Drive By Truckers - "Ugly Buildings, Whores and Politicians"

Par Scred | le 27/07/2011 | Les autres articles sur le Rock

Beaux comme un camion
Généralement, un groupe qui se respecte attendra d’avoir sorti au moins quatre albums pour s’autoriser la parution d’un « Greatest Hits » sans avoir trop l’air de vouloir brader les termes de son contrat avec sa maison de disque ou lorgner avec insistance du côté du tiroir caisse. Les Drive By Truckers quant à eux ont laissé défiler dix albums avant d’en arriver là, et croyez-moi, ce n’est pas par manque de matériel…
Drive By Truckers - "Ugly Buildings, Whores and Politicians" Si vous faites partie de nos fidèles lecteurs, vous savez tout le bien que nous pensons du rock sudiste à mi-chemin entre le rock, la country, le blues et la soul (car il faut quatre routes pour faire un crossroads homologué par le grand cornu) pratiqué par le groupe d’Athens. Pour les autres, sachez que Drive By Truckers emprunte autant à Lynyrd Skynyrd qu’à Neil Young, avec ce petit côté Tom Petty qui donne envie de monter le volume de l’autoradio et d’appuyer sur la pédale d’accélération ! Là, vous y êtes ?

« Ugly Buildings, Whores and Politicians » nous raconte donc tout cela, un rock des grands espaces incroyablement authentique, à la fois entrainant et émouvant, fait de guitares complices taquinant les douze mesures réglementaires, de voix écorchées respirant les clubs de bikers et le bourbon bon marché. En dix-huit titres glanés entre 1998 et 2009 (n’y figurent donc pas les titres des excellents « The Big To-Do » et « Go-Go Boots »), cet album s’emploie à réparer l’incroyable injustice qui entoure la carrière de ce groupe quasiment inconnu de ce côté-ci de l’atlantique.

Car personne, je dis bien personne ne pourra rester insensible à la musique de ces desperados après avoir écouté la beauté brute de titres comme « The Living Bubba », « Bulldozers and Dirt », « Outfit » ou encore « A World of Hurt », des ballades qui parlent aux tripes sans jamais tomber dans le piège de la mièvrerie grâce à des paroles qui sonnent vrai, servies sur une musique qui sent bon la première prise de studio.

Mais Drive By Truckers, c’est surtout du rock n’ roll, du vrai, avec références à l’appui comme en témoigne une chanson comme « Let there be rock » où Mike Cooley se désole de n’avoir jamais pu voir Lynyrd Skynrd sur scène pour tout un tas de raisons mais se console en évoquant ses souvenirs d’Ozzy Osbourne avec Randy Rhoads « avant que cet avion ne s’écrase » et d’AC/DC juste avant de nous balancer un solo plus qu’inspiré dans les gencives.

Et que dire de ce « Marry Me » au riff à faire pâlir d’envie Keith Richards, du son de la guitare qui introduit « Zip City » ou du rythme infernal de « Sink Hole » qui invente presque ce que l’on pourrait appeler du « Heavy Country » ? Que du bien. Tout comme « Gravity’s gone » avec ses slides guitar qui vous prennent par la main pour un voyage sans escales dans le temps et l’espace pour aller serrer dans vos bras la p’tite « Maggy Mae » si chère au cœur de Rod Stewart ou encore « 3 Dimes Down », un blues rock terriblement addictif dopé au fuzz…

En fait, on pourrait revenir sur chacune des chansons de « Ugly Buildings, Whores and Politicians » pour finir par aboutir à la même conclusion, Drive By Truckers possède des armes pour plaire à tout le monde, pour peu qu’on prenne la peine de les écouter jouer. Ce que vous ferez, je n’en doute pas un instant, inutile de me remercier !
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.