Halestorm - Trianon - 13/02/2016

Par GnoK | le 20/02/2016 | Les autres articles sur le Hard Rock

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Ce soir changeons du sempiternel cliché du Rock n'Roll : ambiances suintantes et yeux que pique la sueur acide. Le public du Trianon est majoritairement jeune, à l’image propre des groupes du soir: WILSON et HALESTORM. J’exagère un peu mais c’est quasi une ambiance Fashion week alternatif : jeunes femmes aux cheveux teintés à la manière d’un nuancier Pantone dégoulinant, t-shirts et pantalons slim, hectares de tatouages, quintaux de piercings, des lunettes trendy, des bataillons de Doc Martens, un florilège de noms de groupe plus bigaré qu’une muraille de marques dans un rayon de supermarché. Mes pensées sont interrompues quand j’entends une jeunette lâcher avec un mélange de fierté et de rébellion : «J’ai 19 ans». Mais bon sang tu sors à peine d’un casting jail bait, un vivier pour pervers à la Alice Cooper. Où sont passés les gros porcs burnés ?



WILSON OF A BITCH
Une belle ovation accueille WILSON et leur dégaine de Hipster Metal. C’est ça l’évolution du Stoner ? Barbe taillée, check. Tatouages, check. Corps musclés engoncés dans des T-shirt moulants, check, gendre idéal, check. Putain de merde, j ai du mal à différencier les fans et le groupe. La démocratisation et la dédiabolisation soit. Mais là le loup est sorti du bois et on lui a foutu une laisse.
Mais l’habit ne fait pas le moine. Ca pulse comme du rock qui tâche plutôt que du métal qui bourrine. Je me rends compte que ce n’est pas le rock qui a changé mais plutôt moi qui suis resté figé 20 ans en arrière. Ce groupe de trentenaires a pour lui la fougue et l’entrain de la jeunesse, leur passion communicative électrise le public sautillant qui réagit à chaque injonction du chanteur pendant le morceau « Crave ». Et leur petite dédicace aux Parisiens rapport aux tristes évènements de novembre finit de les séduire.
Les riffs deviennent plus puissants et nerveux, ca commence à ressembler à quelque chose qui me remue les tripes. Le registre est varié, les codes de la scène sont maîtrisés. Leur identité est déjà bien trempée. Je ne vais pas changer mes habitudes de vieux métalleux mais je passerais moins pour un vieux réac au prochain blind test.



INTO THE STORM
Les formations comme HALESTORM avec un lead vocal féminin sont assez peu communes pour que je m’attarde plus dessus. D’ailleurs la plupart de mes reports les plus enthousiastes les concernent. Attention je ne pense pas que la présence d’une femme fasse forcément un bon groupe, mais cela apporte un plus produit indéniable : le sex-appeal. Pardon mon coach féministe me dit dans mon oreillette que je devrais en fait utiliser le terme « sensibilité ».
Malgré la relative jeunesse et du groupe et de ses membres, un parterre de fan nombreux s’est réuni pour ce concert. Les clameurs du public le confirment quand Lzzy monte sur scène. L’ambiance est décontractée, les jeux de lumière apportant une atmosphère cosy. Toute en sobriété, une frange sur le front, et plein d’autres sur la veste, elle entame le concert avec une intro toute en douceur. Le public est déjà acquis à la cause mais on le sent hypnotisé. Je me demande si on va rester sur ce genre d’ambiance, et VLAN dans les tympans, surgit une montée d’adrénaline. On change de rythme avec le titre « Love Bites », ça accélère, ça bourrine. Lzzy dans toute sa splendeur s’approprie enfin la scène. Encore un changement d’ambiance, on joue au chaud et froid. Et en parlant de chaud « I am the fire » est représentatif de ce mix de douceur suave et de puissance brute.



GOSP-HELL ANGEL
Cette voix féminine n’est pas un handicap, bien au contraire. Malgré son gabarit, sa voix est riche et puissante. Un peu cassée mais ici bas on aime bien les déglingués. Oscillant entre Janis Joplin et Joan Jet. Je vous laisse imaginer l’effet que produit chacune de ses interventions. En qualifiant le public de « Most awesome Rock’n Roll crowd in the world », elle déclenche des cris d’exultation et fierté. Alors je ne vous raconte pas l’effet produit quand elle dédit à Paris la cover de « I Love You All the Time » des Eagles of Death Metal. Le jeu de lumière Bleu-Blanc-Rouge ajoute un peu côté facho patriotique qui fait chaud au coeur
Mes réflexions sont perturbées par une femme d'âge mûr qui hésite pour passer devant moi prendre une photo, je l’y invite et lui conseille fermement ne pas prendre ses photos en mode portrait. BORDEL c'est si compliqué de comprendre que le paysage est plus adapté pour une photo de la scène? Mes conseils sur l'orientation portent leur fruits, ma padawan filme en mode paysage. J'ai sauvé une âme et les rétines de quelques cadreurs.
Encore un changement de rythme avec « Mayhem », les riffs s'alourdissent. L’enthousiasme est pourtant palpable pendant le solo de batterie, le public remue mais ne pogote pas. On ne lui demande quand même pas du circle pit ou des slams dignes de la WWF. Mes pensées se font interrompre par une jeunette qui s’extirpe du public, se précipite au bar et y pose violemment deux gobelets en plastique avant de s'engouffrer dans la salle et se replonger dans le tas de chair palpitant du public.
Un mec complètement bourré se fait exfiltrer du public par la sécurité. On s approche enfin d’une ambiance métal grand foutoir. Pour rester dignement debout, tel un pole-danceur du dimanche, il s’agrippe fermement à une rambarde, son corps serpentin ondulant au gré de son alcoolémie. Son acolyte négocie en vain un autre verre, se voit poliment refuser et demande (sans succès) à une amie de prendre des verres à sa place. Nous nous rendons compte qu’il est polonais : à l’Est rien de nouveau !
Contrastant avec ce petit moment de grand n'importe quoi, l'ambiance dans la salle est chargée d’émotion toute palpable. On oscille entre l’Aerosmooth et le Bon Jovial. Et c’est là que réside tout le problème, je ne sais pas trop sur quel pied danser. Le groupe a un énorme potentiel, il faut juste qu’il trouve une vraie identité forte. Mais je peux toutefois déjà répondre au « Merci beaucoup je t’aime Paris » de la chanteuse un « Merci beaucoup je t’aime Lzzy ».



Photos
© P.Cremin - Blackstage Photography

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