Escape From Paris à La Miroiterie - 06/03/2012

Par Scred | le 07/03/2012 | Les autres articles sur le Métal

Rock In Squat
J’ai du mal avec les squats d’artistes… Pourquoi le cacher et faire semblant de trouver cool un endroit comme La Miroiterie qui mériterait une réhabilitation plutôt que la lente dégradation auquel il est soumis ? Dégradation matérielle avec ses salles de plus en plus délabrées qui vont bien finir par s’écrouler sur le public un de ces jours, et dégradation culturelle car enfin, ils sont où les punks chatoyants des années 80, les Bérus et autres Guernica qui débordaient de révolte autant que de talent dans ce taudis où on te propose de la poudre avant même d’avoir atteint la buvette ?
Escape From Paris à La Miroiterie - 06/03/2012 Il ne faut pas confondre rock n’ roll et clochardise, ce n’est rendre service ni à l’un, ni à l’autre… Et du rock n’ roll pourtant il y eut ce soir malgré les conditions désastreuses auxquelles était soumis Escape From Paris, le combo stoner-punk sorti de son sommeil hivernal grâce au retour au bercail de son batteur et de l’un de ses guitaristes exilés tous deux à l’étranger, qui n’ont cependant pas résisté à l’appel de la scène !

Forts d’un premier album (« Paris Tapes ») qu’ils distribuent gratuitement lors de leurs concerts mais que vous pouvez désormais trouver sur iTunes, Escape From Paris n’a pas pour habitude de s’économiser sur scène… C’était déjà vrai lorsque les conditions étaient idéales, ça l’est encore plus dans une salle à l’acoustique abominable, sans balance, avec un espace vital réduit au minimum et une guitare manifestement désaccordée sur les premiers titres !

Mais les mecs sont venus pour faire trembler les murs, et c’est exactement ce qu’ils s’emploient à faire, sans perdre leur sang froid, très professionnels dans la gestion de crise, une gestion assurée par leur frontman William Rossoni qui n’a pas son pareil pour tenir une salle même s’il la distingue à peine… De toutes façons, qui a besoin de ses yeux lorsqu’on dispose de tripes qui débordent ?

Après un « Nine Motör Maiden » tonitruant en guise d’intro, le groupe aligne ses morceaux comme un sniper alignerait ses cibles, sans pitié et sans répit car le temps leur est compté, entre agressivité débridée (« Pay The Rent », « Catch The Wave ») et riffs massifs qui découpent les tympans autant qu’ils décrochent les cervicales (« Jenga With The Devil », « People Of The Night »), transformant le public en circle pit malgré lui et se joignant même à la fête puisque l’ami William n’aime rien tant que de donner de sa personne pour aller provoquer le corps à corps !

Mais voilà, à peine échauffés il faut déjà plier bagage après un dernier baroud d’honneur assuré par Kowalski, guitariste colossal autant de par la densité de son jeu que par sa présence physique qui impose le respect lorsqu’il descend dans la fosse pour balancer le riff final qui renvoie tout le monde à la maison, transpirants mais heureux… Trop court, bien trop court ma foi mais il ne s’agissait que d’une répétition grandeur nature avant que le groupe ne s’envole pour la saison des festivals.

En effet, vous pourrez applaudir Escape From Paris à la quatrième édition du Glad Stone Fest au Klub à Paris en mars prochain ainsi qu’au Asymmetry Festival en Pologne au mois de mai aux côtés de Killing Joke, rien que ça ! On vous aura prévenu, ces garçons risquent bien de devenirs énormes…
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