"Les derniers jours d'Ellis Cutting" par Thomas Vieille

Par Scred | le 20/05/2010 | Les autres articles sur le Rock

Requiem pour un bon
Une bande-dessinée chroniquée sur un site musical, cherchez l’erreur… Et bien il n’y en a pas ! « Les derniers jours d’Ellis Cutting », fresque dramatique narrant la triste histoire d’un homme fuyant son destin au cœur du Klondike des chercheurs d’or peut se dévorer comme un bon disque, il suffit de savoir quoi mettre en musique de fond pendant la lecture…
"Les derniers jours d'Ellis Cutting" par Thomas Vieille « Rocky Racoon » (The Beatles) résonne dans l’air glacé lorsque Cutting rencontre le passeur qui lui fait franchir une rivière anonyme pour accéder à l’autre rive. « Vous allez mourir sur cette rive » lui dit-il, comme Rocky. Cutting s’en fiche, il semble déjà résigné.

La ville où il débarque est figée dans la neige. Johnny Cash chante « The man comes around » au moment où Cutting pousse les portes du saloon local. A l’intérieur, un juge corrompu, des truands barbus, des filles de joie et un barman pragmatique. Il y fera cependant la connaissance d’une femme sans âge, une pionnière du cinéma allant de ville en ville avec son fils pour montrer le miracle de l’invention des frères Lumière. Quelque part, hors champ, Bruce Springsteen chante « Human touch »…

Cutting se sait condamné, les tueurs arrivent inexorablement laissant dans leur sillage une armée de cadavres au son du « Hard rain’s a-gonna fall » de Bob Dylan. Il se lie néanmoins d’amitié avec un chercheur d’or persécuté, armé d’un revolver facétieux, probablement fan du « Heart of Gold » de Neil Young.

Leur amitié sera de courte durée cependant, les tueurs sont en ville, bien décidés à finir leur mission. Merle Haggard chante « I’m a lonesome fugitive » alors que sonnent les dernières heures d’Ellis Cutting. Son destin est tracé, c’est le titre du livre qui le dit, mais il s’accomplira d’une manière inattendue alors que Johnny Cash revient nous murmurer « Hurt » en guise d’oraison funèbre.

Les derniers jours d’Ellis Cutting s’achèvent ainsi que le travail du chercheur d’or et du passeur, bousculés dans leur quotidien par le temps qui passe, le progrès, la civilisation. « On the road again » nous dit Willie Nelson en observant le dernier protagoniste de cette histoire s’enfoncer dans la forêt canadienne…

A suivre ? On l’espère en tous cas.

« Les derniers jours d’Ellis Cutting » par Thomas Vieille est disponible aux éditions Gallimard.
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