H.E.A.T - "Address The Nation"

Par Scred | le 24/04/2012 | Les autres articles sur le Rock

Hair Conditionné
Attention, découverte ! La Suède n’est pas que le pays du Black Metal, des groupes extrêmes et du Death mélodique d’Opeth, que nenni ! Ce beau pays a également offert au monde une bonne raison d’aller chez le coiffeur avec les légendaires Europe (que nous retrouverons peut-être très bientôt dans ces pages), comme quoi… Issus en droite ligne du mouvement Hard FM initié par Joey Tempest et ses collègues, voici venir H.E.A.T, meilleur remède possible contre les températures polaires qui sévissent du côté de Stockholm !
H.E.A.T - "Address The Nation" Parfaitement anachronique, « Address The Nation » est le troisième album en date de H.E.A.T, après « H.E.A.T » (2008) et « Freedom Rock » (2010), et nous propose un voyage dans le temps vers les années 80, glorieuse décennie où l’on avait pas froid aux yeux quand il s’agissait de se regarder dans la glace avant de monter sur scène…

Il ne faut surtout pas s’arrêter à la pochette proprement hideuse de l’album. Logo moche, musiciens posant comme un groupe de rap sans parler des deux chiens (?) avachis sans que l’on sache trop pourquoi, il est vrai que ça donne pas trop envie. Et pourtant…

« Breaking The Silence », le morceau d’ouverture au titre prometteur nous met dans l’ambiance sans passer par la case départ… Chœurs fédérateurs, guitares furieusement glam, voix haut perchée et lyrics remplis de « Yeah Yeah », on est sur du solide, du FM comme on n’en fait (malheureusement) plus. On pense à Bon Jovi, Cinderella, Def Leppard, du rock avec édulcorants certes mais cela n’a jamais été une insulte à part dans la bouche des ayatollahs de service…

Il suffit d’écouter « Living On The Run » et son intro au synthétiseur ou le saxophone (si !) de « In And Out Of trouble » que l’on pourrait croire tiré du score de Top Gun (ou de Flashdance, c’est selon) pour évoquer cette période bénie où les radios ne nous cassaient pas encore les noix avec de la Dance Music au kilomètre et où les chevelus de tous poils (pléonasme) se donnaient des airs de dangereux criminels pour nous chanter qu’elle (ou il) est parti et que, bon, c’est triste quoi !

Je peux comprendre que ce genre de musique puisse rebuter les amateurs de violence débridée et de décibels à outrance mais enfin, cela reste du rock n’ roll avec solos à rallonge et saturation à tous les étages ! En parlant de solo, mordez un peu celui de « The One And Only », pure ballade hard dans la grande tradition du genre, un genre qui se perd et c’est plus que dommage.

Et puis tout n’est pas cheezy dans l’univers de H.E.A.T, prenez « Heartbreaker », dixième du nom au moins, ou encore le bluesy « It’s All About Tonight », ça groove tout de même pas mal ! Il est vrai que j’ai une tendresse particulière pour cette musique souvent décriée à cause de son aspect « commercial » mais bordel, à part quelques intégristes qui refusent de vendre leur musique (et donc de la partager, soyons clairs), enfermés dans leur cave obscure dans l’attente du jour béni où on leur coupera l’électricité histoire d’être « true » jusqu’au bout, tout le monde veut vendre des disques !

Au final, H.E.A.T cartonnera sans doute sur leur terre natale et au Japon sans rencontrer un écho particulier par chez nous mais tant pis, rien que de savoir qu’on est encore capable de produire des albums de ce calibre près de trente ans après « The Final Countdown » suffit à me redonner le moral. Yeah yeah !
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