Edito Aout 2009

Veuillez rendre l'homme (à qui il appartient)
Pour une raison mystérieuse, la période estivale est bien souvent désertique en matière d’actualité musicale…
Edito Aout 2009 C’est idiot. On écoute bien de la musique en vacances non ? Même si on reste chez soi !

Enfin, c’est un fait, les maisons de disques attendent la rentrée pour nous bombarder avec leurs nouveautés… Le programme est d’ailleurs assez alléchant cette année : Black Crowes, Beastie Boys, Mark Knopfler, Ace Frehley, Alice in Chains et bien sûr l’évènement majeur, le coffret de l’intégrale des Beatles remasterisée, on va avoir de quoi s’occuper. Mais d’ici là, le vide, la nuit sur le mont chauve. Alors du coup, on replonge dans ses archives pour dépoussiérer deux ou trois trucs et comme le destin est un petit farceur, on se retrouve parfois avec autre chose que ce que l’on cherchait.

Dans mon cas, ce fût le DVD « En Images » de Noir Désir, six ans jour pour jour après l’épisode tragique de Vilnius, faut le faire non ? Déjà six ans ai-je envie de dire. J’ai l’impression qu’une vie entière s’est écoulée depuis ce jour de merde où une jeune femme a perdu la vie et où des dizaines de milliers d’anonymes ont perdu leur voix…

Six ans c’est long quand on est dehors, alors quand on est dedans, rongé par le remord et la culpabilité ? Je n’ose même pas y penser. Croire que pour Bertrand Cantat le cauchemar est terminé depuis qu’il a été libéré est une vue de l’esprit. Il sera à jamais prisonnier de son acte, un acte qui le précédera en tout lieu et qui apparaitra en surimpression sur chaque chose qu’il fera à l’avenir. Ce n’est que justice. Au public désormais d’apprendre à le regarder comme avant, comme sur ces images tournées autour de la « Fin de siècle » où l’homme se donnait entièrement à sa musique, tel un shaman à la voix écorchée, véritable réincarnation du Roi Lézard planant à des kilomètres au dessus du reste de la production française…

C’est encore plus flagrant en concert. Noir Désir n’a pas d’équivalent, pas en France en tous cas. Les Doors évidemment, Pink Floyd aussi, Nick Cave, les Who… Mais en matière de rock, de punk ou encore de chanson française, personne d’autre n’a réussi cette fusion entre des paroles à la poésie trouble et vénéneuse, une musique à la fois agressive et hypnotique, violente et suave, et une voix aussi unique, forte et capable de rivaliser avec les grands noms cités plus haut.

Alors une petite prière pour la rentrée, « Septembre en attendant la suite » des aventures discographiques de Noir Désir après le tour de chauffe « Gagnants Perdants » ? Je l’espère bien, car notre paysage musical français aurait bien besoin d’un petit coup de génie s’il veut qu’on lui réserve autre chose qu’un strapontin dans les pages des critiques…

A quelques exceptions près (Camille par exemple), on nage dans la médiocrité et le manque d’originalité depuis que la voix de Noir Dez’ s’est éteinte. Et ne venez surtout pas me parler du dernier vainqueur de la Nouvelle Tare !

Allez, Tostaky les gars !
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