Escape From Paris - "Escape From Paris"
Cock Rock Café
Le rock n’ roll est une musique vivante et à ce titre, il est sain de se plonger les mains de temps en temps dans le cambouis des groupes qui font battre son cœur sans avoir le moindre soutien de la part d’un label ou d’une maison de disque, j’ai nommé les glorieux indépendants.
Escape From Paris appartient à cette catégorie, un groupe de collègues de travail bossant dans un célèbre débit de boissons des Grands Boulevards parisiens et fortement désireux d’aller voir ailleurs si il n’y aurait pas, par hasard, quelques tympans à faire saigner ! Et ailleurs, ils connaissent déjà, brassage culturel oblige, puisque chaque membre du groupe nous arrive d’un horizon différent allant de la Pologne au Cambodge en passant par les Etats Unis. De ce melting pot improbable pétri d’influences diverses est donc né un groupe autoproclamé « pire groupe du monde » ce qui, bien entendu n’est qu’une façade…Car sous des allures potaches alliant culture geek, satanisme de pacotille et une certaine fascination pour les femmes mûres pour peu qu’elles soient la mère d’un pote, Escape From Paris pratique un rock stoner (rebaptisé « Cock Rock » par les intéressés) plus qu’efficace, traversé d’éclairs de lucidité empruntés autant aux Dead Kennedys qu’à Rage Against The Machine en passant par Queen Of The Stone Age. Du sérieux donc.
Et ce qui provoque immédiatement l’intérêt chez ce groupe somme toute amateur c’est, outre la qualité des chansons, le très haut niveau de la production de cet EP neuf titres, presque un album en fait. On pense au premier album de Korn, cet aspect garage qui pourtant ne sent pas la démo, une saturation franche et nette dans les guitares, les voix qui poussent très loin le hurlement primaire sans jamais déraper, tout cela aboutissant à un résultat très loin de la bouillie informe des habituels premiers efforts du genre.
Dès le titre d’ouverture, « People of the Night », le ton est donné, on n’est pas là pour rigoler. Une batterie monstrueuse vient soutenir le reste de la section rythmique qui se vautre avec délices dans un stoner pur jus pendant que William derrière le micro invoque le spectre de Zach De La Rocha histoire de régler ses comptes avec ces gens de la nuit qui lui pourrissent la vie. « Nine Motör Maiden » le bien nommé vient enfoncer le clou en rendant hommage aux grands anciens avant que « Jenga with the Devil » ne vienne nous apporter la première belle surprise de l’album.
Sur un texte à la fois pessimiste et parodique, Escape From Paris nous offre un condensé de riffs coup de poing, quatre minutes où le punk rencontre le heavy sans protège dent, une expérience dont l’auditeur ne ressort pas indemne. Naviguant dans ces eaux sur le reste de l’album, tantôt brutal (« Anvyl », « Pay the Rent »), tantôt entraînant (« Catch the Wave », « Crushed in Fire »), sur des paroles souvent débiles (« Milfotheque ») dissimulant une rage bien réelle, EFP signe avec cet album éponyme ce que l’on ne peut qualifier autrement que de grande réussite.
Introuvable à l’achat en ligne ou en magasin, l’objet peut s’écouter sur la page Facebook du groupe ou, encore mieux, pendant les concerts d’Escape From Paris, alors restez à l’écoute, ces petits gars risquent de faire parler d’eux pas plus tard que très vite !
Page Facebook : http://www.facebook.com/pages/Escape-From-Paris/176055215782466
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