EDITO SEPTEMBRE 2010

L'histoire se réédite
On dit souvent que l’histoire se répète, qu’elle bégaie même, et pas seulement à propos de certains évènements politiques comme le revival des rafles et autres résurgences de pratiques de collabos d’un autre temps…
EDITO SEPTEMBRE 2010 En effet, lorsque l’on jette un coup d’œil aux prochaines sorties de disques prévues pour cette rentrée, on se rend compte bien vite que celles qui sont les plus attendues (au regard des pré-commandes en ligne) concernent des albums étrangement familiers !

Prenez le « Station to Station » de David Bowie par exemple, album culte coincé entre les immenses « Young Americans » et « Heroes ». Figurez-vous que la sortie de sa réédition en coffret grand luxe a été reportée d’une semaine afin de pouvoir satisfaire le nombre de commandes recensées par les différents sites de vente par internet !

Mais ce n’est pas tout… Après le catalogue Beatles, le « Valleys of Neptune » de Jimi Hendrix ou encore « Exile on Main St » des Rolling Stones qui avait squatté pour la seconde fois de son existence la première place des charts en 2010, voici que sont annoncées les sorties d’une intégrale John Lennon accompagnée d’un coffret 4 CD intitulé « Gimme some truth » pour le mois d’octobre prochain, ainsi qu’un coffret d’inédits de Jimi Hendrix (« West Coast Seattle Boy ») ou encore une édition anniversaire du « Darkness on the edge of town » de Bruce Springsteen !

Est-ce à dire que la créativité des jeunes pousses du rock n’ roll serait à ce point défaillante pour que les maisons de disques usent et abusent de la réédition des grands classiques pour continuer à faire leur beurre ? Pas si sûr.

À l’heure où la crise touche de plein fouet l’industrie musicale (on le saura), ces rééditions en série d’albums majeurs apportent peut-être une partie de la solution au problème, c’est-à-dire redonner envie aux gens d’écouter de la bonne musique et d’en acheter. La preuve en a été faite avec les Beatles, le prix n’est pas un obstacle si le fan sait que le plaisir est au rendez-vous. Et avec tous ces noms légendaires, on est en terrain connu et le risque de dépenser ses précieux euros pour acquérir une daube est limité !

Maintenant, je vous l’accorde, celui qui aura acheté son « Abbey Road » ou son « Sticky Fingers » en trois exemplaires pourra commencer à trouver l’addition un peu lourde… Derrière cette quête du bonheur musical empaqueté dans un nouveau coffret rutilant se cache également des ambitions bassement mercantiles de la part des labels…

La question est donc de savoir si le jeu en vaut la chandelle. C’était le cas pour les Beatles, les Rolling Stones et Jimi Hendrix l’an passé, l’avenir nous dira si il en sera de même pour les coffres aux trésors qui envahiront bientôt les rayons de vos disquaires favoris !

Stay (i)tuned !

scRed (mrscred@hotmail.com)
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