Concert Ozzy Osbourne + koRn - Bercy - 20/09/10

Par Scred | le 21/09/2010 | Les autres articles sur le Métal

Histoire d'Ozz
Les temps changent… Il fût une époque où le nom d’Ozzy Osbourne sentait le souffre, où la seule évocation de sa musique pouvait provoquer une excommunication, où les chauves-souris planquait leurs ailes lorsqu’il était dans les parages. Aujourd’hui, Ozzy est devenu autre chose, une légende, un personnage respecté avec beaucoup de tendresse par son public qui est venu en nombre pour saluer peut être une dernière fois l’un des chanteurs les plus emblématiques de ces quarante dernières années.
Concert Ozzy Osbourne + koRn - Bercy - 20/09/10 Concert exceptionnel oblige, c’est une première partie de luxe qui chauffe la salle avant l’entrée en scène du Madman. On n’avait pas vu koRn en France depuis une éternité et les retrouvailles furent électriques ! Après l’intro désormais classique « 4 U », le groupe assène un « Right Now » d’une violence crue qui nous rassure tout de suite quant à la forme de Jonathan Davis et de ses compères. Le son est impressionnant, la basse de Fieldy claque comme jamais et Munky, même s’il semble avoir quelques problèmes avec sa guitare, déploie une énergie rageuse afin de démontrer que koRn respire encore. « Here to stay », et pour longtemps encore comme en témoigne le seul titre extrait du dernier album que le groupe jouera ce soir, « Oildale (leave me alone) ».

koRn enchaîne ses titres phares, « Falling away from me », « Freak on a leash », « Blind » et « Got the life » dans des versions retravaillées pour la scène, on remarquera notamment l’excellente intro de « Falling away… » au piano ou le final de « Blind », ce qui nous promet un concert d’anthologie la prochaine fois qu’ils se décideront à venir tourner par chez nous !

C’est donc devant un public ravi que se présente le Prince des Ténèbres en personne, boucles blondes au vent, sur l’intro de « Bark at the moon ». La vie est parfois injuste, certains chanteurs perdent leur voix en vieillissant alors même qu’ils mènent une existence paisible, tandis qu’Ozzy, après une vie de débauche et d’excès a gardé son timbre intact. Et il le démontre sur « Let me hear you scream », extrait de son dernier album, en affichant un sourire plus large que l’enfer tandis qu’il arrose copieusement à coup de lance à incendie les premiers rangs !

Mais si la voix n’a pas bougé, on ne peut pas en dire autant du bonhomme… Ozzy évoque un mélange entre un petit garçon maladroit perdu dans un magasin de jouets et un vieillard en bout de course, arpentant péniblement la scène le dos voûté ou trépignant derrière son micro. C’est à la fois triste et touchant à voir, mais cela n’enlève rien à la qualité de sa musique, de « Mr Crowley » à « I don’t know » en passant par « Suicide Solution » sans oublier les classiques de Black Sabbath « War Pigs » et « Iron Man », Ozzy Osbourne assure le spectacle et livre une partition impeccable.

Se renversant régulièrement des seaux d’eau sur la tête (et faisant profiter la foule de ce qui reste), et jubilant qu’il est « dingue et qu’il aime ça », Ozzy termine son set par les incontournables « I don’t want to change the world » et « Crazy Train », réservant pour le rappel le mythique « Paranoid » ainsi que l’émouvant « Mama, I’m coming home ». Le rappel ? Les rappels ! Visiblement heureux d’être là et malgré la fatigue qui semble l’accabler, il offrira au public deux titres supplémentaires, « Flying High again » et « Into the Void » du Sab’. Monsieur est grand prince…

Alors que les lumières se rallument et que tout le monde s’apprête à partir, une dernière chanson résonne sur la scène vide, « I love you all ». Ce morceau d’une minute qui conclut l’album « Scream » m’avait déjà laissé un goût amer dans la bouche, le sentiment qu’Ozzy Osbourne voulait nous dire adieu d’une certaine manière, sans rentrer dans les détails, comme s’il savait quelque chose sur son avenir que nous ignorions. J’espère sincèrement qu’il ne s’agit que d’une impression, et je vais donc m’appliquer à prendre cette chanson au premier degré afin de vous dire, cher Ozzy, que nous aussi nous vous aimons.
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