Dream Theater - Aéronef de Lille - 13 février 2014

Par Ludo | le 13/02/2014 | Les autres articles sur le Métal

An evening with...
Dream Theater n’a programmé que deux dates en France pour sa nouvelle tournée. Après le Zénith de Paris, le groupe honore le public du Nord d’une de ces deux prestations.. C’est non sans une certaine excitation que je me rends (sous des trombes d’eau, tempête oblige) à L’Aéronef ce soir pour écouter le métal progressif des New Yorkais.
Pas de première partie ce soir, et tant pis pour ceux qui ne s’étaient pas renseignés et qui arriveront plus tard en espérant zapper un jeune groupe, sur l’autel du JT de 20h.

On a bien dit : « An evening with Dream Theater » pas avec quelqu’un d’autre ! Et c'est ce que rappelle James Labrie dès sa montée sur scène à 20h précise... La salle, donc, est encore assez clairsemée, ce qui ne va pas durer, quand il nous annonce que nous allons passer cette soirée ensemble.

Et ça veut dire quoi passer la soirée avec Dream Theater ?

C'est jouir de deux sets de 90 minutes chacun avec cette agréable impression d’être chez soi dans un grand canapé avec 2000 potes (en tatouages et tee-shirts noirs) et d’avoir fait signe à Petrucci pour qu’il vienne jouer avec ses compères.

« Chérie tu peux m’amener des bières ? Y’a Dream Theater qui vient d’arriver » – ah.. non faut que j’aille au bar, ce doux rêve de canapé avec des potes n'est que du rêve de théâtreux. Et puis ça fait longtemps que je vais chercher mes bières tout seul de toute façon.

Deux sets donc : le premier centré sur leur dernier album éponyme et le second sur les titres de « Awake » dont nous fêtons le 20ème anniversaire (déjà, sans déconner…..) et de « Scenes from a Memory », 15 ans celui-là. Je suis tenté de dire que je n’étais pas né, que je ne suis pas déjà vieux... mais ce serait un mensonge honteux, j’étais déjà majeur et en âge de faire saigner mes doigts sur ma 3eme guitare en essayant d'approcher - de loin – la vélocité de monsieur Petrucci.

Parce que Dream Theater, c’est évidemment un ensemble hyper soigné, des titres d’une difficulté technique incroyable, des ambiances allant de rythmiques heavy que ne renieraient pas Judas Priest, jusqu’à des moments planant où on se croirait dans un stade avec David Gilmour qui martyrise sa stratocaster sur ses solos de la belle époque des Floyd. Mais ce n’est pas que ça Dream Theater : c’est aussi le groupe d’un des plus grand guitariste ever : Monsieur John Petrucci.

Petit piqûre de rappel pour ceux qui ne connaitraient pas – shame on you - Petrucci c’est ça :


A oui, ça pique, je vous avais prévenu.

Mais alors en live, ça donne quoi hein ? Est ce qu'ils arrivent vraiment à jouer ces morceaux sur scène ?

Et bien c’est là où Petrucci fait démonstration de toute sa classe ! Et oui, il les joue ses solos, et devinez quoi ? Myung (le bassiste co-fondateur du groupe pour ceux qui ne suivent pas) fait bien mieux que l'accompagner, il impressionne. Bref, en un rien de temps, le public se retrouve hypnotisé et, il fut bien le dire, vraiment subjugué par la virtuosité du maître. Les titres s’enchaînent, on ne voit pas le temps passer.

Seul regret : ça manque cruellement de mouvement sur scène, c’est statique. On ne va pas se faire scotcher par un front-man charismatique, maintenant on le sait. Dream Theater c’est d'abord de la musique et une ambiance. Comme disait une amie « dans ces cas-là, c'est comme dans une partie fine, si on ne se laisse pas pénétrer, on risque de s'ennuyer » ... une poète ... Je chasse donc cette pensée parasite, et je me dis que pour avoir ce type d'ambiance et un front-man ultra charismatique, il faudra attendre qu'Avantasia par exemple, avec son leader Tobias Sammet, se décide à venir en France. L'avant-goût du Hellfest dernier était un apéritif dont on aimerait déguster le repas complet. Serais-je à nouveau sorti du concert et de ma chronique sur Dream Theater ? C’est souvent ce qui se passe quand un front-man manque de présence. Je chasse donc une deuxième fois cette pensée et me rends compte qu'il n’y a pas M. Petrucci ailleurs qu'ici ce soir ! A peine le temps de me rebrancher et ... c'est déjà la fin du premier set !

Bières neuves. Reprise. Quiet please.

Le second set porte la promesse de ré-écouter les titres qui ont fait que Dream Theater est devenu un groupe mythique. Chacun des titres de ce set est issu des albums "Awake" et "Scenes From A Memory". Et là, on en prend plein les oreilles ! Les rythmiques sont plus heavy, plus marquées, le son est plus tranchant, et on retrouve les solos tant copiés sans être approchés de Petrucci... en bref, on retrouve le Dream Theater qu’on connaît et qu'on est venu voir.

Raaaaa que c'est bon !

La pause n’a pas rendu James Labrie plus charismatique, mais il chante bien le bougre. La mise en scène est parfaite avec vidéos, images conceptuelles projetées sur l’arrière scène, et ça y est je suis envahi par l'effet « Dream Theater » : c'est une sensation proche de l’abandon qu’on ressent quand on médite (si si :-)) : un cerveau qui ne pense plus à rien – sauf à cette chronique bien entendu - et qui se laisse envahir par les mélodies et l'ambiance planante du métal progressif.

Tout y passe, y compris une magnifique intro au piano sur ... sur quel titre déjà ? Je vous l’avais dit mon cerveau est ailleurs. Et me yeux sont hypnotisés par la main gauche de Petrucci. Il est énervant à ne pas faire un seul « pain ». En plus il joue avec un air détaché comme si ce qu’il produisait était facile.

Fin du second set, et place pendant le rappel aux titres d’anthologie que sont « Strange Déjà Vu », « The Dance of Eternity ». Je croyais sincèrement que ce morceau ne pourrait jamais être joué en live, trop conceptuel, trop compliqué. Et bien je me trompais dans les grandes largeurs et le duo basse/guitare jouant les mêmes notes avec la même vélocité sur la partie finale du solo restera comme un des sommets de cette soirée.

« Finally Free » clôturera magnifiquement ce concert.

Enfin... pas vraiment un concert, une belle soirée en compagnie de Dream Theater. Soirée qui fait partie des bons moments musicaux entre potes métalleux et pour laquelle on doit remercier le groupe, ceux qui les font venir, ceux qui organisent, la sécu et chacun de nous qui sommes venus participer à la soirée. Une soirée sans bons invités n’est jamais réussie !

Long live Dream Theater, Long live ceux qui les font venir en France, Long live le Métal, Long live les métalleux.

Amen. (une dernière bière)


Set List

Act I :
The Enemy Inside
The Shattered Fortress
On the Backs of Angels
The Looking Glass
Trial of Tears
Enigma Machine
Along for the Ride
Breaking All Illusions

Act II :
The Mirror
Lie
Lifting Shadows Off a Dream
Scarred
Space-Dye Vest
Illumination Theory

Rappel :
Overture 1928
Strange Déjà Vu
The Dance of Eternity
Finally Free

Photos :
© L. Dujardin
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