Def Leppard - "Mirrorball Live and More"

Par Scred | le 02/06/2011 | Les autres articles sur le Hard Rock

Plaisir Coupable
Il y a différents genres de plaisirs honteux, ceux que l’on garde pour soi et ceux que l’on assume pleinement au risque de passer pour un type aux goûts bizarres… Ce risque, je le prends à chaque fois que j’essaye d’expliquer à mes potes, ma petite amie, mes collègues ou le curé de ma paroisse pourquoi j’aime Def Leppard ! Heureusement, il semblerait que les mecs m’aient entendu puisque voici qu’arrive « Mirrorball Live and More », un argument de poids pour mener ma croisade.
Def Leppard - "Mirrorball Live and More" Def Leppard est au Hard FM ce que la chantilly est au chocolat liégeois… Auteurs d’une série d’albums qui ont caracolés en tête des charts pendant les années 80 dont les incontournables « Pyromania » (1983) et « Hysteria » (1987), les léopards sourds pratiquaient alors un hard rock ultra mélodique influencé par des groupes comme Queen et Scorpions, et sont devenus malgré eux le fer de lance de la New Wave Of British Heavy Metal grâce à leur son infiniment plus accessible au grand public que celui de groupes comme Iron Maiden ou Judas Priest.

Rois incontestés de la ballade qui tue grâce à la voix unique de Joe Elliott alliée au mur de guitares édifié par Vivian Campbell et Phil Collen, le tout enrobé de chœurs assassins empruntés au groupe de Freddie Mercury, Def Leppard avait le profil idéal pour faire transpirer les postes de radio du monde entier tout en gardant en réserve dans chaque album une série de titres aux riffs accrocheurs, évocateurs des premiers frissons du hard rock des seventies passés à la moulinette d’un son résolument eighties.

« Mirrorball Live and More » nous propose donc de revenir sur ces hymnes, véritables archétypes du métal des années 80 qui n’ont, dans le même temps, pas pris une ride. Ceci étant peut-être dû à la qualité de l’interprétation du groupe en live, disons-le d’emblée. L’une des caractéristiques majeures des albums de Def Leppard était la précision millimétrée de la production, un élément forcément difficile à rendre en public et qui pourtant explose aux oreilles dès le démarrage de « Rock ! Rock ! (Till you drop) » !

Tout en conservant l’indispensable interaction avec le public et les légères improvisations des guitaristes au moment des solos, les morceaux sonnent comme si le groupe venait de sortir du studio, tant dans la force dégagée par chaque titre que grâce à la perfection de l’exécution, notamment en ce qui concerne les parties vocales… En effet, non seulement Joe Elliott n’est plus tout jeune mais il faut bien préciser que la plupart de ces chansons sont extrêmement dures à chanter, avec des montées dans les aigus qui feraient changer d’octave à pas mal de ses collègues. Mais pas lui. Même chose pour les chœurs, artificiellement démultipliés sur les albums studio qui sonnent ici à la fois plus naturels et tout aussi puissants.

Au niveau du tracklist, c’est le sans faute. On retrouve les titres légendaires de Def Leppard, calibrés pour faire s’écrouler les stades de plaisir (« Rock of Ages », « Pour some sugar on me », « Photograph », « Make love like a man », « Let’s get rocked », la liste est longue...), les ballades capables de faire fondre la banquise plus vite que le trou dans la couche d’ozone (« Hysteria », « Love Bites », « Too late for love », « Two steps behind », « Bringin’ on the heartbreak ») et trois inédits qui augurent du meilleur pour le nouvel album du groupe actuellement en préparation, un rock efficace (« Undefeated »), un slow empruntant autant à Queen qu’à Aerosmith qui pourrait remplacer avantageusement « We’re the champions » lors des victoires de l’équipe d’Angleterre à Wembley (« Kings of the world ») et un truc entre les deux, rythmé et ensoleillé, qui donne envie de bouffer de l’asphalte les cheveux au vent (« It’s all about believin’ »).

Pour le premier véritable live de leur carrière, les mecs de Def Leppard ont donc décidé de frapper un grand coup et d’offrir un cadeau somptueux à leurs fans tout en envoyant un message très clair à tous ceux qui les avaient enterrés un peu prématurément, message que Joe Elliott traduit d’une manière limpide en lançant au public « See you next time… and there will be a next time ! » Pour notre part en tous cas, on a confiance. Disque du mois, vous en doutiez encore ?
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