 | Les autres articles sur le Hard Rock

Les temps sont durs
Il est enfin arrivé le livre référence sur notre musique favorite, celle qui sent le fauve et qui laisse des cheveux dans le lavabo !
« Hard Times » par Pierre Terrasson et Jean-Pierre Sabouret Moins froid et désincarné que le « Hard Rock » signé par Christian Eudeline il y a quelques années, « Hard Times » transpire la nostalgie et la passion des auteurs pour leur sujet. Détail charmant, la mise en page du livre se veut volontairement datée et rappelle à la surface des souvenirs de magazines cultes aujourd’hui disparus (Hard Rock Mag, Hard Force...) ainsi que certains de nos cahiers de textes pour ceux qui étaient au lycée dans les années 80, recouverts qu’ils étaient d’un patchwork de photos découpées maladroitement dans ces mêmes magazines...

On retrouve d’ailleurs certaines de ces photos dans le livre (James Hetfield et son Explorer noire « Fuk’em Up », Steve Harris en fuseau rouge et blanc, Jeff Hanneman et le crucifix à l’envers, Slash sur scène, etc.) ainsi qu’une pléiade de passes backstage, de badges et autres objets du cult(e) éparpillés avec jubilation autour des photos de Pierre Terrasson et des textes de Jean-Pierre Sabouret. Les deux gaillards n’en sont d’ailleurs pas à leur coup d’essai... On ne présente plus Pierre Terrasson, immense photographe devant l’éternel ( et pas forcément celui qui trône au plus haut des cieux) et auteur du sublime « Backstage » il y a peu, ni Jean-Pierre Sabouret, auteur entre autres de « We are (all) Motörhead », une biographie augmentée d’une anthologie d’interviews de la bande à Lemmy Kilmister.

Et lorsque ces deux enfants des sixties mettent leur amour de la musique de la Bête sur la table, cela donne une collection de biographies très ciblées, bourrées d’anecdotes personnelles et enrichies par des interviews sélectionnées avec soin pour la qualité de leur contenu... Ici, point de David Lee Roth dissertant sur la meilleure manière de réussir sa permanente à la sauce Spinal Tap. Au programme, trois époques, l’ère primaire (Led Zeppelin, Alice Cooper, Aerosmith, AC/DC), résurrection et mondialisation (Motörhead, Iron Maiden, Mötley Crüe, Metallica et Slayer) et enfin domination et déclin (Guns n’ Roses), le tout agrémenté de sujets sur les guitar heroes (Joe Satriani, Steve Vai, Steeve Lukather), les femmes dans le heavy et le fameux satanisme rampant qui enveloppe de souffre le hard rock depuis les premiers symboles occultes relevés chez Led Zeppelin.

La seule critique que l’on pourrait formuler contre ce livre au demeurant excellent, c’est son sous-titre, « L’âge d’or du Hard-Rock, 1968 – 1993) », comme si cette musique appartenait déjà plus au passé qu’au présent... Une opinion malicieusement démentie par Steve Harris, le bassiste d’Iron Maiden dans son interview en page 131, « ... même quand nous étions censés être au bout du rouleau, ne plus avoir rien à dire, nos tournées étaient sold out ». Car ne l’oublions pas, quels sont les concerts dont les places partent le plus vite de nos jours ? J’en ai deux qui me viennent à l’esprit, AC/DC (Bercy complet en un quart d’heure) et Metallica (deux Bercy complets en une demi-heure). Quant à la production discographique, les anciens sont toujours verts à l’image du « Death Magnetic » des mêmes Metallica, du « MotöriZer » de Motörhead ou du « A matter of life and death » d’Iron Maiden, derniers albums en date de quelques uns des titans du Hard Rock qui comptent parmi les meilleurs de leur discographie. Et la relève est assurée avec des groupes comme Airbourne ou The Answer, tandis que ceux entre deux âges (Korn, Pearl Jam, Machine Head, Fear Factory) sont loins d’avoir tout dit... Méditons donc ces paroles signées Adrian Smith (Iron Maiden) : « Don’t waste your time always searching for those wasted years (...) and realize you’re living in the golden years ».
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