Gorillaz - "Plastic Beach"

Par Scred | le 05/03/2010 | Les autres articles sur le Pop

La certitude d'une île
Trois albums en dix ans, le moins que l’on puisse dire est que messieurs Albarn et Hewlett prennent leur temps et que donc, chaque livraison du groupe le plus virtuel de la planète mérite le coup d’oreille !
Gorillaz - "Plastic Beach" L’une des raisons de ce laps de temps relativement long entre chaque album pourrait venir du fait que Damon Albarn est en premier lieu la figure de proue du groupe Blur, l’un des groupes les plus influents d’Angleterre... Oui mais voilà, pour vous donner un ordre de comparaison, les deux premiers albums de Gorillaz se sont plus vendus aux Etats-Unis que l’intégrale du catalogue de Blur ! La créature a bel et bien dépassé son maître, ce qui donne matière à réflexion lorsqu’il s’agit de la faire sortir de son antre une fois de plus...

« Plastic Beach », comme chacun des précédents albums de Gorillaz, est un concept album qui a cette fois-ci pour thème l’écologie. Dans le futur post-humanité où évoluent les membres de Gorillaz, les océans ont tellement été pollués par les déchets industriels en plastique que lorsque l’on a envie de se prélasser au soleil sur une plage, il s’agit d’une « Plastic Beach ». Nos quatre mutants (2D, Noodles, Murdoc et Russel) s’amusent donc à recycler ces déchets pour en faire de nouveaux jouets, tout comme ils s’amusent à recycler le talent d’invités prestigieux pour les amener sur des terres inhabituelles.

Car il y a du monde pour poser sa serviette sur cette «Plastic Beach » ! Lou Reed cabotine avec un plaisir non dissimulé sur « Some kind of Nature », De La Soul et Gruff Rhys s’éclatent sur le très dansant « Superfast Jellyfish » (premier single extrait de l’album) pendant que Mick Jones et Paul Simonon (The Clash) apportent une densité digne des « The Guns of Brixton » sur le morceau titre « Plastic Beach ». Mais c’est pas tout ! C’est à la voix traînante et désincarnée de Snoop Doggy Dogg que Damon Albarn a choisi de confier l’ouverture de l’album (« Welcome to the world of the plastic beach »), excusez du peu ! Bobby Womack fait également partie de l’aventure et réussit le pari de donner à la musique électronique une couleur soul (« Cloud of Unknowing ») qui enterre définitivement les tentatives analogues de Massive Attack avec Horace Andy depuis « Mezzanine ».

A la différence des deux premiers albums de Gorillaz, ici point de hit imparable du calibre de « Clint Eastwood » ou « Feel Good Inc. » même si « Stylo » , « Rhinestone Eyes », « Broken » ou encore « On Melancholy Hill » pourraient sembler jouer dans la même catégorie... En effet, le concept de l’album se suffit à lui même et permet de vivre le disque d’un bout à l’autre comme une oeuvre cohérente et passionnante sans que jamais l’envie de passer une chanson ne se fasse sentir. Jamais déprimant malgré son thème récurrant, il se pourrait bien qu’une fois de plus Gorillaz nous montre l’avenir de la musique, tous genres confondus.

Au diable les étiquettes ! Elles finissent toujours par s’échouer sur une plage...

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