Festival Motocultor - Theix - 17 18 19 Août 2012

Par Manue Fée C. | le 11/10/2012 | Les autres articles sur le Métal

Deuxième Jour : Chaleur
La canicule qui sévit sur toute la France n’a pas oublié la Bretagne. Même si ici l’air est toujours rafraîchi par un bon air marin venu du large, coups de soleils et traces de bronzage commencent sérieusement à tatouer la peau des festivaliers. Lunettes sur le nez et d’indice 30 tartinés, nous voilà fin prêts à profiter de cette seconde journée du Motocultor.
Bonne nouvelle pour l’organisation, qui annonce près de 3000 entrées la veille. Et au vu du remplissage de la prairie qui nous sert de parking, qu’on se rassure, le festivalier va être au rendez-vous aujourd’hui aussi.

On annonce déjà un changement de programmation : Les membres de Noctem seraient coincés … dans les bouchons! Ah ça, les routes des plages du Morbihan en plein mois d’août se remplissent en général de tous les automobilistes qui ont déserté Paris. C’est Warmarchine, vainqueur du Tremplin Motocultor, qui les remplacera au pied levé et jouera donc plus tôt que prévu.

Prenez une pelletée de Hardcore. Ajoutez une brouette de Doom. Assaisonnez avec une belle dose de Stoner. Remuez bien le tout sur la terre du Motocultor, et vous obtiendrez le Sludge Métal puissant et envoûtant de Crowbar pour mettre en transe tous vos festivaliers !

Changement de registre avec l’arrivée encapuchonnée et sanglante de Noctem, enfin rentrés de leur virée sur les routes bretonnes. Malgré des problèmes de son pour le chanteur Beleth, et le fait que des zombies démoniaques soient nettement moins effrayants en plein soleil, Noctem présente une prestation scénique qui conquis le public, à son tour chaudement remercié par le groupe. Belle ambiance.

Napalm Death assure un raz de marée de décibels énorme. C’est fort, ça fracasse. Malgré l’absence de Shane Embury à la basse. Mark « Barney » Greenway le chanteur, lui, est bien là, en transe, comme un démon possédé. Le groupe assure sa réputation devant une fosse ravie.

Après sept semaines de tournée, Municipal Waste n’a toujours pas déchargé ses batteries, et envoie un set survolté. Voix d'une maîtrise parfaite pour un Tony Foresta en grande forme. Choses fragiles et âmes sensibles, ne pas approcher: Pogoteurs et slammeurs se déchaînent. L’énergie et la bonne humeur du groupe est contagieuse.

Nous croisons d’ailleurs La Denrée, qui doit mourir de chaud dans sa spacio-combinaison intégrale. Une Maya l’abeille d’un mètre quatre-vingt et une coccinelle barbue qui papotent joyeusement. Et ne cherchez plus Charlie, il est en train de slammer dans la fosse, agrippé à son bonnet rouge et blanc. Une belle flaque de boue embaumant la bouse s’est formée entre les deux scènes, malgré la chaleur de ces derniers jours. Nous y retrouvons un petit groupe de vikings en kilt qui profite de la source pour s’orner de peintures de guerre. C’est festival.

Ma première grosse surprise sur le festival : une belle claque que le show de Dark Tranquility (hé non, je ne les avais encore jamais vus sur scène). Ils déroulent un Death mélodique, atmosphérique et vibrant. Mikael Stanne, sourire aux lèvres, communique avec le public très réactif, qui n’hésite pas à reprendre les morceaux en cœur. Les claviers sont un peu étouffés (mauvaises balances?), mais l’esthétique des jeux de lumière (il fait enfin nuit noire) et des images diffusées sur grand écran, font merveille. C’est fort et pénétrant, ils nous en ont mis plein les yeux, plein les oreilles. C'est déjà fini ?

D’ailleurs le Punk Hardcore de Your Demise, qui prend la suite, nous ramène vite les pieds sur terre. Ça saute dans tous les sens. Mais la transition est un peu trop violente. Je préfère me réfugier sous la tente VIP pour une petite pause Rombière (La Rombière est une bière ambrée brassée dans la région, dégustable à la pression sur le festival ) bien méritée afin de digérer tout ça.

C'est au tour du très attendu Coroner. Ça commence sur fond d'une conversation émouvante entre
une mère, au téléphone avec son fils qui semble être à bord d'un des avions du 11 septembre. L'ambiance sonore est sombre et mélancolique. Mais le rythme et la puissance de l'harmonique ont vite fait de s'emparer du public, qui a le headbang facile et la motivation boostée d'entendre Ron Broder s'exprimer en français.

Septic Flesh clôt cette seconde journée du Motocultor de leur Death métal bien agressif. Dépouillé pour l'occasion de ses habituels décors et accessoires, le set du groupe reste percutant. Les festivaliers acclament et en redemandent, mais il n'y aura pas de rappel. Cette deuxième journée du Motocultor est bel et bien terminée.

A demain !


Photos
© P.Cremin - www.blackstage-photography.com
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