Concert ZZ Top – Paris Bercy – 16/10/10

Par Scred | le 17/10/2010 | Les autres articles sur le Rock

Au poil
L’office dominical avait un peu d’avance cette semaine puisque le révérend Willie G (alias Billy Gibbons) et ses acolytes de ZZ Top l’ont célébré ce samedi soir devant un Bercy plein à craquer ! Votre serviteur a assisté à la messe, compte rendu détaillé…
Concert ZZ Top – Paris Bercy – 16/10/10 La soirée avait pourtant commencé sur une fausse note, une première partie interminable assurée par The Doobie Brothers (« les frères pétard » en VO) qui avaient manifestement gardé des séquelles de leurs jeunes années enfumées. Une heure de rock californien seventies un poil ringard avec au programme tricotage de manche, chœurs insipides et jeu de scène que l’on oserait même pas imiter devant la glace de la salle de bain ! Bien dommage car si le groupe s’était contenté de la moitié de son set, j’en aurai gardé un souvenir bien différent… Voilà ce qu’il en coûte de prendre en otage un public venu pour voir quelqu’un d’autre.

C’est sous les hurlements des coyotes que ZZ Top fait son entrée en scène, une scène d’une sobriété extrême (seulement décorée par deux murs d’amplis Tweed) qui contraste avec les personnages improbables incarnés depuis plus de quarante ans par Billy Gibbons, Dusty Hill et Frank Beard. Chapeaux, lunettes noires, vestes patchées d’un MC californien et barbes légendaires composent encore et toujours le look des pistoleros texans, un look qui rendrait ridicule n’importe qui sur cette planète et qui leur confère paradoxalement une classe folle…

La classe américaine. C’est le mot qui est sur toutes les lèvres alors que démarre l’intro de « Got me under pressure ». La silhouette mince et élancée du révérend Gibbons remplit l’espace tout comme le son de sa guitare à la forme unique et indescriptible. Parlons-en de ce son d’ailleurs, dense et gras, chaud comme le soleil du désert et ronflant comme un moteur de chopper customisé, il est la marque de fabrique du groupe et est parfaitement rendu dans cette salle de Bercy qui a pourtant mauvaise réputation.

Et c’est tant mieux car ce soir, ZZ Top a décidé d’offrir au public parisien une setlist de rêve. « Waiting for the bus » et son inséparable « Jesus just left Chicago » n’ont pas pris une ride depuis 1973 et ouvrent la voie au plus récent « Pincushion » dans une continuité parfaite car c’est l’un des secrets de la longévité de ZZ Top, leur style sans être figé est resté fidèle à un blues traditionnel qu’ils font tourner avec un bonheur et une complicité évidente.

Et les mecs ne manquent pas d’humour ! Ainsi, lorsque Billy Gibbons manifeste le désir de jouer du blues, du vrai, il sollicite dans un français parfait trois plantureuses jeunes filles afin qu’elles lui apportent son « chapeau de blues », un galurin informe qui le fait ressembler à un chercheur d’or échappé d’une case de Lucky Luke ! Muni de cet accessoire, il laisse le micro à Dusty Hill pour la reprise du « Future Blues » de Willie Brown, suivi de « Rock me Baby » de BB King.

La suite du concert se partagera entre titres incontournables tels que « Gimme all your lovin’ », « Sharp dressed men » ou « Legs » (interprétée à l’aide des mythiques guitares recouvertes de peluche blanche) et morceaux cultes comme « Brown Sugar », « Just got paid » ou encore « I need you tonight », autant de moments rares où Billy Gibbons alignera ses solos entre précision et improvisation tout en se livrant à diverses facéties telles que jouer d’une seule main avec une facilité déconcertante.

ZZ Top conclura son spectacle par les deux titres les plus attendus de la foule, « La Grange » et « Tush », des morceaux qu’ils ont dû jouer des milliers de fois dans leur carrière et qui semblent pourtant toujours autant les réjouir ! Cette complicité ente les trois hommes et ce bonheur d’être ensemble se transmet d’ailleurs au public qui ressortira de ce concert sur un petit nuage, ravi d’avoir partagé ce moment avec les « Tres Hombres » et d’avoir touché du doigt la légende d’un groupe unique et inimitable. Définitivement trop classe…
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