Concert Pixies - Zenith de Paris 15/10/09
Les Pixies, depuis leur reformation, se font rares et donc chaque apparition publique est un évènement... Mais là, il faut reconnaître que la chose était presque incroyable ! Ceux qui me lisent savent que je considère « Doolittle » comme l’album parfait, l’OVNI ultime du rock alors vous pensez bien que la tension était à son comble lorsque les images d’un « Chien Andalou » de Luis Buñuel explosèrent sur l’écran de fond de scène. « Slicing up eyeballs » en gros plan, référence directe au morceau « Debaser » qui ouvre l’album, laisse présager le meilleur et l’ouverture des hostilités par ce titre violent et culte.
Mais c’est par une collection de faces B que commence le concert, « Dancing the Manta Ray », « Bailey’s walk », « Weird at my school » et « Manta Ray » s’enchainent avec un groupe éclairé volontairement à contre-jour histoire d’accentuer le côté B-side. Le son est énorme et les Pixies, statiques comme à leur habitude, semblent sacrément heureux d’être là.
Apparaît alors le logo tant attendu, un énorme « Doolittle » qui illumine la scène, et la basse de Kim Deal attaque le riff du « Debaser » avec une patate monumentale. Black Francis se découvre enfin en pleine lumière et l’on peut constater qu’il a sacrément maigri le bougre ! Soutenu par un Joey Santiago aussi chauve que son leader, il éructe comme à la grande époque avec une brutalité non contenue et le public laisse enfin exploser sa joie...
Ils sont là, en vrai ! On a peine à y croire.
Tout l’album va ainsi défiler, titre par titre, dans l’ordre. Chaque chanson étant un petit chef d’oeuvre en soi, je vous fais grâce de la description exhaustive, sachez seulement que « Tame » fût une ode au hurlement primaire, qu’« Here comes your man » bénéficia d’un génial traitement au second degré par le biais d’une vidéo diffusée au dessus du groupe où chaque membre prenait une pose comique pour souligner le côté « bluette » de la chanson, que « Dead » fût étourdissant, tout comme « I bleed » (où le sang se mit à couler sur le fond de scène) ou « La la loves you » (David Lovering sait chanter, si si !).
Petite cerise sur le gâteau, « Silver » quasi inédite en live servie sur un plateau dans une ambiance désertique très « Joshua Tree » où les voix de Black Francis et Kim Deal se mélangèrent avec plus ou moins de bonheur au solo ténébreux et dramatique de Joey Santiago.
Un morceau des Pixies durant en moyenne une minute et trente secondes, le rappel composé de « Wave of Mutilation » en version surf et d’un « Into the White » noyé sous un nuage compact de fumée blanche fût aussi vite achevé qu’il avait commencé.
Contrat rempli cependant, nous nous apprêtions donc à mettre les bouts ivres de bonheur lorsque les Pixies décidèrent que, finalement, quitte à faire un concert hommage à « Doolittle », autant faire comme si nous étions encore à l’époque de la sortie du disque et jouer quelques titres de l’album précédent, « Surfer Rosa » !
Du coup, sous les yeux d’un public qui avait progressivement déserté les gradins pour se retrouver dans la fosse, un nouveau concert commença avec « Bone Machine », « Nimrod’s son », « Caribou » et l’incontournable « Where is my mind ?? », repris en choeur par la foule émue aux larmes.
Voilà, ça c’était fait...
On ne remerciera jamais assez le gouvernement extra-terrestre qui a decidé de nous renvoyer ces quatre là après un si long exode pour nous offrir un petit bonus de cette musique surhumaine, unique et incomparable.
Vivement la prochaine escale...
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