Drive By Truckers - "The big to-do"

Par Scred | le 22/03/2010 | Les autres articles sur le Rock

Bien fait
Drive By Truckers - "The big to-do" Les Drive By Truckers commencent à ressembler à quelque chose comme une institution aux Etats-Unis alors que sort leur neuvième album studio « The Big To-Do » (dixième en tout depuis leur première salve en 1998). Natifs d’Athens en Georgie, une petite ville déjà célèbre pour avoir offert au monde des artistes comme R.E.M. ou Vic Chessnut (récemment décédé dans une indifférence coupable), Drive By Truckers rassemble tout ce qu’un groupe de rock sudiste se doit de posséder pour se sentir à l’aise au XXIème siècle...

Moins hippies que The Black Crowes, moins rednecks que Lynrd Skynrd, Drive By Truckers appuie sa musique sur une combinaison ultra efficace de trois guitaristes inspirés et multi-tâches ainsi que sur des compositions rafraîchissantes pour le genre, où les thèmes classiques du genre (la patrie, les nanas, les oiseaux libres, etc.) sont remplacés par des polaroïds de l’Amérique d’aujourd’hui, à l’image de cette femme qui assassine l’homme qui a abusé d’elle et se barre avec les enfants sous le bras (« The Wig he made her wear »).

Musicalement, on navigue entre Neil Young et Tom Petty selon que ce soit Mike Cooley ou Patterson Hood qui se colle derrière le micro (« Santa-Fe », « Daddy learned to fly ») sur un fond de rock épuré qui vise le plexus comme les tripes (l’extraordinaire « Birthday Boy », « This Fucking Job ») en s’autorisant quelques digressions rockabilly (« Get Downtown ») et n’oubliant pas de faire un petit tour du côté de la ballade country (« You got another ») chantée par la bassiste Shonna Tucker avec une voix étrangement dissonnante qui rajoute une douleur et une intensité poignante au titre.

Et c’est peut être la clef de la musique des Drive By Truckers, cette façon d’appréhender la country comme une musique actuelle en la vidant de ses habituels stéréotypes, en y injectant une bonne dose de venin sans pour autant jeter la pedal steel à la poubelle comme sur la sublime valse « The Flying Wallendas » ou sur ce « Eyes like glue » que n’aurait pas renié le Zim’...

Alors, bien sûr, il se peut fort bien que « The Big To-Do » ne se vende qu’à quelques dizaines d’exemplaires dans l’hexagone mais qu’importe ! Les quelques chanceux qui se feront prendre en stop par ces camionneurs ne regretteront pas le voyage, parole...
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