Halford - "Made of Metal"

Par Scred | le 06/01/2011 | Les autres articles sur le Métal

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C’est Pâques avant l’heure ! Après un album composé de chants de Noël l’an passé, le Metal God nous revient avec un disque bruyamment anachronique malheureusement affublé d’une pochette hideuse digne d’un mauvais jeu vidéo de courses qui risque de le priver d’une partie de son public potentiel… Non mais à quoi pensait-il l’ami Rob lorsqu’il a validé cette horreur ? En même temps, le gentleman du heavy metal britannique n’en est pas à une kitscherie près…
Halford - "Made of Metal" C’est vrai quoi, qui oserait encore en 2011 porter le cuir clouté comme il le fait ? Les voies du saigneur sont décidément impénétrables, ce qui n’est pas le cas de sa musique en revanche. En effet, « Made of Metal » ravira les fans historiques de Judas Priest qui attendent de Rob Halford ce qu’il fait de mieux depuis toujours, un heavy metal speedé sur lequel le temps n’a pas de prise, au point que l’on peut se demander si le chanteur ne gardait pas certains de ces titres sous le coude depuis la fin des années 80.

A peine le contact mis, le bolide démarre en mode burnout avec un « Undisputed » salvateur destiné à affoler les radars… Tout y est ! Riff assassin joué pied au plancher, vocaux héroïques et solo flirtant avec la sortie de route, on retrouve immédiatement nos marques ! Même punition sur « Fire and Ice » ou « Speed of Sound » dont les titres décrivent parfaitement leur contenu, le God of Metal est de retour du futur et il n’a rien perdu de sa vivacité !

Cependant, nous sommes en présence d’un album d’Halford et non de Judas Priest et du coup, Rob Halford se permet quelques écarts de conduite avec des morceaux comme « Till the day I die » au tempo plus lent et aux accents celtiques aussi étonnants qu’envoûtants, ou encore « We own the Night » qui s’éloigne du speed metal pour venir taquiner un heavy mélodique plus proche de celui d’Ozzy Osbourne. Halford s’autorise même une power ballad, certes anecdotique (« Twenty Five Years ») mais qui vaut le coup d’oreille grâce à la voix magique du chanteur

De la variété donc (au sens varié du terme bien entendu), sans jamais perdre de vue l’aiguille sur le compteur (« Heartless », « Hell Razor », l’excellent « Matador ») pour finir sa course avec une arrivée apocalyptique sur « The Mower », un titre d’une violence rare où Rob Halford nous sort le grand jeu avec des parties vocales frisant l’indécence, le tout servi sur une cavalcade de guitares en fusion soutenues par une batterie martiale ! Ouf…

Ne vous laissez donc pas impressionner par la pochette même si, après coup, on peut penser qu’elle reflète assez bien l’esprit de cet album, une musique d’un autre temps où les critères esthétiques étaient différents et où le ridicule ne tuait pas autant qu’aujourd’hui… Réjouissons-nous plutôt mes frères car le Metal God est redescendu parmi nous pour dispenser sa bonne parole avant de reprendre la route avec Judas Priest pour une tournée d’adieu qui sera, n’en doutons pas, chargée d‘émotion… On y sera ! Et vous?
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