Gorillaz au Zénith de Paris - 23/11/10

Par Scred | le 25/11/2010 | Les autres articles sur le Pop

Damon Days
Comment décrire Gorillaz sur scène ? Sacrée colle ! Le groupe de Damon Albarn ne supporte aucune étiquette et génère plutôt les superlatifs… Originalité éblouissante, créativité unique, inspiration débridée, je vous laisse choisir. Gorillaz navigue depuis sa « Plastic Beach » vers un horizon musical apparemment infini, transcendant les genres (pop, électronique, rock, hip-hop) avec pour seule feuille de route la composition de chansons brillantes se payant le luxe de raconter une histoire cohérente entre elles… Cela fonctionne admirablement sur album, qu’en est-il de la transposition en concert ?
Gorillaz au Zénith de Paris - 23/11/10

Gorillaz en concert



Dès les premières notes de « Welcome to the Plastic Beach », il est clair que l’on va assister à un spectacle unique en son genre. Sur l’écran géant qui surplombe la scène apparaît Snoop Doggy Dogg habillé en amiral, un sourire narquois au coin des lèvres, qui introduit le spectacle accompagné du groupe, que dis-je de l’orchestre qui joue sa partie en live. On ne sait pas où donner de la tête, entre les cuivres revêtus des hoodies rayés rouge et noir de 2-D qui dansent en rythme, Mick Jones et Paul Simonon de The Clash qui s’éclatent visiblement dans leur costume d’officier de marine ou bien le héros de la soirée, Damon Albarn, qui sautille d’un bout à l’autre de la scène.

Longtemps dissimulé derrière Noodle, Murdoc, 2-D et Russel, les personnages imaginés par Jamie « Tank Girl » Hewlett, Damon Albarn jouit de sa liberté retrouvée et occupe l’espace tout en mettant un point d’honneur à mettre en valeur les invités présents sur la majorité des chansons de Gorillaz. Et quels invités ! Bobby Womack enflamme la salle sur « Stylo », Neneh Cherry fait monter la température d’un cran avec « Kids with guns », De La Soul dynamite « Superfast Jellyfish » et Rosie Wilson transforme le Zénith en boîte de nuit géante avec les classique « 19/2000 » et « Dare ».

Chaque titre est accompagné d’un film projeté en direct sur l’écran géant, complétant le spectacle se déroulant sur scène à la perfection, qu’il s’agisse du clip de la chanson (« Tomorrow comes today », « Dirty Harry ») ou de petits courts-métrages d’animation inédits (« On melancholy hill », « Rhinestone eyes ») mettant en scène les personnages virtuels de Gorillaz ainsi qu’une petite nouvelle, une androïde sexy désignée sous le nom de « Girl in the Cat Mask » qui joue de la mitrailleuse aussi facilement qu’elle manie l’éventail.

Comment je sais tout ça ? Rien de plus simple, j’ai lu son histoire dans le programme de la soirée, un livret sublime et indispensable composé d’illustrations luxueuses de Jamie Hewlett et de détails hilarants sur la genèse de l’aventure « Plastic Beach ». Avec Gorillaz, rien n’est laissé au hasard et le terme « multimédia » prend tout son sens.

Après Plastic Beach, Demon Days



Après un tour d’horizon des meilleurs titres de « Plastic Beach » et quelques incursions bienvenues au cœur de « Demon Days » et « Gorillaz », les deux premiers albums du groupe, Bobby Womack remonte sur scène pour interpréter une version d’une force émotionnelle rare de « Cloud of Unknowing » pendant que derrière lui des images d’archive d’une guerre anonyme montrent des avions s’écrasant en mer et des porte-avions en flammes… La salle se fige, se recueille, goûte cet instant comme si la mort frôlait de son voile chaque spectateur. Hallucinant.

Puis enfin, Gorillaz assène ses chefs d’œuvres, « Feel Good Inc. » et « Clint Eastwood » avant de conclure en douceur sur le tandem « Don’t get lost in heaven/Demon Days » et de libérer un public encore sous le choc de ce qui vient de se produire. Ce soir, le Zénith de Paris a participé à l’un des spectacles les plus brillants auquel on puisse assister en 2010, un groupe unique composé de talents immenses et complémentaires, une sorte de « Sgt.Pepper’s Lonely Heart Club Band » des temps modernes… On ne peut qu’être impatient de connaître la suite des aventures de Damon Albarn et de son groupe de moins en moins virtuel.
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