Epiphone Casino

Par Scred | le 05/10/2010 | Les autres articles sur le Rock

Casino Royale
" John adorait sa collection de guitares. Mais sa préférée, c’était toujours celle qu’il venait d’acheter " (Yoko Ono)
Epiphone Casino Cette phrase pleine de bon sens de Yoko Ono pourrait fort bien s’appliquer à tous les guitaristes… C’est toujours la petite dernière qu’on préfère, même si elle est moins performante que ses grandes sœurs ! Or, le hasard fait bien les choses car ma dernière acquisition se trouve être une Epiphone Casino, un modèle emblématique pour John Lennon qui l’adopta à partir de 1965 sous l’influence de Paul McCartney et George Harrison qui l’utilisaient depuis un an. (Les solos de « Drive my car » et « Taxman », c’est elle !)

Lennon utilisa de nombreuses Casino durant sa carrière, la plus célèbre étant celle en finition bois surnommée « Revolution » que l’on voit dans le film « Let it be » durant les répétitions et pendant le fameux concert sur le toit de l’immeuble Apple, mais sa première Casino fût un modèle standard en finition Sunburst qu’il utilisa pour l’enregistrement de l’album « Revolver » ainsi que pendant la dernière tournée des Beatles en complément de sa Rickenbacker 325 noire.

Ce qui frappe la première fois que l’on prend la demoiselle dans ses bras, c’est sa légèreté. En effet, l’Epiphone Casino est une guitare demi-caisse entièrement creuse, sans poutre centrale, ce qui allège considérablement son poids et procure à l’instrument une résonnance particulière. Le corps est en érable laminé comme la plupart des guitares fabriquées en Corée et le manche est recouvert par une touche en palissandre très agréable au toucher.

La Casino étant inspirée du modèle ES-330 de Gibson, elle récupère certaines de ses caractéristiques dont un manche assez fin et très confortable, un cordier Trapeze et des cache-micros « Dog ear » qui donnent à l’instrument un aspect vintage du meilleur effet ! Sur le modèle d’entrée de gamme, les micros sont des Alnico V P-90’s de chez Epiphone mais sur les versions plus onéreuses (les modèles « Inspired by John Lennon »), on trouvera des P-90 de chez Gibson.

Il faut cependant avouer que les micros Epiphone soutiennent parfaitement la comparaison avec leurs aînés de chez Gibson. Dès que l’on branche la bête, c’est toutes les années 60 qui débarquent dans votre ampli ! On pense immédiatement à « Street Fighting Man » des Rolling Stones, à « I can’t explain » des Who et bien sûr aux Beatles… Il suffit de pousser un peu la distorsion et on retrouve le mordant de « Taxman » ou la rondeur de « Don’t let me down », mais attention aux excès de gain ! En effet, la Casino a une tendance très nette à partir en feedback incontrôlé si l’on y prend garde…

En son clair, la Casino offre exactement ce que l’on attend d’elle, un micro aigu brillant taillé pour le rock n’ roll et un micro grave plus chaleureux parfait pour le blues ou le jazz. Bon, on n’est pas au niveau d’une ES-335 mais tout de même, ça sonne sacrément bien !

Les seuls défauts que l’on pourrait trouver à cette guitare se situent dans l’accès aux dernières cases du manche (classique sur ce genre de modèle), dans son manque de sustain et dans la relative limitation du spectre des sonorités… Ne cherchez pas à jouer du heavy metal sur une Casino, c’est peine perdue ! En poussant la distorsion au maximum, on peut atteindre des sons punks assez satisfaisants mais c’est vraiment tout. Mais qui aurait envie de jouer du Metallica sur une guitare respirant à ce point l’esprit des swinging sixties, mmh ?

Neuve, on peut trouver cette guitare pour un prix de 450 € en moyenne qui peut tomber sous les 300€ d’occasion si l’on a un peu de chance mais pour les modèles signés Lennon, il faudra débourser 1500€ au minimum, sachant que ces modèles sont très rares puisque Epiphone ne les fabrique plus pour le moment. Le rêve a toujours un prix, relativement modique malgré tout au regard de la qualité de l’instrument.
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