Eric Clapton & Steve Winwood : live from Madison Square Garden

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Blues

Foi aveugle
Derrière un titre affreusement descriptif se cache un album qui aurait pu s'appeler " Welcome back to the sixties " ou encore, et cela aurait pu être encore plus alléchant, " Blind Faith live " !
Eric Clapton & Steve Winwood : live from Madison Square Garden Petit rappel historique : Blind Faith est un groupe éphémère fondé par Eric Clapton au moment du split de Cream, accompagné de Steve Winwood qui vivait la même séparation d'avec son groupe Traffic.

Blind Faith a inauguré le concept de " super groupe ", à savoir une formation composée de musiciens déjà célèbres chacun de leur côté auparavant. Leur unique album à la pochette restée culte (une jeune fille de 14 ans nue tenant entre ses mains un avion à la forme plus que suggestive) ne comportait que six titres ce qui a renforcé l'aspect mythique de l'expérience, tout ce qui est rare étant précieux.

Une seule tournée avait suivi la sortie de l'album, documentée récemment dans un coffret intitulé " Compensation for betrayal ", tournée qui comportait déjà une date au Madison Square Garden il y a quarante ans presque jour pour jour.

Quatre décennies plus tard, les vieux complices ont donc décidé de remettre le couvert lors d'un concert de rattrapage exceptionnel. Autant dire que l'attente était énorme, tant au niveau de la performance des musiciens (mais vu le calibre des mecs, le risque était minime) que du choix des morceaux. Rappelons pour mémoire qu'un concert de Blind Faith, c'était sept ou huit morceaux maximum !

Mais pas d'inquiétude, cette fois-ci ils ont mis le paquet...

Vingt et un morceaux répartis sur deux CD qui balayent toute la carrière des deux hommes, la période Blind Faith bien sûr (le concert s'ouvre sur " Had to cry today ") mais aussi celle de Derek & the Dominos (" Tell the Truth ", " Little Wing "), des Bluesbreakers (" Rambling on my mind ") ainsi que les grands hits des deux hommes en solo (" Dear Mr Fantasy ", " After Midnight ", " Cocaine ").

Un voyage à travers le temps parsemé de reprises triées sur le volet, dont une version ensorcelante du " Voodoo Chile " de Jimi Hendrix et un clin d'œoeil au compère de ce dernier, Buddy Miles, avec un " Them Changes " qui nous renvoie aux origines du hard rock.

Mais les plus belles réussites de cet albums sont bien, et c'est logique, les morceaux de Blind Faith.

" Presence of the Lord " nous parle d'un temps ou les Fab Four traversaient Abbey Road en rêvant chacun à un futur différent, un futur que Clapton a fini par s'approprier sur la durée, compensant par là son désir inconscient d'être le cinquième Beatles tandis que " Can't find my way home " impose sa grâce aérienne et maintient sa place dans le classement des dix meilleures chansons des années 60...

Certes les hommes ont vieilli, cela s'entend surtout dans la voix de Winwood, mais leur chœur sur le refrain de " Can't find... " n'en a que plus de force et d'émotion.

Soyons clairs, cet album est loin d'être un dernier tour de piste nostalgique, c'est un tour de force à la mesure de la stature de ces deux grands artistes qui ont eu envie, non pas de remplir leur portefeuille déjà bien garni, mais bien d'offrir un cadeau unique à leur public. Un cadeau que tout un chacun peut désormais s'offrir pour en profiter chez soi, et en faire profiter les voisins ...

Bah oui, sinon ce serait vraiment égoïste et ce n'est pas le genre de la maison !

Peace...
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