EDITO OCTOBRE 2011

Par Scred | le 01/10/2011 | Les autres articles sur le Rock

Rééditez, il en restera toujours quelque chose
La multiplication des rééditions d’albums de légende ces dernières années n’aura échappé à personne… Les Beatles suivis de John Lennon et Paul McCartney, les Rolling Stones, et dernièrement les Pink Floyd ont procédé à un sérieux lifting de leur œuvre, sans parler de la collection des « Deluxe Edition » qui fleurissent depuis un bon moment déjà en proposant des bonus souvent intéressant en complément de l’opus original.
EDITO OCTOBRE 2011 On pourra d’ailleurs citer dans cette catégorie l’excellent travail fait sur les albums de Blind Faith, Derek and The Dominos, Def Leppard, Motörhead ou encore le météorite « Nevermind » de Nirvana qui a frappé les bacs pour la seconde fois de sa carrière ce mois-ci avec un retentissement à la mesure de l’événement, il n’y a qu’à jeter un coup d’œil sur les unes de la presse spécialisée pour s’en convaincre.

Certes, il y a de quoi hurler à l’opportunisme commercial, certains ne s’en sont pas privés, sur l’air de « comment donc, on voudrait nous faire acheter dix fois le même disque ? ». Coco, si tu n’as pas envie de l’acheter, personne ne t’y oblige en même temps ! Mais la vraie question n’est pas là il me semble, ni dans la magie du tiroir caisse, ni même dans la quête éternelle du son parfait, de la remasterisation miracle, du packaging ultime qui tue.

La question est de savoir si l’on a envie de continuer à collectionner des objets, comme le suggère le batteur de Pink Floyd, Nick Mason : « Les ventes de CD déclinent, c’est peut-être notre dernière opportunité de proposer des albums dans le sens physique. » Nous sommes dans un choix de vie, allons-nous sacrifier les étagères remplies de disques qui font notre fierté pour les remplacer par un disque dur et de la musique dématérialisée qui, si elle permet un gain de place évident, nous privent d’une partie du plaisir d’acquérir une petite part, si minime soit-elle, de l’œuvre d’un artiste ou d’un groupe d’une manière concrète ?

La plupart des spécialistes pensent que oui, personnellement je n’y crois pas. Si la jeunesse élevée avec le téléchargement de musique, les baladeurs numériques toujours plus discrets et légers et l’accession à la bibliothèque musicale mondiale en un clic sur tel ou tel site de streaming a pris des habitudes, lorsque l’on est fan, on a besoin de toucher et pas seulement d’écouter. Et c’est bien ce qui sauvera l’industrie du disque promise à l’apocalypse depuis tellement longtemps qu’elle aurait déjà dû s’écrouler.

Que Nick Mason garde espoir, on n’a pas fini d’acheter des disques, et c’est heureux ! Raison de plus pour profiter du nouveau confort d’écoute proposé par toutes ces rééditions et d’envier les nouvelles générations qui y auront accès directement, sans avoir sur le dos des aînés prompts à leur rabattre les oreilles avec les sempiternelles réflexions sur le fait que, ah les vinyles, c’était quand même autre chose…

scRed (mrscred@hotmail.com)
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