Eddy Mitchell - "Come Back"

Par Scred | le 08/11/2010 | Les autres articles sur le Rock

American Dream
J’ai fait un drôle de rêve la nuit dernière… Je ne sais ni pourquoi ni comment, j’étais avec Eddy Mitchell et je le faisais rire avec une interprétation très personnelle de « Fume cette cigarette », une chanson qui me poursuit depuis mon enfance. Moment magique, j’étais pote avec Schmoll ! Qui suis-je pour lutter contre mon inconscient ? Ni une ni deux, je me suis donc jeté dès le réveil sur « Come Back », le dernier album d’Eddy Mitchell en forme de clin d’œil puisque le rocker vient d’annoncer sa tournée d’adieux. Le cours de rattrapage de boogie woogie, c’est par ici…
Eddy Mitchell - "Come Back" A la maison, on a toujours écouté Monsieur Eddy et de fait, je considère le bonhomme comme une sorte d’oncle éloigné, symbole des valeurs paternelles (le rock n’ roll, les westerns, les polars, le romantisme et l’humour…). Eddy Mitchell n’appartient pas au rayon des variétés françaises par chez nous, ah ça non, Eddy c’est Eddy. On pleure en écoutant « Alice » et « J’ai oublié de l’oublier », on se marre avec le « Lèche-botte blues », on conscientise avec « Société Anonyme », on fait sa culture avec « L’épopée du rock n’ roll » et « J’avais deux amis », on nostalgise avec « Couleur Menthe à l’eau » ou « La dernière séance » et on conserve comme ligne de conduite « C’est un Rocker ». C’est comme ça, tout Eddy.

Du coup, chaque nouvel album de Schmoll est une sorte de petite madeleine de Proust pour votre serviteur qui a toutes les peines du monde à conserver sa proverbiale objectivité pour vous parler de ce « Come Back », 34ème album d’un Eddy Mitchell aussi en forme que le suggère la pochette où on voit le chanteur en plein cliché western, chevauchant un mustang au milieu de la prairie. Il va d’ailleurs en être question de cette fameuse prairie dans le premier single extrait de l’album « L’esprit grande prairie », écrit par le tandem Souchon/Voulzy sur mesure pour Eddy Mitchell, une autobiographie pleine de nostalgie et de tendresse pour le « P’tit Claude » de Belleville devenu qui l’on sait.

De la nostalgie, du blues, il y en a à la pelle sur « Come Back », du très lucide « Avoir 16 ans aujourd’hui » à « Je suis vintage » (où Eddy déclare « vivre ainsi c’est être aussi/seul donc en mauvaise compagnie ») en passant par « Ça ressemble à du Blues » qui voit Eddy convoquer ses idoles au chevet d’une société malade, le tout enveloppé par un orgue emprunté au « Riders on the storm » des Doors. Car même si on a parfois tendance à l’oublier, Eddy Mitchell est un vrai rebelle qui n’a pas besoin de tatouages et d’un club de Bikers pour asseoir son statut de rocker.

En témoignent des titres comme « Pas besoin de ça », superbe ballade en forme de charge de mule contre le racisme que dénonçait déjà Billie Holliday dans « Strange Fruit », « Tu fermes les yeux sur tout » où Eddy enterre la presse people sans autre forme de procès ou encore le très honky tonk et drôle « En garde à vue » (où « on avoue tout même en mentant honnêtement »).

Et du rock ? Du vrai, du qui fait bouger les guibolles, il en a prévu M’sieur Eddy ? Ben tiens, y va s’gêner… « L’esprit Rock n’ roll » et sa guitare ronflante pourrait servir de manuel de survie pour tout apprenti rocker quand « Laisse le bon temps rouler » cabotine avec bonheur comme au bon vieux temps avec des paroles tellement savoureuses que Schmoll ne peut pas s’empêcher d’en avaler la moitié ! Gourmand va…

En conclusion, « Come Back » porte fort mal son nom, puisque pour revenir il faut être parti or Eddy Mitchell a toujours été là, fidèle au poste, et nous offre une fois encore un magnifique rayon de soleil sentant bon les hautes plaines, le cuir neuf des belles américaines et l’esprit rock n’ roll qui caractérise l’homme depuis un bon demi-siècle ! Si seulement ses enfants illégitimes pouvaient en prendre de la (mauvaise) graine…
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