Cyndi Lauper - "Memphis Blues"

Par Scred | le 15/07/2010 | Les autres articles sur le Pop

Girls just want to have the blues
Cyndi Lauper est un personnage à part dans le monde de la pop music.
Cyndi Lauper - "Memphis Blues" Responsable de plusieurs tubes interplanétaires dans les années 80, elle n’a jamais atteint le rang de superstar comme ses concurrentes de l’époque, Madonna ou dans une moindre mesure Kim Wilde. Elle appartiendrait plutôt à la catégorie des artistes cultes, adorée, respectée mais discrète.

Elle n’en continue pas moins à enregistrer des albums régulièrement, toujours de grande qualité, en se fichant éperdument des modes pour le plus grand plaisir du public amoureux de sa voix si particulière, à la fois déchirante et acidulée.

Cette voix, Cyndi Lauper aime l’utiliser afin de revisiter les chansons qu’elle aime, à l’image de l’album « At Last » paru en 2003 où la belle se promenait avec aisance dans un répertoire soul-jazz allant de Nina Simone à Stevie Wonder en passant par Smokey Robinson et même Edith Piaf ! Petit succès au niveau des ventes mais quel disque… Forte de cette réussite, miss Lauper a décidé de remettre le couvert en 2010 en allant dépoussiérer quelques standards du blues, accompagnée pour l’occasion par une belle brochette de pointures du genre telles que BB King, Jonny Lang ou encore Allen Toussaint.

On savait déjà que Cyndi Lauper avait le blues dans les tripes, en témoignent des titres comme « I drove all night » ou « My first night without you » qui, s’ils n’ont pas la forme du blues musicalement parlant, transpiraient la musique du diable dans leurs paroles et la manière dont la chanteuse les interprétait.

Cette fois-ci, pas d’ambiguïté, on navigue avec bonheur entre Chicago et la Nouvelle Orléans ! L’album s’ouvre avec l’harmonica mordant de Charlie Musselwhite sur un « Just your fool » joué pied au plancher, ce plancher pourri par l’humidité qui orne le perron des baraques perdues au milieu du bayou où le blues a vu le jour… Même ambiance sur le légendaire « Rollin’ & Tumblin’ » chanté en duo avec Ann Peebles dans une version à faire pâlir de jalousie Eric Clapton !

Changement de décor sur le standard de BB King « How blue can you get » qui nous renvoie aux clubs enfumés de Chicago avec un Jonny Lang toujours au top qui s’amuse à singer le grand BB en prenant un solo tout en retenue. BB King quant à lui s’éclate sur le fameux « Early in the morning » avec la complicité d’Allen Toussaint au piano pendant que Cyndi Lauper semble avoir du mal à se remettre d’une cuite carabinée, réjouissant tout simplement !

L’album se termine sur une note d’émotion avec le magnifique « Down so low » entre blues et gospel et surtout une version hallucinante du « Crossroads » de Robert Johnson où Cyndi Lauper et Jonny Lang mélangent leurs voix écorchées sur un riff lourd et moite, pour finir par nous offrir l’une des meilleures versions jamais enregistrée de cette chanson. Rien ne manque, la souffrance, la torpeur des marécages, la tragédie qui attend celui qui s’amuse à solliciter le dangereux locataire de la croisée des chemins…

Ce dernier a d’ailleurs dû jeter une oreille pointue à ce « Memphis Blues » et l’approuver de sa brûlante bénédiction pour obtenir un tel résultat, à la fois complètement crédible et parfaitement maîtrisé de la part d’une Cyndi Lauper qui n’a décidément pas fini de nous surprendre.

Girls just want to have the blues after all…
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