Edito Juin 2011

Par Scred | le 01/06/2011 | Les autres articles sur le Rock

Le scandale F.M.I. (Foutue Musique Introuvable)
Je l’ai toujours dit et répété, j’aime le téléchargement pirate… A l’époque des premiers balbutiements d’internet en France, je m’y adonnais avec passion et quand je dis avec passion, c’est dans tous les sens du terme car il en fallait pour patienter devant un modem 56k au débit plus lent que celui de Barry White! Parfois, un album mettait trois jours à arriver, quand on avait la chance de trouver l’album complet car la plupart du temps, il fallait télécharger les chansons une par une, avec le risque de tomber sur des encodages différents, et donc des qualités différentes…
Edito Juin 2011 C’était l’enfer et le paradis à la fois, nous étions comme des archéologues de la musique qui déterrions des trésors enfouis depuis des décennies, des disques obscurs depuis longtemps oubliés qui ressurgissaient des ténèbres par la magie des tuyaux de la toile et le plus beau, c’est que ce n’était pas illégal à strictement parler. En effet, le piratage consistait, selon les termes de la loi, à tirer profit de la contrefaçon d’une œuvre par sa revente or nous ne faisions rien de tel ! Nous bouffions de la musique par paquets de douze mégabits et c’était sacrément bon.

Depuis, la loi a évolué et je suis bien obligé de déclarer au gendarme Hadopi que j’ai cessé toute activité délictueuse en ce qui concerne le téléchargement illégal… Je télécharge toujours, légalement, sur la plateforme de la pomme ou par le biais des pools que les maisons de disques fournissent aux journalistes pour faire leur travail correctement (sauf quand on s’appelle Radiohead, fermez la parenthèse), et jusqu’à aujourd’hui, je ne m’en portais pas plus mal…

Sauf que voilà. Désireux de réécouter un album de Paul Personne afin de préparer son interview, j’ai cherché l’objet en magasin, rien. Je me suis rabattu sur le web (légal), fume ! Aux dernières nouvelles, l’album « Rêve sidéral d’un naïf idéal » n’existe plus ! L’intéressé lui-même n’en revenait pas ! Il semblerait que les mecs d’Universal qui géraient sa carrière au moment de la sortie du disque ne fassent pas leur boulot correctement… ou n’ont pas d’intérêt financier à le faire.

Voilà donc où on en est… Parce qu’ils n’ont pas le potentiel pour vendre autant que les poids lourds du moment, bien souvent des groupes dont on aura oublié jusqu’au nom d’ici deux ans, certains albums merveilleux disparaissent pour les générations futures qui n’ont eu que le tort de naître trop tard pour pouvoir les écouter au moment de leur sortie. Qui se souvient de Temple of the Dog et de leur album éponyme, des premiers albums de Little Caesar ou d’Enuff Z’ Nuff, de la bande originale du film « Backbeat » où les pontes du grunge jammaient comme des malades sur les premiers standards des Beatles ?

Pour tous ces disques disparus de la circulation du fait des maisons de disques et non pas des artistes, j’affirme que le téléchargement illégal ne serait pas seulement utile, mais indispensable ! De quel droit laisserait-on mourir une partie de la culture au prétexte qu’elle n’est pas aussi rentable qu’une autre, si tant est que cet « autre » puisse être considéré comme de la culture ? N’est-ce pas Sexion d’Escrocs ? Je lance donc un appel, encodez vos disques cultes aujourd’hui disparus des rayons, partagez-les, faites les vivres car ils y ont droit, aucune loi ne peut vous en empêcher puisque c’est cette même loi du marché qui condamne ces merveilles à une mort sans procès !

Stay (i)Tuned et indignés !

scRed
mrscred@hotmail.com
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