DevilDriver - "Beast"

Par Scred | le 17/02/2011 | Les autres articles sur le Métal

Bête et méchant
On le sait, la grande famille du métal aime les chapelles (et pas seulement pour y mettre le feu !) et on trouve en son sein une foultitude de sous-genres. Et s’il en est un qui m’a toujours interpellé, c’est bien le groove métal… Pour votre serviteur, le groove est quelque chose que l’on retrouve dans le saxophone de Maceo Parker, dans la voix de James Brown ou dans la basse de Bootsy Collins. Le groove quoi ! « Shake everything you’ve got », tout ça ! Or, d’après les spécialistes, des groupes comme Sepultura, Pantera ou DevilDriver qui nous intéresse aujourd’hui pratiqueraient une forme de métal où le groove aurait son mot à dire. Je cherche encore !
DevilDriver - "Beast" A moins que l’on entende par groove l’envie irrépressible de tout casser chez soi en sautant partout, les yeux exorbités et les doigts tendus vers les voisins d’en face qui se demandent ce qu’ils ont fait pour mériter ça, alors là oui, ça colle ! Car c’est bien de cela qu’il s’agit lorsque l’on pose pour la première fois ce « Beast » sur la platine et que l’on pousse un peu le volume des enceintes. Du brutal, du vrai, du qui réveille les instincts primaires et la bête qui sommeille en chacun de nous ! D’où le titre de l’album, probablement.

Le single choisi pour annoncer l’album tel le cavalier Guerre chevauchant Ruine en est une parfaite illustration… Un single ça ? « Dead to Rights » est une mine anti personnelle vicieuse à déclenchement multiples, avec son empilement de riffs ultra agressifs répondants aux vocaux d’un Dez Fafara possédé, le tout martyrisé par une batterie presque inhumaine. Et ce n’est que le début… « Bring the Fight (to the floor) » enfonce le clou, un clou préalablement chauffé à blanc histoire de rendre l’affaire plus divertissante en mariant hardcore et thrash métal sur un rythme étourdissant qui promet de monstrueux « circle pits » en concert.

« Hardened » fait évoluer la souffrance vers un autre registre, Dez Fafara délaissant les vocaux graves pour des hurlements plus aigus et des riffs plus complexes, aux frontières du heavy métal, des frontières que DevilDriver franchit sans déclaration de guerre sur « Shitlist », avec son intro sous influence Iron Maiden et sa longue descente aux enfers sur fond de duel de guitares. « Coldblooded » quant à lui ravira les fans de Pantera puisque l’on y retrouve la lourdeur et la puissance de feu des sudistes dans le thème principal et le refrain imparable.

Bon, je ne vais pas toutes vous les faire, vous avez compris de quoi il retourne… Citons quand même le petit chef d’œuvre de brutalité qu’est « Talons out (teeth sharpened) », le déluge sonique de « Blur » et son final apocalyptique ou encore l’ivresse suscitée par le rythme tribal de « Black Soul Choir » avec son refrain qui ravira vos invités lors de votre prochain sacrifice rituel !

Après deux albums inégaux, DevilDriver revient donc en force avec ce « Beast » primal, à la production léchée et au contenu calibré pour la scène (rappelons que le groupe détient toujours le record du plus grand « circle pit » de l’histoire), la première belle surprise métal de 2011. Bon, sur ce il faut que je vous laisse, je sens mes dents pousser et mes doigts s’allonger, ce qui n’est pas pratique pour taper un article… Grumpf… Grrrrr !
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