Enuff Z’ Nuff – « Dissonance »

Par Scred | le 16/08/2010 | Les autres articles sur le Hard Rock

Jamais assez
C’est la bonne surprise de l’été ! On pensait Enuff Z’ Nuff mort et enterré depuis les escapades en solo du chanteur Donnie Vie et voilà que le groupe de Hard FM accro aux quatre de Liverpool remet le couvert !
Enuff Z’ Nuff – « Dissonance » Grâce doit d’ailleurs être rendue au label Rock Candy pour cette édition qui a fini par atterrir dans les bacs européens. Il fallait oser ! Déjà responsables de la distribution (même tardive) du dernier album de Little Caesar, ils méritent un sacré coup de chapeau pour cette prise de risque…

Reste à savoir si le disque en valait la chandelle. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Enuff Z’ Nuff vieillit bien ! Dès le titre d’ouverture, « Dissonance », le groupe tiens à faire savoir qu’ils ont beau être babas jusqu’aux yeux, ils en ont toujours sous le pied question riff efficace et puissance d’artillerie. Donnie Vie nous gratifie même d’un arrachage de voix en règle sur le bouquet final, inhabituel de sa part. Bon, ce n’est pas encore McCartney sur « Hey Jude » mais l’esprit est là !

Même chose sur le hit en puissance « High » ou encore « Lazy Dazy » qui renoue avec la recette qui avait fait le succès d’Enuff Z’ Nuff au début des années 90, un refrain imparable servi par des harmonies vocales plus sixties tu meurs, le tout enveloppé d’une mélodie qui rentre dans la tête dès la moitié de la chanson…

Sans surprise, c’est sur les ballades que le groupe donne la pleine mesure de son talent d’écriture, comme en témoigne l’excellent « Rollaway » qui donnerait envie à un général Nord-Coréen de devenir pacifiste ou encore le plus complexe « Joni Lynn » qui ne déplaira pas aux amateurs d’Aerosmith.

On traverse cette collection de chansons inédites avec un léger sourire aux lèvres devant tant de candeur et de fraîcheur de la part de musiciens qui ont pourtant dégusté sévère pendant ce que l’on est bien obligé d’appeler une méchante traversée du désert où les dunes n’étaient pas toutes faites de sable. Des titres comme « Fine Line » ou « Sometimes » surprennent presque par leur décalage avec l’époque, et c’est rudement agréable d’être surpris de cette manière.

Et puis quoi, Oasis a bâti une carrière en lorgnant de loin les rives de la Mersey ! Enuff Z’ Nuff quant à eux affichent clairement la couleur et le résultat est plus que convainquant. La meilleure preuve en est cette reprise très fun du « Run for your life » des Beatles qui vient clore l’album comme elle le faisait pour « Rubber Soul »… Un choix judicieux qui montre que les mecs sont connaisseurs, plus judicieux en tous cas que le « When Doves Cry » de Prince que le groupe s’est acharné à massacrer juste avant !

En conclusion, il y a de tout sur cet album, du bon comme du très bon et du complètement raté, mais la couleur générale enthousiaste et joyeuse emporte le morceau. Dans le monde sombre et sanguinaire du hard rock en général, une fleur offerte avec le sourire de temps en temps, ça fait du bien !

Et au prix du sourire de nos jours, un CD c’est donné…
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