Festival Motocultor - Theix - 17 18 19 Août 2012

Par Manue Fée C. | le 13/10/2012 | Les autres articles sur le Métal

Troisième jour: Le Métal est dans le pré
Grosse affiche pour le troisième et dernier jour du Motocultor. On dirait qu'il y a encore plus de monde, encore plus de soleil, encore plus de décibels !
En début d'après-midi, l'organisation a publié un communiqué officiel pour expliquer les incidents de la première journée:

« Le Motocultor Festival a dû retarder l'ouverture du festival et annuler deux groupes : nous tenons tout d'abord à nous en excuser et à en expliquer les raisons.

Nous avons appris 15 jours avant le début du festival que l'association de secouristes qui devait intervenir au Motocultor Fest ne pouvait plus tenir son engagement. Nous avons tout fait pour trouver une solution mais autour du 15 août il est très difficile de mobiliser des secouristes à la dernière minute.

Grâce à l’appui de la préfecture et de la mairie de Theix, les pompiers ont réussi à mettre en place un dispositif de secours qui nous ont finalement permis d'ouvrir le festival mais avec deux heures de retard malheureusement.

Annuler deux groupes fut un choix douloureux mais inévitable. Nous comprenons la grosse déception d'Ataraxie et de Miseducation Of Masses à qui nous avons proposé de jouer l'année prochaine.

Nous souhaitons remercier les festivaliers et les pompiers pour leur engagement massif cette année auprès du festival.

Yann LE BARAILLEC, directeur – programmateur du Motocultor Festival »


Et la petite surprise du jour ? Mieux vaut tard que jamais, les gobelets aux couleurs du Motocultor sont (enfin) arrivés ! Petit crochet donc, en attendant le set de Beatallica, par la consigne, pour échanger notre pinte en plastique blanc contre ce petit souvenir qui viendra compléter la collection du placard de la cuisine !

Avec Beatallica, c'est un vent de joyeuseté qui se met à souffler sur le festival. Le terrain se transforme en véritable cour de récré. Energie, bonne humeur et décibels, c'est la force de Beatallica. Jaymz Lennfield, Kirk Hammetson, Kliff McBurtney et Ringo Larz reprennent leurs parodies des Beatles à la sauce Metallica (et inversement) devant un public qui se lâche: ça chante, ça danse, ça circle pit, « all you need is blood », « please please me (or i'll beat you) ». Légère déception quand même : ils n'ont pas joué « hey Dude », que j'espérais entendre. « We Can Hit The Lights », « While My Guitar Deathly Creeps », on est bluffé par le timbre de Jaymz Lennfield qui ressemble à s’y tromper à celui d’Hetfield. Des festivaliers hilares s'assoient par terre pour former une chenille géante et transporter leurs congénères à bout de bras. Sur scène, nos quatre Horsemen dans le vent sont obligés de tomber le costume (Version black de Sergent Pepper) tellement la température monte. Et ce n'est pas seulement dû au thermomètre. C'était leur unique date européenne de la saison, et on est bien contents que ce soit pour le Motocultor.


Sonorités orientales, accords de violon samplés, voix mélodieuse et puissante, Myrath joue un métal planant, et à la lumière du soleil déclinant, on se croirait presque aux portes du désert. C'est la touche exotique du festival.

Krisiun secoue le Motocultor et envoie valdinguer les têtes dans tous les coins. La batterie est une arme de destruction massive, pulvérisant tout ce qu'il y a à pulvériser. Les blastbeats et les riffs claquent à un rythme effréné qui en devient hypnotique. Le son est très (trop?) fort et bien bourrin. Une petite pause s'impose sous la tente VIP, préférant nous ménager les oreilles en attente de la suite.

Le heavy métal de Nightmare, porté par la voix de Jo Amore, est accrocheur. Le groupe a une présence sur scène remarquable, et le sourire des musiciens, qui assurent le spectacle, est communicatif. En osmose avec leur public, les grenoblois en grande forme enchainent avec puissance les titres de leur dernier album, Burden of God, sortit en mai dernier.

Rien que les premières notes des balances de Béhémoth annoncent que ça va tabasser.
La foule des festivaliers est debout, se massant déjà devant la Dave Mustage. On est encore à un bon quart d'heure du début du set. Le stand de restauration, jusqu'ici inaccessible (comptez normalement une bonne demi-heure pour arriver à se faire servir un sandwich caoutchouteux), s'est vidé, profitons-en.
Les lumières s'éteignent et une clameur, comme on n'en avait pas encore entendu du festival, monte du public. L'air est chargé d'électricité et dans l'obscurité, les cornes sont levées. La tension est palpable. Une intro instrumentale, place au rituel cérémonial: Nergal, véritable apparition baignée par les lumières des enfers, nous rempli à la fois d'allégresse et d'effroi. Orion et sa basse, Golgoth magnifique tellement imposant quand il s'avance sur le devant de la scène. Le groupe, qui va enchaîner dix titres, dégage une puissance phénoménale. La double pédale mitraille le rythme. Pas de temps mort, même pour le rappel, où Nergal réapparait coiffé de son masque démoniaque pour entonner « Lucifer ». ça me prend aux trippes, je n'avais jamais vraiment écouté Béhémoth mais je n'en ai pas eu besoin pour être emportée. Ils n'ont pas failli à leur réputation de folie, nom de Diable, on en redemande!

Avec Immortal, le black métal prend la forme d'un bulldozer hyper efficace qui écrase tout sur son passage. Le trio grimé effrayant devant son mur d'amplis Marshall achève le festival par une débauche de décibels et une présence sur scène totalement jouissive. Abbath, en grande forme, grimace et arpente la scène en crabe. Les Vikings se donnent à 1000% et le public le leur rend bien. La messe (noire) est dite !

Ce sont les oreilles bourdonnantes mais comblées que nous remontons sur terre et quittons l'enceinte du Motocultor.


Quelques couacs dans l'organisation: retard de l'ouverture, le manque de points d'eau, de sanitaires pour les campeurs et d'ombre, la communication trop limitée sur le déroulement, la sortie définitive pour les pass journée, les tickets différents pour la boisson et la nourriture, à aller chercher à l'autre bout du terrain, etc. Tout cela, bien relayé sur les forums et les réseaux sociaux, sera certainement entendu et revu pour l'année prochaine.

Le Motocultor 2012, écrasé par un soleil de plomb et une avalanche de décibels, a proposé une programmation plus qu’alléchante et dont la plupart des groupes auront bénéficié d’un excellent son. Ce sont au total 11 000 amateurs de black métal qui ont foulé les habituellement vertes prairies theixoises, le double de l'édition précédente. Un grand bond pour ce festival a taille humaine, presque familial et bon enfant comparé à son grand cousin de Clisson.
On fera tout pour être au rendez-vous en 2013 !


Photos
© P.Cremin - www.blackstage-photography.com
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.