Evanescence - "Evanescence"

Par Scred | le 13/09/2011 | Les autres articles sur le Rock

Amy Lee Jolie
Evanescence fait partie depuis longtemps de mes petits plaisirs coupables… Considérés comme pas assez métals par les hardos et trop pop par les goths, le groupe d’Amy Lee n’en a pas moins trouvé son public grâce à une paire de singles imparables (« Bring me to life », « Going Under »), parfaitement dans l’air du temps à l’époque puisqu’il anticipèrent de peu l’explosion de la mode néo-vampirique des Twilight et autres True Blood… Les adolescents avaient trouvé une voix un peu plus agréable à l’oreille que celle de Cradle of Filth pour satisfaire leurs envies de frissons immortels, comment le leur reprocher ?
Evanescence - "Evanescence" « Evanescence » nous arrive donc aujourd’hui, cinq ans après « The Open Door » (2006), un album plus mature mais qui manquait cruellement de singles marquants, d’où un succès populaire mitigé malgré d’excellentes critiques, éternelle contradiction… Du coup, un gros point d’interrogation entourait la suite des aventures du groupe gothic rock / pop de chambre américain, d’autant plus que le tournant du troisième album est toujours délicat à négocier.

Le premier single, « What you want » avait cependant tout pour nous rassurer… Des guitares énormes, une production léchée, un refrain efficace constituaient un écrin idéal pour la voix d’Amy Lee, précise et puissante, véhiculant une émotion bien réelle. C’est d’ailleurs cette voix qui tient la baraque en place et transforme des morceaux parfois anodins en quelque chose de plus excitant… Poursuivant sa route entre métal éthéré et pop music lyrique, Evanescence nous offre sur cet album une collection de chansons homogènes, parsemée de véritables moments de grâce (« My heart is broken », « The Other Side », « Sick ») aux mélodies suffisamment accrocheuses pour vous donner un petit goût de revenez-y.

Le groupe se permet même de durcir un peu le ton sur des titres comme « End of the dream » ou « Never go back » qui vous prend en traître avec son riff monstrueux, histoire de nous rappeler qu’Evanescence sait aussi sortir les crocs. Mais c’est surtout sur les morceaux lents qu’Amy Lee parvient à percer l’armure… « Lost in Paradise » nous raconte une vraie histoire, tout comme « Swimming Home » qui clôt l’album sur une note aérienne, sublimée par une production millimétrée mêlant une harpe à quelques éléments électroniques.

« Evanescence » tient donc toutes ses promesses et ravira les fans du groupe malgré, une fois de plus, l’absence d’un titre fédérateur propre à dynamiter les ondes, ce qui n’est pas forcément un mal en soi au regard de la qualité générale de l’objet, mais qui pourrait empêcher d’autres adeptes de rejoindre la secte… Ce qui serait dommage, avouons le.
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