Festival Motocultor - Theix - 17 18 19 Août 2012

Par Manue Fée C. | le 10/10/2012 | Les autres articles sur le Métal

Premier jour : Laborieux Labours
Pour sa 6ème édition (la troisième en plein air), le Motocultor a planté ses tentes à Theix. Petite bourgade bretonne de 6979 âmes qui s'étend sur 4713 hectares, dont 2300 de terres agricoles, aux portes du Golfe du Morbihan.

Il n'y a pas un nuage au-dessus de nos têtes. La Bretagne nous fait le plaisir de se parer de sa plus belle météo, faisant mentir les plus pessimistes. D'après le vieil adage « En Bretagne il ne pleut que sur les cons », ce weekend métallo-champêtre se présente sous les meilleurs auspices: que de sympathiques festivaliers à l'horizon du ciel breton !
Nous arrivons sur le site du festival en cahotant au milieu des champs. Reflexe N°1 : trouver l'endroit stratégique où garer la voiture afin de ne pas galérer pour la retrouver de nuit, au milieu de centaines d'autres, entres mottes de terre et touffes d'herbe haute.

L'ouverture du Festival a pris du retard. Il nous faut attendre plus d'une heure sous le cagnard avant de pouvoir récupérer les passes et franchir l'entrée. Mais l'ambiance est bon enfant et la douche improvisée de la foule au tuyau d'arrosage plutôt appréciée. Renseignements pris auprès de l'organisation, ce sont des lacunes au niveau de la sécurité qui ont perturbé l'ouverture du festival. Conséquence: Ataraxie et Miseducation of Masses, les deux premiers groupes programmés en début de journée, sont purement et simplement annulés.
A cela s'ajoute une nouvelle déception: l'absence, annoncée la veille, d’Electric Wizard (Rhâââââ NDLR), imputée à des problèmes de santé touchant Justin, chanteur/guitariste du groupe.

Passée l'entrée, nous voici enfin au cœur de l'arène, pour un petit tour du propriétaire. A gauche, les tentes ravitaillement : consigne gobelets et cuisine maison tenue par les bénévoles. Au fond, le Métal Market des exposants. En face, l'espace dédicace et la tente VIP, abritant le bar Monster, point de rendez-vous et d'hydratation indispensable pour chaque photographe et journaliste présent. Et enfin, refermant l'enceinte du festival, la Dave Mustage et la Supositor Stage, les deux scènes, montées côte à côte, où se relayeront les groupes trois jours durant.

Cattle Decapitation, qui ne devait passer qu'en troisième position du running order, ouvre l'édition 2012 du festival. Pas facile dans ces conditions de cafouillage, mais tout le monde à l'air content d'être enfin là.



Les occitans de Stille Volk, armés de cornemuses, vieilles et autres instruments médiévaux, trouvent facilement leur chemin vers l'âme celtique des festivaliers du cru. Le Breton s'enhardi au contact de ces sonorités familières, et c’est partit, la fête du Motocultor est enfin lancée. Breizh atao (Traduction : Bretagne, toujours! Devise chère aux Bretons) !

Au son des dernières balances pour Inquisition, la foule se densifie en se rapprochant de la Dave Mustage pour le duo grimé. Les deux américains originaires de Colombie nous servent un black métal efficace et puissant. Impeccable mélange entre rythme effréné bien destructeur, et le mid-tempo headbangant à souhait.

Seth, récemment reformé après un break qui durait depuis 2005, envoie son black métal français à toute vitesse. La voix sombre de Black Messiah impose son charisme. On notera la présence sur scène ce soir de Arnaud Picotes (de Ad Patres) à la basse. C'est rapide, précis, efficace. French energy !

ETHS. La cohésion qui règne au sein du groupe est palpable avant même leur entrée sur scène. On les aperçoit derrière les amplis, en ronde, opérant un court rituel d’avant show. Touchant. Le public leur offre l’accueil digne d’un des groupes les plus attendus de la journée. Le souffle des enceintes fait décoller les diaphragmes. Candice, dont l’amplitude vocale est impressionnante, alterne avec une facilité déconcertante les grinds profonds et les chants clairs. Un set bien fracassant, vigoureusement approuvé de la tête par les headbangers.

En matière de Métal Stoner, c’est Electric Wizard, annulé, qui était très attendu. Mais c’est Corrosion of Conformity qui nous a royalement servis ! Et ce, à trois sur scène, en l’absence de Pepper Keenan, qui se consacre actuellement à Down. A la fois puissant et subtil, agressif mais précis, du classique qu'on affectionne, mais avec cette touche de modernité qui fait qu'on ne s'en lasse pas. Ils ont l’air de s’éclater, mais surement pas autant que nous, spectateurs ! En deux mots : Encore. Et merci.

Immolation prend le relais, sombre et brutal. Robert Vigna, extrêmement rapide à la guitare, ne laisse aucun répit aux pogoteurs.

On nous annonce que c’est Trepalium, initialement programmé en début de journée, qui fera la clôture ce soir.

Le Métal Electro-industriel de KMFDM met le feu mais commence à saturer le cerveau. La fatigue ? Mes oreilles de néophyte peuvent commencer à donner des signes de faiblesse, après tout, c’est leur premier festival de « Métal extrême », et cette journée au Motocultor a été bien riche en décibels. Nous décidons donc de clore cette première journée après le passage d’Arkona, que nous ne voulons quand même pas rater.

00h30. Les ménestrels du métal font leur apparition au son de la flûte, du tambourin et de la cornemuse. Et la cornemuse, forcément, ici ça plait. Masha, chevelure d’or et peau de loup, magicienne nordique déchaînée, alterne chants clairs et growls puissants, pendant que son flûtiste jongle avec toutes sortes d’instruments folk. Le groupe déborde d’énergie, et le public en redemande. On n’avait pas parlé de rentrer ? Une belle claque pour finir cette première journée.


Photos
© P.Cremin - www.blackstage-photography.com
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