EDITO AVRIL 2011

Par Scred | le 02/04/2011 | Les autres articles sur le Métal

Ni fait ni à Sonisphere
Qu’est-ce qu’un festival rock ? C’est la question pas si simple que nous pose l’organisation du Sonisphere en France cet été et en particulier Salomon Hazot, le big boss de Nous Productions qui tenait une conférence de presse pour parler de l’événement dans les coulisses du concert de Slayer et Megadeth le 26 mars dernier.
EDITO AVRIL 2011 Et si la question mérite d’être posée c’est parce qu’à mon humble avis, l’équipe du Sonisphere est complètement à côté de la plaque… Durant son (interminable) intervention, Salomon Hazot nous a expliqué par le menu à peu près tout ce que n’est pas un festival rock. Les festivaliers pour commencer, rebaptisés « la clientèle ». Même si l’objectif d’un festival est évidemment de vendre des billets, considérer le public sous l’angle de son portefeuille d’entrée de jeu n’est pas forcément la meilleure approche, surtout le public métal.

Le concept général ensuite. Le discours de Salomon Hazot, même s’il n’a pas cessé de s’en défendre, n’était qu’une suite de piques adressées au Hellfest et de la même manière, le dénigrement systématique d’un événement déjà populaire et apprécié par les fans de musique énervée, ça fait un peu tache. D’après lui, le Hellfest serait ringard, trop d’artistes (sic !), pas assez d’activités extra-musicales (re-sic !), un camping anémique, une catastrophe culinaire, pas assez d’ambition pour résumer. De son côté, il voit le Sonisphere comme un village de vacances, avec piste de ski et parcours de golf (payants), relais gastronomiques, et accessoirement une scène avec des groupes qui feraient de la musique entre deux remontées mécaniques…

Vous le voyez, vous, le métalleux imbibé de bière en train de taper une godille à une heure du matin après « Hit the Lights » ou tenter un dix huit trous en écoutant de loin « Raining Blood » ? De plus, le côté méprisant pour les amateurs de merguez frite, même s’il est anecdotique, n’en reste pas moins insupportable… En effet, un festival de métal, c’est un esprit mais pas cet esprit là.

L’organisation enfin. Une image m’est venue en tête pendant que Salomon Hazot nous parlait des 50 000 spectateurs prévus et du fait que, s’agissant de la première édition du Sonisphere, il y aurait des erreurs de commises, que le camping ne serait probablement pas assez grand, que ce serait mieux dans un an… Cette image, c’est celle du mec qui a construit le Titanic et qui a dit « de toutes façons, il ne coulera pas, ce n’est pas la peine de perdre du temps à rajouter des chaloupes de survie ». Pendant deux jours, Amnéville va multiplier sa population par cinq et manifestement, tout le monde ne tiendra pas à bord… Pas très rassurant.

Au final, on ressort de cette conférence de presse un peu abasourdis. Comment un organisateur de concerts chevronné, avec autant d’expérience, peut-il aussi mal connaître son public ? On attend d’un festival de rock qu’il soit… rock, tout simplement ! Bon enfant, sincère, pas trop mercantile, libéré des contraintes de la société de consommation (du moins en apparence) afin de laisser la place au plus important, la musique ! Et de musique, il n’a pas été question plus que de raison.

Pour toutes ces raisons, je n’irai pas au Sonisphere. Après tout, dans quelques minutes nous auront le plaisir de voir Slayer et Megadeth sur scène dans une salle de taille raisonnable, Metallica repassera bien par Bercy un de ces jours, tout comme Slipknot, quant à Airbourne ils viennent nous rendre visite tous les ans sans parler de Loudblast et Mass Hysteria qui passent leur vie sur la route! Dans ces conditions, pas la peine de prendre un billet pour le Titanic…

scRed (mrscred@hotmail.com)
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