Diam's - "S.O.S."

Ecrit par : Scred | 17/11/2009 | mis à jour le 18/11/2009
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diams sos
Diam's - "S.O.S."
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Il s’est passé quelque chose de pas banal sur le plateau du Grand Journal de Canal + lundi soir...

En direct, on a pu assister à la transformation d’une boulette en papillon ! La princesse en question c’est Diam’s qui vient de sortir un nouvel album, « S.O.S. », qui force le respect. Oui oui, Diam’s sur Actumusic entre Motörhead et Metallica, bah alors qu’est ce qui s’passe ? Il se passe que le hip hop français vient d’accoucher de sa Lauryn Hill armée jusqu’au survêt’ d’un disque qui va faire date.

Pour la promo de cet album, Diam’s refuse toute interview avec la presse, une attitude qui peut paraître risquée au premier abord mais qui trouve son sens lorsqu’on écoute les titres de ce « S.O.S. ». Pas besoin de subir des questions indiscrètes, sans rapport à la musique, puisqu’elle dit déjà tout. L’Afrique, les femmes, les hommes, l’Afrique, les médias, Sarkozy, l’Afrique... En effet, pas besoin de supporter certains journalistes comme cette miss Lemoine qui prenait son ton le plus condescendant ce midi même sur la chaîne citée plus haut pour déformer les paroles de la jeune rappeuse.

Elle bossait pas avec Fogiel celle-là avant, mmmh ? On dirait que ça laisse des traces...

Ouf ça va mieux ! C’est marrant ce que ce « S.O.S » vous donne envie d’être sincère et de balancer tout ce que vous avez sur le coeur une fois que cous l’avez écouté ! Diam’s nous offre ici le meilleur exemple de ce qui peut se passer lorsque les souffrances nourrissent la qualité et la créativité d’un artiste. Et nous rappelle de la même façon que la douleur touche l’être humain de la même manière que l’on soit un inconnu ou en couverture de Voici . Cette douleur, Diam’s l’exprime dans plusieurs titres en formes d’ego-trips libérateurs, parfois à la limite de la schizophrénie (« Mélanie »), aborde le sujet universel de la déception amoureuse sous un angle intime, presque impudique dans la force des émotions posées sur la table de mixage (« Coeur de bombe », « Poussière ») et revient sur son parcours pour régler des comptes (« I am somebody », « Si c’était le dernier ») avec une violence d’une sincérité indéniable.

Mais là où « S.O.S. » fait du bien au tripes c’est sur sa facette sociale, avec des titres comme « L’honneur d’un peuple » (manifeste brillant bourré d’humour cinglant et de messages sans ambiguités), « Enfants du désert », « Sur la tête de ma mère » où Diam’s rivalise avec Akhenaton sur le mode journaliste historique en nous dépeignant l’histoire de sa mère au travers des guerres et des passions. Sacré hommage, si j’étais la daronne je mettrai dix ans à m’en remettre ! Car Diam’s se débrouille pour parler d’amour même quand sa voix tremble de colère et c’est peut être ça la clef... Dans « Lili », elle nous présente le point de vue d’une jeune musulmane sur son exclusion d’une école sans jamais parler de religion, simplement d’exclusion, de solitude et d’isolement, de sentiment quoi ! On parle d’êtres humains là, quelque soit ce qu’on pense de la laïcité...

Et puis parlons musique ! Chose de plus en plus rare dans le hip-hop, le sample a quasiment laissé la place a des instrumentations maisons, des vraies batteries, des guitares, un orchestre et ça change tout ! L’instrumental « Dans le Noir » qui clôt l’album en est la meilleure preuve, ça sent le live et du coup chaque texte se voit réhaussé d’un petit supplément d’âme qui aide encore un peu plus à faire passer le message. Est-ce voulu, ce petit clin d’oeil à « Je t’aime moi non plus » sur le piano sur « Peter Pan » (titre hilarant et bienvenue en fin de disque pour faire un peu retomber la pression) ? Je ne sais pas...

Diam’s refuse les interviews et donc je pourrai pas lui demander et en même temps, c’est tant mieux ! Parce qu’après un disque comme ça, je reste sans voix .

Disque du mois d’office, sans négocier, et le premier qui râle en prend une !

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