Green Day - "Uno !"

Par Scred | le 28/09/2012 | Les autres articles sur le Rock

Back to the (Sassafras) Roots
Entre créativité débordante et folie des grandeurs, Green Day vient de se lancer dans un projet que nous qualifierons de gonflé… Un triple album, pensez donc ! Quand on pratique un rock progressif où chaque chanson frise les dix minutes, ça peut se comprendre, mais quand on est le groupe référence en matière de punk californien, une musique légère qui implique d’aller droit au but et de se barrer vite fait après avoir dévalisé la banque, il y a de quoi se faire du souci…
Green Day - "Uno !" D’autant plus que d’autres s’y sont déjà cassé les dents. Prenez les Clash et leur « Sandinista », qui écoute autre chose que les singles qui en ont été extrait près de trente ans plus tard ? Certes, histoire de faire passer la pilule plus facilement, la bande de Billy Joe Armstrong à découpé l’objet en trois parties distinctes destinées à sortir à intervalle régulier jusqu’au mois de janvier prochain… Passez moi un verre d’eau, on y va.

« Uno ! » donc, premier volet de la trilogie qui sera suivi très logiquement par « Dos ! » et « Tre ! » dans un futur proche, est un album qui donne le sentiment d’avoir déjà été écouté, il y a longtemps, quand nous étions encore jeunes et beaux... À l’époque où un obscur groupe en provenance de San Francisco nous offrait un certain « Dookie ».

Retour aux sources donc, après une paire d’albums à tendance pop rock qui avaient pourtant ouvert bien des portes à Green Day, « Uno ! » renoue avec un punk californien efficace même si un peu remâché. En effet, impossible nier la qualité de « Nuclear Family », « Fell For You » ou de « Loss Of Control » tout comme il est impossible de ne pas faire le rapprochement avec un certain « Sassafras Roots », de presque vingt ans leur aîné…

« Stay The Night » nous rappelle également quelques souvenirs, tout comme « Carpe Diem » mais bon, il s’agit de bons souvenirs alors pourquoi se plaindre ? D’autant plus que « Uno ! » n’est pas exempt de certaines touches d‘originalité (les singles « Kill The DJ » qui doit beaucoup à « The Magnificent Seven » et « Oh Love » se chargeant de masquer la forêt punk avec leurs mélodies calibrées pour la radio) et d’influences fort respectables, tel ce « Troublemaker » fortement inspiré par l’ami Iggy Pop, un « Sweet 16 » très Beatlesien ou encore « Let Yourself Go » qui rejoue la carte d’un punk rapide et jouissif.

Du coup, on reste un peu sur sa faim mais on a quand même le sentiment d’avoir bien mangé après plusieurs écoutes de ce premier volume des aventures de Green Day au pays du triple album… Reste à savoir si le reste de la production sera du même calibre ou si le groupe aura tout dit en une seule fois. Personnellement, j’ai très peur de l’album de ballades… Wait and see !
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