Fistful of Mercy - "As I call you down"
Mercy et au revoir...
Qu’est-ce qu’on dit quand un nouvel album vous arrive de nulle part avec aux commandes des gens comme Ben Harper, Dhani Harrison et Joseph Arthur ? On dit mercy bien sûr !
Il n’est plus besoin de présenter Ben Harper, le troubadour californien à la voix de miel a depuis fort longtemps démontré toute l’étendue de son talent. Joseph Arthur a connu pour sa part un succès plus confidentiel. Découvert par Peter Gabriel et signé pendant un temps sur le label Real World, le chanteur de folk-rock à tendance expérimentale a cependant acquis un statut d’artiste culte aux Etats-Unis. Dhani Harrison, le petit dernier de la bande et fils de George Harrison, est quant à lui un petit miracle de la nature. Paul Mc Cartney dit de lui : « C’est comme si George était resté jeune et que nous avions tous vieilli », une phrase pleine de sens puisque le jeune homme est le sosie physique et vocal de son père.
Lorsque ces trois musiciens décidèrent d’unir leurs efforts afin d’enregistrer un album, la planète rock se mit à bruisser d’excitation et d’anticipation, on peut le comprendre! Il n’aura suffi que de trois jours pour mettre en boîte les neuf titres de « As I call you down », composés en studio par le trio en pleine fièvre créatrice, une chose que l’on a du mal à croire lorsque l’on écoute la beauté des harmonies vocales et des arrangements présents sur l’album.
C’est d’ailleurs la première chose qui frappe l’auditeur à la première écoute de «In vain or true », le morceau qui ouvre l’album. On se croirait en présence d’un inédit de Crosby, Stills and Nash tant les voix des trois hommes se mélangent à la perfection sur une mélodie évoquant un paradis hippie perdu, quelque part entre « Here comes the sun » et « Wooden Ships ».
Même chose sur le titre suivant, « I don’t want to waste your time », ainsi que sur « As I call you down », et c’est bien là le problème… Les chansons s’enchaînent avec délicatesse et légèreté mais ont tendance à se ressembler énormément. On dresse malgré tout une oreille curieuse lorsqu’arrive « Father’s son », un blues entraînant où les voix commencent à se désolidariser, ce qui permet de profiter de celle de Dhani Harrison en solo qui entame logiquement la chanson en renda nt un hommage appuyé et étonnant de mimétisme à son père.
Le titre « Fistful of mercy » qui a donné son nom au groupe replonge tête baissée dans une folk sixties évoquant la poésie triste de Simon & Garfunkel, d’une grande qualité certes mais qui commence à devenir un poil ennuyeuse, répétition oblige, d’autant plus que le reste du disque va rester sur cette dynamique (façon de parler) à l’exception de « Things go ‘round », un morceau plus pop à la mélodie sautillante.
Au final, « As I call you down » a du mal à tenir les promesses faites par le nom de ses prestigieux auteurs à cause d’une certaine monotonie des compositions conduisant à un manque d’originalité de l’ensemble. Un mini-EP de trois titres aurait certainement suffi à notre bonheur et nous aurait fait crier au génie mais à vouloir trop en faire, Fistful of Mercy a un petit peu raté son coup et c’est bien dommage.
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